(extrait du livre "Prospective des religions", à paraître en 2007)
On peut dire qu’il y a maintenant un « opium du peuple », mais ce n’est pas la religion, c’est la télévision. Celle-ci, financée par des intérêts marchands, opère un massage neuronal conditionnant le consommateur, et cela au prix de la destruction de ses capacités cognitives. En voici la preuve. Elle a été publiée sous forme d’une étude statistique très soigneuse par le journal allemand Die Welt en Mai 2006 et reprise par Courrier International :
Cette première série de dessins qui accompagne cette étude a été faite par des enfants qui regardent la télévision moins d’une heure par jour :

Ce sont des dessins normaux, conformes à ce que l’on peut attendre d’enfants de cet âge. Voici maintenant une autre série de dessins, faits par des enfants comparables en ce qui concerne l’âge, la culture et le milieu d’origine. La seule différence est que ceux-ci regardent la télévision plus de trois heures par jour :

Le contraste est spectaculaire, n’est-ce pas ? Il serait excessif de prétendre qu’il s’agit là d’une destruction volontaire, intentionnelle et préméditée des capacités cognitives de ces jeunes téléspectateurs. C’est plus vraisemblablement le fait d’un mécanisme simple d’ajustement : en effet, pour avoir un bon « taux d’écoute » (base de calcul des recettes publicitaires), il faut relancer constamment l’attention.
À cet effet, on hache les vidéos en plans très courts, de quelques secondes. Dès lors, on habitue le cerveau du spectateur à des changements de plans continuels. Ce conditionnement neuronal a pour effet que, même en l’absence d’écran, son mental se met à zapper. Il n’arrive plus à fixer son attention, les enseignants en portent témoignage. Ses dessins ne sont plus que des esquisses. Il ne peut plus prendre le temps de les compléter. Déjà son esprit est ailleurs.
Cet exemple précis est caractéristique du nouveau contexte du 21ème siècle.
Thierry Gaudin
Le Cawa d’AdmiNet