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L’imposture du "bac pour tous" pour la re-présidentielle, et après ?

vendredi 24 juin 2016, par Thierry-Ferjeux Michaud-Nérard

Les chiffres des résultats attendus du "bac pour tous" à l’ombre de la re-présidentielle, pour une fois, seront parmi "les plus parlants". Et il n’y a pas plusieurs manières de les interpréter autrement qu’à l’aune de la re-présidentielle. Les statistiques donneront la certitude que nos Facultés sont en train d’armer les troupes des indignés qui rêvent d’une émeute socialiste "dans les casernements de l’esprit contestataire" des assistés professionnels, les pires étudiants oisifs et incultes de la gauchosphère qui dirigeaient les syndicats étudiants de l’époque d’après 1968 et qui dirigent aujourd’hui les institutions et les ministères de la république socialiste.
Le 13 mars 1970, A.-G. Slama écrivait dans "La France Catholique" :
"Ce que fabriquent les UER littéraires, c’est un prolétariat de sous-développés intellectuels, aussi pauvres en idées qu’en connaissances, paresseux, désœuvrés, jouisseurs, et qui croient qu’avec ces beaux talents ils réformeront le monde. (Ce sont eux qui dirigent aujourd’hui les institutions et les ministères de la république socialiste !) Nos progressistes diront que je généralise abusivement. Hélas !
"Ils ôtent aux professeurs les moyens de séparer le bon grain de l’ivraie, d’opérer une sélection dans la masse amorphe, d’encourager les meilleurs. Comment ne pas généraliser ? Comment éviter que l’étudiant consciencieux qui se voit refuser le droit à l’examen, le droit à la notation, le droit au classement, ne se sente pas ramené au (ca)niveau le plus bas ?… II "gueulera avec les autres" et sa protestation, légitime, saine, courageuse, sera confondue avec celle des (militants paresseux) dans le même bourbier (gauchisant).
"Si l’on compare le nombre de licences délivrées annuellement par les différentes Facultés, on trouve un accroissement sensible en droit et en sciences économiques. En sciences, les chiffres ont été jusqu’à décroître. "En lettres, c’est la catastrophe". On aurait tort de penser que ces résultats sont aberrants, parce qu’ils concernent "l’année anormale 1968" : alors que partout ailleurs, le nombre de candidats reçus a décru en 1969, il s’est maintenu en lettres : la proportion de "90 % de succès aux examens" apparaît comme une règle sur laquelle on ne peut plus revenir sans être taxé de "réaction" !
"La sélection, à l’évidence, n’est pas assez forte (et) les Facultés des lettres et sciences humaines attirent plus d’un étudiant sur trois. (Malgré) les débouchés dans l’enseignement, (le) déchet (est) hallucinant.
"Si nos Facultés fabriquent 21 000 licenciés ès-lettres par an, il faut bien conclure que "trois diplômés littéraires sur quatre sont des chômeurs"… Les enseignants de nos Facultés rivalisent d’impuissance en sorte que les circulaires du ministre, "soucieuses de revaloriser les examens" (???), restent lettre morte.
"Sous prétexte qu’il y a plus d’inscrits, les étudiants réclament davantage de reçus ! (C’est pourquoi) la formation des maîtres de l’enseignement supérieur perd ses anciennes vertus et (on) finit par "recruter n’importe qui". Ce sont ici encore les lettres qui ont "le triste privilège d’avoir le niveau le plus faible"…
"On se demande alors quel intérêt peut présenter la question de savoir s’il est opportun ou non de supprimer un concours (l’agrégation) qui est déjà bel et bien mort, et qui ne peut plus que (mourir) davantage, à mesure que le niveau des candidats présentés s’abaissera à une cadence vertigineuse.
L’importance de la sélection en 1970
"Ce triste bilan impose une solution logique : la sélection à l’entrée des Facultés. On ne voit pas comment résoudre le problème autrement. Dans l’abstrait, on peut être… en faveur d’une sélection continue, chaque étudiant muni de son baccalauréat ayant en effet le droit de tenter sa chance en Faculté…
"Mais cette conception idéale ne cadre pas avec les réalités.
"Avec une moyenne de 70 % de reçus en 1969 (82 % en 1968), les différents baccalauréats confèrent un titre qui n’est "pas même une présomption d’aptitude" aux études supérieures !
"Quant au travail d’orientation en principe confié aux maîtres, il a succombé à la loi du nombre, plus encore qu’à la mauvaise volonté des "partisans du pire", ou à la "démagogie des rêveurs de Sorbonne".
"Un professeur de khâgne a dit : "Les portes de l’Université n’ont pas été ouvertes, elles ont été enfoncées. L’invasion peut être plus complète, elle ne peut pas être plus invasion".
Que deviendront les recalés ?
"Un problème subsiste : (si jamais) le système de la sélection à l’entrée des facultés fonctionne, que deviendront les recalés ? Ne constitueront-ils pas encore une armée de la révolte (ce sont les maoïstes qui nous gouvernent en 2016), plus misérable, plus aigrie s’il se peut, que la masse des étudiants mécontents, mais boursiers ?… Est-il excessif de prétendre que, sauf rares exceptions, un bon maître de classe terminale peut trancher sans risque d’erreur de la vocation d’un lycéen à poursuivre ses études dans le "supérieur" ?
"Il saura prévenir les illusions, et ce sont les illusions qui font le plus de mal. (C’est aussi le rôle) des examens d’entrée en Faculté (???) de dire si un lycéen est apte à poursuivre ses études dans le "supérieur".
"Assurément le système (des bourses pour tous) n’est pas infaillible…
"Dans la situation actuelle, si les études littéraires tolèrent des effectifs pléthoriques, c’est précisément faute, non seulement d’une sélection, mais aussi d’une orientation à l’entrée des facultés.
"Les raisons… qui poussent un étudiant à faire des études supérieures, l’encouragent à s’inscrire en lettres, où le vague des disciplines et des méthodes pratiquées laisse accréditer la thèse qu’il ne faut, pour devenir licencié, aucune disposition particulière, sinon (des ambitions politiques et des copains pour décerner des faux diplômes, comme c’est le cas au Parti Socialiste) du vague à l’âme et beaucoup de prétention.
"Ainsi les Facultés des lettres deviennent les dortoirs où se volatilisent les rêveries de l’adolescence.
"C’est beaucoup pour susciter des (gauchistes révoltés), c’est très peu pour former des étudiants.
"Aussi l’autre solution du problème passe-t-elle par une réforme profonde du contenu des disciplines littéraires enseignées et une réforme de l’angle (socio-politique) sous lequel on les aborde.
Comme une réforme est impossible, le "bac pour tous", gracieusement offert comme cadeau "pour les nuls", à l’occasion de la mystification politicienne re-présidentielle de Hollande, nous suggère ces réflexions désabusées. Il faudra attendre "une prochaine fois" pour essayer de redorer le blason profondément dégradé de l’école socialiste libertarisée, politisée et sexualisée, par les idéologues GOF de la république socialiste…

Thierry-Ferjeux Michaud-Nérard


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