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par Benoît Duteurtre

dimanche 19 mai 2013, par librairie cawa

Description de l’ouvrage

Pourquoi les militants gays préfèrent-ils le mariage à la modernité du Pacs... adopté par un nombre croissant d’hétérosexuels ?
Comment les cyclistes sont ils devenus des goujats depuis qu’ils incarnent le « développement durable » ?
En quoi la légalisation des drogues douces présenterait maints avantages pour la santé et la sécurité ?
Pourquoi la France est-elle si déprimée et souvent si mal vue dans le monde ?
Pourquoi le roman contemporain est-il en pleine forme ?
Pourquoi le passé est-il aussi intéressant que l’avenir ?
Partant d’humeurs, d’expériences, d’observations personnelles, chacun de ces textes gomme les frontières trop simples entre le bien et le mal, le progrès et le conservatisme. On aura du mal à faire entrer dans une case Benoît Duteurtre, ce « nouveau réactionnaire » opposé à l’emprise des religions, cet anarchiste favorable au rôle de l’État et des services publics... en tout cas ce romancier passionné par son époque, au point de se transformer provisoirement en essayiste.

Extrait

(Variations sur le mariage gay, pages 39 à 41)

Ce discours égalitaire des militants du "mariage pour tous" se réfère plus ou moins explicitement à la théorie féministe des gender studies, élaborée dans les universités américaines avant d’envahir le reste du monde. Son objet, énoncé dans un langage souvent jargonneux, consiste grosso modo à voir dans la définition des sexes une simple fabrication sociale imposée par l’ordre dominant (hétérosexuel et masculin) ; ordre que l’émancipation des femmes et celle des homosexuels, entre autres, aurait commencé à abattre au profit d’un libre arbitre permettant à chacun de choisir son propre « genre ». Il n’y aurait donc pas de norme, mais une multiplicité de modèles, hétéro, homo, bi, trans, avec toutes leurs variantes, ce qui justifierait l’égalité entre toutes les formes de mariage.

Cette doctrine qui se déploie avec la puissance d’une opération militaire n’hésite plus à se présenter comme une science exacte. Elle envahit aussi bien les manuels scolaires que l’enseignement supérieur. En septembre 2010, la ministre Valérie Pécresse envoyait une circulaire invitant tous les professeurs d’université à s’initier aux gender studies au cours d’une journée de « training » dispensée en english Ianguage (*) ! On peut néanmoins rester sceptique devant le raisonnement qui consiste à s’inspirer des gays ou des transsexuels pour définir un type de sexualité moderne dont le genre hétérosexuel ne serait qu’une variante, comme si le concept de norme n’avait aucun sens. Doit-on vraiment nier, par principe, le fait qu’il y aura toujours, dans la société humaine comme dans la nature, un modèle dominant et des comportements minoritaires qu’une société évoluée doit tout simplement respecter ?

Même en admettant le schéma des gender studies, le plus étonnant reste toutefois que les militants gays, au lieu d’imaginer une forme d’union qui leur appartienne en propre, hors du schéma préétabli, préfèrent se rattacher au mariage ; comme S’ils reprenaient à leur compte cette fabrication de l’hétérosexualité dominante avec sa pesanteur sociale (c’est à l’administration de reconnaître l’amour), ses principes sous-jacents (il faut marier les couples pour éviter les désordres de la sexualité) et son arrière-plan religieux (le mariage est un rite, un symbole, un sacrement). Imiter le mariage. n’est-ce pas précisément renoncer à son propre « genre » ?

Conclusion provisoire

Voici donc réunies les conditions d’un affrontement caricatural dont on se serait bien passé : d’un côté les familles défilant le 13 janvier 2013 avec la complicité de l’Église catholique pour affirmer le droit de chaque enfant a un papa une maman ; quinze jours plus tard, les porte-parole du « mariage pour tous » organisant leur propre rassemblement et dénonçant comme complice de persécutions quiconque n’approuve pas leurs exigences. Ce piteux face-à-face, auquel tout semble se résumer, aura voulu encore une fois nous faire oublier qu’une majorité de Français (hétérosexuelle, donc) souhaite accorder aux gays les mêmes droits qu’aux autres couples ; tandis que les gays, pour beaucoup d’entre eux, se contrefichent d’être mariés, n’envisagent aucunement d’adopter des enfants, et se sentent éloignés d’un tel combat.

Détails sur le produit

  • Broché : 234 pages
  • Editeur : Fayard (2 mai 2013)
  • Collection : Littérature Française
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 221367714X
  • ISBN-13 : 978-2213677149

Voir aussi

- Le 25 mai 2013, Valérie Pécresse a démenti sur Twitter avoir diffusé la circulaire en question
(1)
(2)
- Polémique à propos d’une circulaire du 30 septembre 2010 du ministère de l’Education nationale,


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