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Au début de la prise de conscience par le gouvernement français de l’importance des enjeux de l’internet, le suivi de ces questions était assuré directement au niveau du premier ministre en 1997 comme en 2002 .
Sinon il existe un risque que plusieurs départements ministériels se sentent concernés et développent des visions différentes. Ainsi aujourd’hui tout se passe comme si plusieurs conceptions coexistaient en France au risque d’entrer en compétition.
Il y a la ligne des téléphonistes, illustrée par Gérard Théry : L’internet est l’instrument d’une invasion américaine (meme si certains assurent que l’idée est d’origine française avec Cyclades) et on doit donc s’en méfier. Mieux vaut câbler la France en fibres optiques et y installer un systeme centralisé à péage inspiré de celui qui fit la fortune du minitel.
Il y a la ligne des communicants, héritiers du ministère de l’information de jadis, qui pensent que le numérique consiste à mettre des téléviseurs dans les ordinateurs (ou l’inverse) et essaient de transporter leur modèle économique "broadcast" sur le réseau internet
Enfin, plus récemment, il y a une ligne "atlantiste" qui se précipite sur les modes actuelles et ne jure que par les trucs a la mode comme youtube, dailymotion, flickr etc.... C’est la voie suivie par des sites internet officiels plutôt "éphémères" comme celui des Assises du Numérique.
Pendant ce temps, une vieille garde d’internautes historiques considèrent l’internet comme un outil de travail : adminet, droit.org et service-public.fr poursuivent leur travail de fourmis, persuadés que l’internet est avant tout un service à la disposition des citoyens. Et une nouvelle génération d’utilisateurs voit d’abord dans le réseau un moyen d’échanger librement les contenus de son choix en P2P.
Un événement de portée internationale comme le congrès de l’ICANN, pourtant ouvert par Eric Besson à Paris en juin 2008 ne retient guère l’attention des sites officiels du gouvernement
Le site assisesdunumerique.fr annonce un Plan Numérique 2012 alors que site internet.gouv.fr en est resté au plan RES/SO 2007, expiré et dont le bilan n’a pas encore été officiellement tiré.
Mais internet n’a pas besoin de la France pour
se développer, pas plus que le blog de Loïc Le Meur,
coqueluche de nos instances officielles
, n’a pas besoin des internautes
français pour caracoler au sommet des hit-parades américains.
C.S.
(*) Laurence de Susanne est Journaliste professionnelle. Elle a été responsable du département multimedia du Premier ministre de 1998 à 2000 et dirige aujourd’hui www.ilemayotte.com, guide touristique de l’île de Mayotte.
Voir aussi
CyberCantal : l’administration électronique dans le Cantal
En attendant le Plan Numérique 2012... (Belleville Blog)
Le blog de Loïc Le Meur
Audiences comparées des sites "internet.gouv.fr et "assisesdunumerique.fr" (Alexa)
Assises du Numérique
internet.gouv.fr
32nd International Public ICANN Meeting | 22-26 June 2008
"J’ai découvert l’Internet en 1995." par Laurence de Susanne
Il n’existe pas d’inventaire officiel des sites du gouvernement français... parce que ce serait un inventaire à la Prévert (AdmiNet)
Le Cawa d’AdmiNet