La France fut l’un des premiers pays au monde à se doter d’un ministère de l’environnement, dès 1970. A ce titre, elle n’a rien à envier aux autres pays développés, même aux USA ou l’Agence fédérale de l’environnement EPA connaît actuellement les pires difficultés. Il est vrai que la multiplication des crises, financière, énergétique, militaire finit par faire passer au second plan une préoccupation qui dépasse l’horizon habituel de l’actualité.
Voici maintenant deux siècles que les autorités françaises ont entrepris de réglementer les installations dangereuses, incommodes ou insalubres. Avec patience et persévérance, des techniciens de l’administration se sont attachés à lutter contre les principales nuisances, visibles et invisibles émanant des entreprises. Des progrès considérables ont pu être accomplis, le plus souvent en coopération avec les exploitants, dont c’était l’intérêt bien compris.
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En s’attachant à réduire les émissions polluantes, en effet, on encourageait une modernisation des installations. De grand succès ont été obtenus en discutant avec les branches industrielles, en fixant des normes d’émission ambitieuses mais réalistes, que les entreprises les plus dynamiques pouvaient atteindre, tandis que les moins performantes étaient souvent acculées à la fermeture.
Aujourd’hui, avec la mondialisation, se profile la menace de voir les activités les plus polluantes s’expatrier vers des pays où les autorités sont moins regardantes, comme les Jeux olympiques de Beijing viennent opportunément nous le rappeler.
Une caractéristique fondamentale des politiques de lutte contre la pollution qui ont été conduites en France par les services d’inspection des installations classées était de s’attacher à des normes spécifiques d’émission souvent fixées par circulaires au niveau national après discussion avec les représentants des secteurs industriels concernés : tant de fluor par tonne d’aluminium produite, tant de kilogrammes de DBO5 par tonne de papier, etc...
Cette politique fut très efficace : en fixant des normes réalistes, on avait de bonnes chances de les atteindre, la concurrence était respectée, les entreprises les plus performantes pouvaient développer leur production tandis que les "canards boiteux" étaient incités à fermer leurs portes.
Ainsi, on n’arrêtait pas le progrès. L’expansion allait bon train.
Jusqu’au jour on s’est aperçu que nous vivons dans un monde fini, dont la capacité d’absorption des émissions polluantes avait une limite, et qu ele stock de polluants de toutes sortes accumulé par deux siècles de croissance industrielle commençait à peser sur notre écosystème :
l’air, avec le réchauffement climatique
l’eau, avec la concentration des toxiques dans les chaines alimentaires
le sol, avec les séquelles des anciennes exploitations, minières ou autres,
la biodiversité, avec la disparition constatée ou annoncée de nombreuses espèces, à commencer par les mammifères supérieurs.
Ces phénomènes prennent une acuité nouvelle avec la montée en puissance des pays émergents du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) qui, avec quelque raison, aspirent à imiter les modes de consommation actuels des pays les plus évolués, alors que tout indique, avec des calculs élémentaires, que cela va être physiquement impossible.
Ainsi se profile devant nous la nécessité d’un changement de paradigme. Si la politique suivie jusqu’à présent par nos services de police administrative de l’environnement s’est révélée efficace et doit être poursuivie, il faut maintenant développer une autre politique, tournée cette fois vers les milieux naturels, différents composants de notre biotope, et ouvrir de nouveaux fronts tels que :
l’air intérieur de nos maisons, du métropolitain, des automobiles
la contamination chimique des aliments et de l’environnement
l’élimination ou le recyclage des déchets dangereux
les dangers potentiels des rayonnements électromagnétiques
les menaces présentées par une excessive exposition au bruit, y compris pour les autres êtres vivants
la pollution lumineuse
la contamination des réseaux hydrographiques, des mers et des oceans
On objectera que ces problèmes sont globaux. Mais ce n’est pas un argument pour ne pas s’y engager :
parce que l’administration dispose d’excellents ingénieurs et spécialistes, rompus à ce genre d’exercice et entourés des meilleurs experts
parce qu’en prenant pour six mois la présidence de l’Union Européenne, la France a les moyens d’entraîner derrière elle l’ensemble des pays partenaires
parce que la France, traditionnellement sait faire entendre sa voix dans les enceintes internationales, bien au-delà de son simple poids démographique ou économique
C’est une véritable révolution copernicienne qui nous attend. En effet, au -delà du simple constat des situations, qui est un vrai travail d’ingénieur ou de spécialiste, les décisions politiques qui sont à prendre sont de type radicalement nouveau, et ne vont pas manquer d’apparaître comme de véritables freins au développement économique, et une mise en cause de nos habitudes de consommation.. Car c’est bien notre modèle de développement qui est en cause.
Ce point de vue n’est pas partagé par tout le monde, et d’autres pensent que d’autres modèles de développement sont possibles, plus respectueux de la planète.
Le débat reste ouvert. Pour l’instant, la parole est aux militaires. L’environnement attendra.
C.S.
Rejets de déchets radioactifs dans les mers
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Mondialisation et écologie : de l’impasse à l’ouverture par Jean-Marie Harribey
Qui a dit : "Ce n’est pas à nous de prendre des décisions par rapport à ceux qui vont naître ; les générations futures se démerderont comme tout le monde" ? (Le Canard Enchaîné)
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Qui pollue les mers ?
APPA - Association pour la Prévention de la Pollution Atmosphérique
Scientists discover that "dead zones" are increasing worldwide - Lack of oxygen a key stressor on marine ecosystems

La question ne sera bientôt plus de savoir combien d’habitants la Terre peut nourrir, mais plutôt combien de temps encore.
Bande annonce : Soleil vert
Le Cawa d’AdmiNet

