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La néogéographie ou l’impact du Web 2.0 sur une industrie réelle

par Marc LEOBET



lundi 14 janvier 2008

Une appréciation de Mike Hickey, président de Pitney Bowes Software (propriétaire de Mapinfo, 3ème éditeur mondial de système d’information géographique et fournisseur principal des services déconcentrés de l’Etat français) sur la néogéographie a lancé un débat dont la blogosphère a le secret depuis mi-décembre. Le thème en est, grossièrement, la néogéographie (définition : http://www.renalid.com/2007/12/23/sig-neogeographie/) n’est pas du SIG. Pour faire court, la néogéographie c’est "la fusion de l’expérience et des données utilisateur (le Web 2.0 en somme) et de la cartographie en ligne" (http://www.geotests.net/blog/index.php?id=4 ).

Soit. Mais quel intérêt d’une semblable déclaration, et de tels débats ?

Les éditeurs de SIG, sont pris en tenaille entre deux tendances : la montée en puissance des logiciels libres dans un secteur en pleine croissance, à savoir la publica tion cartographique sur l’internet, et la puissance économique, technique et ergonomique de Google. On pourrait en ajouter un troisième sujet d’inquiétude, à savoir l’appétit de l’industrie de la téléphonie pour les entreprises de l’information localisée, mais c’est un autre sujet - quoique lié aux usages des TIC.

En illustration de la première, Autodesk, premier éditeur mondial (avec Autocad) a abandonné sa solution Mapguide en 2006 pour se rallier à une solution opensource, Mapserver. C’est également Mapserver qui est retenu par le MEDAD (GIDIC, inventaire national spatialisé des rejets dans l’air, cartographie des risques, site des DIREN et des DDE...). Le second éditeur mondial, ESRI, s’est inquièté devant nous de cette évolution il y a déjà plusieurs années.

La capacité de Google a intégrer des données externes laisse penser, depuis le cyclone Katrina sur la Nouvelle-Orléans, que l’irruption de la société civile dans les débats de territoire (ou autres...) ne font que commencer. A l’automne 2006, nous en décrivions les enjeux pour l’information environnementales (http://fig-st-die.education.fr/actes/actes_2006/leobet/html/img0.html). KPBS Online, une chaîne locale de San Diego, a ainsi mis en place sur Google ses informations sur les feux de Californie de novembre 2007 (http://maps.google.com/maps/ms?msa=0&msid=114250687465160386813.00043d08ac31fe3357571). Déjà, en 2006, Greenpeace utilisait Google pour signaler des cultures de maïs OGM (http://www.fluctuat.net/blog/4482-Cartographie-pour-tous-Greenpeace-modifie-son-plan) (et se faisait condamner).

Les éditeurs de SIG doivent donc prouver leur valeur ajoutée dans la valorisation de la donnée sur l’internet, alors qu’ils débattaient il y a seulement trois ans des perspectives des marchés entre grands éditeurs, et leur apport dans la création de l’information. Leur utilité diminue dans l’esprit de certains décideurs sur le thème : pourquoi investir en logiciels et formation puisque c’est si facile sur Google ? Et les fonctionnalités traditionnelles d’analyse spatiale de leurs logiciels sont maintenant matures, c’est-à-dire qu’elles dégagent des marges faibles.

On comprend que la néogéographie leur pose quelques problèmes allergiques...

Marc Léobet

Voir en ligne : http://www.renalid.com/2007/12/23/s...

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