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La méthode originale de la Communauté Thérapeutique

dimanche 28 février 2016, par Thierry-Ferjeux Michaud-Nérard

La méthode de la Communauté Thérapeutique a pour objectif la réhabilitation et la réinsertion sociale. Le Programme d’aide par l’abstinence pour le rétablissement de la personne alcoolique ou toxicomane est un programme pragmatique très concret au niveau de l’attitude devant la vie et devant les substances psycho-actives, de la conduite quotidienne et du comportement social placé sous le signe de la réadaptation sociale.
La Communauté Thérapeutique a une visée pratique profondément réadaptative sur le plan social. Le Programme d’aide prend appui sur le groupe, constitué en entité sociale d’aide réadaptative. C’est ce principe qui explique le fondement de son efficacité thérapeutique. Les personnes dépendantes qui vivent ensemble au sein de la Communauté Thérapeutique tirent profit, lors des confrontations communautaires quotidiennes, de l’examen "de ce qu’ils font réellement et de leurs raisons totalement irrationnelles de le faire".
Faire œuvre de réhabilitation durable, heureuse et réussie, c’est la raison d’être de la Communauté Thérapeutique. En tant que méthode thérapeutique efficace pour les personnes toxico-dépendantes, la méthode repose sur les réunions communautaires regroupant, chaque jour, une cinquantaine de participants, motivés et volontaires, au Programme d’aide par l’abstinence pour le rétablissement et la sobriété morale.
Un réel danger peut mettre gravement en cause la méthode thérapeutique. Ce danger émane des fonctionnaires des services sociaux et des tribunaux qui veulent réintroduire dans les circuits médicalisés des inadaptés sociaux et des psychopathes dangereux. C’est pourquoi leurs "clients" difficiles, considérés comme socialement nuisibles, relèveraient selon eux de la psychiatrie et de la criminologie, en tant que sociopathes.
La méthode de la Communauté Thérapeutique repose sur ce principe éthique "qu’il faut conserver la distinction entre les objectifs du traitement et les objectifs de la réadaptation". Malgré cela, il est clair que la redécouverte de "l’aptitude à fonctionner de façon satisfaisante" dans le milieu familial et social résulte du fait que les buts de la réadaptation "concordent et complètent" ceux du rétablissement par l’abstinence.
En réalité, "tout est traitement" au sein de la Communauté Thérapeutique : tout traitement est, ou devrait être, réadaptation. Ainsi, toutes les personnes participent ou devraient participer, au même traitement social. Ce traitement social s’appelle "Communauté Thérapeutique". La stratégie thérapeutique est formulée clairement : "Le traitement dans la Communauté Thérapeutique agit par la réadaptation aux conditions réelles de la vie sociale quotidienne. La réadaptation à I’intérieur de la Communauté Thérapeutique est une répétition générale de la vie après le retour aux conditions matérielles et morales imparfaites du monde extérieur".
En fait, dans la plupart des cas, si elle ne se rétablit pas efficacement, la personne toxico-dépendante peut croire à cette illusion de pouvoir "s’installer pour un long séjour" destiné à "s’adapter" à la vie protégée au sein de la Communauté Thérapeutique. Il a toujours été tenu pour établi que l’adaptation à cette vie protégée de la Communauté Thérapeutique constitue "la voie choisie de manière irresponsable vers la régression".
C’est ce genre de considérations asilaires qui aliène les malades mentaux dans la chronicité. C’est la caractéristique idéologique chronique, essentielle et aliénante, de l’hôpital psychiatrique.
Une caractéristique de la psychiatrie aboutit, en matière de santé, à une médicalisation accélérée des malades mentaux par des médicaments capables de contrôler efficacement les comportements indésirables. On a pu mettre en œuvre une chirurgie mutilatrice comme la lobotomie, après l’échec du traitement chimique, malgré les effets cliniques désastreux, avec des déficits et des handicaps nés de la dissection du cerveau des malades mentaux. L’expérience n’a pas tardé à montrer l’irréversibilité de ces déficits et handicaps mentaux !
On comprend pourquoi la réadaptation moderne a remis en question la nature de ces guérisons de la chirurgie mutilatrice, et aussi des médicaments capables de contrôler les comportements indésirables.
La méthode originale de la Communauté Thérapeutique est interprétée en termes socioculturels. Ses concepts "progressistes" ont intégré les pratiques réadaptatives au traitement proprement dit. La règle des 24 heures a abouti à la notion de "thérapie réadaptative" pour le comportement "seulement pour aujourd’hui".
Pas de projet aléatoire et infini, à très long terme, des pseudo-psychanalystes. Le critère déterminant est "I’objectif immédiat". L’attitude, la conduite et le comportement sont confrontés ici et maintenant. Les effets à court terme sont de permettre à une personnalité donnée de choisir comment s’adapter au mieux de ses possibilités aux exigences d’un système social donné. Or le processus de rétablissement par l’abstinence ne peut s’instaurer dans une situation d’aliénation sociale. La méthode de la Communauté Thérapeutique doit, pendant un temps, mettre entre parenthèses les problèmes sociaux objectifs dans le monde réel. Elle ignore la distinction médicale entre le normal et le pathologique séparant le sujet normal du supposé malade mental.
Le problème est que l’hôpital psychiatrique se croit une institution dite thérapeutique qui souffre d’un "manque à soigner". Chassez le médical et il revient toujours au galop ! Comment se situe la Communauté Thérapeutique face à ce traitement chimique de l’hôpital psychiatrique qui vise le contrôle de la personnalité ?
En réalité, l’hôpital psychiatrique se montre incapable de réadapter la personnalité, c’est-à-dire de la plier aux exigences de l’ordre social établi, alors que les problèmes sociaux des individus marginaux et des indésirables sont toujours réinterprétés, à tort, en termes médicaux pour justifier les frais d’hospitalisation ! On sait que les traitements appliqués au sein de l’hôpital psychiatrique renforcent toujours la ségrégation sociale.
Le renfermement des personnes alcooliques ou toxicomanes avec les malades marginaux de l’hôpital psychiatrique en fait des personnes encore plus marginalisées. C’est là une faiblesse certaine de l’hôpital psychiatrique contre la réhabilitation et la réinsertion des personnes alcooliques ou toxicomanes.
C’est pourquoi la méthode de la Communauté Thérapeutique rend plus réaliste la réhabilitation et la réinsertion sociale des personnes alcooliques ou toxicomanes. "Cette méthode repose sur l’organisation". C’est un ensemble de principes et de valeurs qui déterminent la façon dont la Communauté Thérapeutique doit être organisée pour parvenir à atteindre ses objectifs. C’est pourquoi l’organisation de la Communauté vise essentiellement à défendre la micro-société et à conserver l’ordre social au sein de la Communauté. En fait, la méthode de la Communauté Thérapeutique est aussi une technique de rétablissement par l’abstinence empruntant la justification de sa pratique à la réalité des étapes du rétablissement des Alcooliques Anonymes.


Dr Thierrey-Ferjeux Michaud-Nérard