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Jean-Marie et la politique de la terre brûlée

jeudi 13 août 2015, par Thierry-Ferjeux Michaud-Nérard

Les propos de Jean-Marie Le Pen sont devenus presque inutiles. En effet, les jeux sont faits et la ligne politique de Marine l’a emporté sur les archaïsmes du vieux briscard. Jean-Marie n’en personnifie pas moins les violents combats du passé. Il a été le baroudeur et le député en rupture toujours conflictuelle avec la politique de décolonisation et de modernisation des mœurs politiques du général de Gaulle.

Quoi qu’il en soit, les décisions qui seront prises, au niveau du bureau politique, à l’encontre de Jean-Marie, ne feront que confirmer que la tâche sera très rude pour Marine. La question de la confiance n’est pas acquise, aujourd’hui, dans l’accumulation des propos discourtois de Jean-Marie, si prisée des médias.

Il croit dans les avantages et dans les bienfaits de la provocation médiatique, en se démarquant de la démarche démocratique suivie au sein des instances du parti. Il veut infléchir négativement les esprits des adhérents et des sympathisants, pour marquer son passage à l’opposition contre la ligne politique de Marine.

En provoquant de nouveaux désordres internes, il ne témoigne pas de la vision politique la plus large.

Les résultats des votes contestés sur Internet ont été écrasants. C’est pourquoi Jean-Marie ne pourra plus revendiquer la moindre autorité devant la plupart des adhérents et des sympathisants. Jean-Marie ne sera pas suivi par les membres de son ancien parti. Il représente au maximum moins de 5 % du corps électoral de la droite extrême. La décision de Jean-Marie, de faire obstruction à la politique de Marine, et de passer à l’opposition, ne repose que sur ses propres illusions, répandues par sa propre propagande.

La nouvelle tactique de Jean-Marie est celle du terrorisme intellectuel proche des activistes de la droite extrême. En voulant nuire à la crédibilité politique de Marine, il fait œuvre de subversion. Pour lui, désormais, il s’agit d’accumuler les ruines du parti, afin de tout détruire en ce qui concerne l’organisation.

Marine et ses conseillers sont considérés comme des usurpateurs. C’est pour cela qu’il se livre à une sorte de jeu de massacre totalement inutile, à l’occasion d’une foire aux perdants. Il se propose de régler une procédure de dévastation systématique totalement imbécile, au plus grand tort de son œuvre au sein du parti.

Faute d’avoir refusé la modernisation du parti, Jean-Marie veut en saboter les fondements et pratiquer la politique de la terre brûlée. Il n’entend rien laisser derrière lui qui puisse servir au fonctionnement du parti.

Il ne faut attendre de lui aucune coopération. Il ne peut accumuler que toujours plus de haine et de bravades infantiles. Jean-Marie se prépare en conséquence à la traversée du désert qui sera la sienne. C’est désormais un homme seul. Il a perdu la confiance de tous les cadres de son ancien parti. Contrairement à ce qu’il avait laissé paraître un temps, parfois malgré lui, il ne supporte pas la nouvelle ligne politique de Marine.

Quand il ouvre son cœur à des médias toujours avides de polémiques anti-nationales, il refuse de s’incliner devant la réalité, avec le plus élémentaire bon sens. En refusant de donner sa démission des instances du parti, il ne propose rien d’autre que la destruction systématique de la nouvelle ligne politique de Marine. Jean-Marie le baroudeur est incapable de comprendre le sens de l’État, ni même de faire preuve du plus élémentaire sens du service public. C’est pourquoi Jean-Marie est inapte à diriger et à gouverner.

La seule politique de Jean-Marie est la politique de la terre brûlée. Il est incapable de faire preuve du moindre respect du parti qui l’a supporté et qui l’a nourri, ni même du sens de l’histoire. Pour lui, la fidélité au parti n’est pas une valeur exemplaire, pas plus que la "discipline du parti". C’est un ancien militaire qui n’a pas le sens du service, ni même le sens de la discipline la plus élémentaire. La seule fidélité dont il témoigne est vis-à-vis d’un passé révolu et d’un orgueil blessé ou d’une supériorité passée en forme de susceptibilité maladive.

Jean-Marie n’a plus aucune image crédible, ni aucune popularité historique. Il n’a jamais fait preuve du moindre génie politique, ni même du sens de l’honneur de la France. Il a connu une notoriété provisoire, alors qu’il combattait contre le général de Gaulle, pour maintenir l’Algérie dans l’esprit archaïque de la colonie.

Marine doit purger le parti de ces éléments indésirables, si elle veut assurer la cohésion de la majorité des cadres du parti, des adhérents et des sympathisants. La nouvelle ligne politique, du Rassemblement Bleu Marine, doit être reconstituée dans les conditions objectives de l’ouverture pour la bataille décisive.

Jean-Marie refuse les nouvelles bases du parti, pour un nouveau départ à la conquête du pouvoir. À défaut d’accord, il ne sera plus qu’un ancien président usé, incapable de faire face aux nouveaux programmes de gouvernement du parti. Jean-Marie n’a pas compris les exigences tactiques de la conquête du pouvoir.

La politique de la terre brûlée est très dommageable dans la stratégie de conquête du pouvoir.

Jean-Marie, le baroudeur du passé, est incapable de passer à une autre phase de la lutte politique.

C’est pourquoi les sympathisants et les adhérents expriment de plus en plus de lassitude, devant les obstacles et les techniques d’opposition de Jean-Marie. Si Jean-Marie est là pour longtemps encore, c’est une évidence, c’est un homme avec qui il est impossible de s’entendre et avec qui le parti ne peut plus travailler.

On doit le laisser seul face à son destin et son refus obstiné de se comporter de manière constructive.

Pourtant, même s’il ne se fait pas faute de critiquer vigoureusement tous les aspects de la politique de Marine, pour entraver son action de modernisation du parti, son pouvoir de nuisance est limité.

En conséquence, le parti doit renoncer définitivement à toute collaboration avec lui. Pour Marine, il est temps de tourner la page. L’écrasante majorité des adhérents et des partisans lui confirmeront massivement la confiance, malgré la répétition inévitable des turpitudes médiatiques de son ancien chef.

Dr Thierry-Ferjeux Michaud-Nérard