Le Cawa d’AdmiNet

Vous appréciez ce site, aidez à le faire connaître :
Accueil du site > Internet @co > Misère de l’internet officiel français

Misère de l’internet officiel français

samedi 16 août 2008, par Christian Scherer



Les sites "auberges espagnoles" ne servent à rien. Les sites narcissiques qui ne donnent aucune ouverture. Les sites très gadgets. On est tombé dans les mêmes travers que sur le minitel. La règle devrait être de ne pas se faire plaisir mais d’être à l’écoute des utilisateurs.

Laurence de Susanne (*)

S
i l’ensemble des sites internet développés par le gouvernement français constitue un bouquet, force est de constater que certaines des fleurs qui le composent ont tendance à se faner un peu vite.

Au début de la prise de conscience par le gouvernement français de l’importance des enjeux de l’internet, le suivi de ces questions était assuré directement au niveau du premier ministre en 1997 comme en 2002 .

Sinon il existe un risque que plusieurs départements ministériels se sentent concernés et développent des visions différentes. Ainsi aujourd’hui tout se passe comme si plusieurs conceptions coexistaient en France au risque d’entrer en compétition.

Il y a la ligne des téléphonistes, illustrée par Gérard Théry : L’internet est l’instrument d’une invasion américaine (meme si certains assurent que l’idée est d’origine française avec Cyclades) et on doit donc s’en méfier. Mieux vaut câbler la France en fibres optiques et y installer un systeme centralisé à péage inspiré de celui qui fit la fortune du minitel.

Il y a la ligne des communicants, héritiers du ministère de l’information de jadis, qui pensent que le numérique consiste à mettre des téléviseurs dans les ordinateurs (ou l’inverse) et essaient de transporter leur modèle économique "broadcast" sur le réseau internet

Enfin, plus récemment, il y a une ligne "atlantiste" qui se précipite sur les modes actuelles et ne jure que par les trucs a la mode comme youtube, dailymotion, flickr etc.... C’est la voie suivie par des sites internet officiels plutôt "éphémères" comme celui des Assises du Numérique.

Pendant ce temps, une vieille garde d’internautes historiques considèrent l’internet comme un outil de travail : adminet, droit.org et service-public.fr poursuivent leur travail de fourmis, persuadés que l’internet est avant tout un service à la disposition des citoyens. Et une nouvelle génération d’utilisateurs voit d’abord dans le réseau un moyen d’échanger librement les contenus de son choix en P2P.

Un événement de portée internationale comme le congrès de l’ICANN, pourtant ouvert par Eric Besson à Paris en juin 2008 ne retient guère l’attention des sites officiels du gouvernement

Le site assisesdunumerique.fr annonce un Plan Numérique 2012 alors que site internet.gouv.fr en est resté au plan RES/SO 2007, expiré et dont le bilan n’a pas encore été officiellement tiré.

Mais internet n’a pas besoin de la France pour se développer, pas plus que le blog de Loïc Le Meur, coqueluche de nos instances officielles , n’a pas besoin des internautes français pour caracoler au sommet des hit-parades américains.

C.S.

(*) Laurence de Susanne est Journaliste professionnelle. Elle a été responsable du département multimedia du Premier ministre de 1998 à 2000 et dirige aujourd’hui www.ilemayotte.com, guide touristique de l’île de Mayotte.

Voir aussi

-  CyberCantal : l’administration électronique dans le Cantal
-  En attendant le Plan Numérique 2012... (Belleville Blog)
- Le blog de Loïc Le Meur
- Audiences comparées des sites "internet.gouv.fr et "assisesdunumerique.fr" (Alexa)
- Assises du Numérique
- internet.gouv.fr
- 32nd International Public ICANN Meeting | 22-26 June 2008
-  "J’ai découvert l’Internet en 1995." par Laurence de Susanne
- Il n’existe pas d’inventaire officiel des sites du gouvernement français... parce que ce serait un inventaire à la Prévert (AdmiNet)

Voir en ligne : http://crueltobekind.org/archive/20...


36 visiteurs en ce moment

SPIP | | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 Site, réalisé, hébergé et référencé par Epistrophe AdmiNet France Partenaire : Crédit fonctionnaire