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- par le Docteur Joseph Okinczyc

samedi 23 août 2008, par librairie cawa


(source : Persée)

Joseph Okinczyc, Humanisme et Médecine. (Au service de l’homme, 1). Un vol. 19x !4 de HO pp. Paris, Labergerie, 1936.

Ce petit volume est le premier d’une élégante collection qui sera publiée avec la collaboration de l’auteur, d’Olivier Lacombe et de Jacques Maritain. Elle se propose, aux heures incertaines où nous vivons, de rechercher les principes des solutions conformes à la nature de l’homme, à la nature des choses, à la justice et à l’équité, qui assureront notre bonheur dans un ordre nouveau.

L’exercice de la profession médicale soulève aujourd’hui de graves problèmes. L’auteur entend souligner tout particulièrement que la médecine est d’abord personnelle et qu’elle doit le rester, même en présence de l’organisation, légitime assurément, d’une médecine collective.

Dans ses relations personnelles avec le malade, le médecin doit observer une morale professionnelle dont l’auteur trace les lignes principales en insistant très particulièrement sur les questions du secret professionnel et des honoraires. Il veut la profession médicale si noble et indépendante qu’il pèche parfois par excès. Selon lui, contre l’avis unanime des théologiens moralistes, le secret professionnel est si rigoureux que nul ne peut en relever le médecin : ni le malade, ni la loi civile, ni le souci du bien commun. Nous avouons que ses arguments ne nous convainquent pas. Il allègue, notamment, le Canon 1755, § 2, qui exempte les médecins interrogés par le juge ecclésiastique de répondre si la question posée porte sur un objet relevant du secret. Mais du canon 1757, § 3, n° 2, qui est également cité dans les notes à la fin du volume — avec malheureusement trois lourdes fautes d’impression qui le rendent inintelligible — on peut conclure que selon le Code, le secret professionnel peut être levé dans certains cas, sauf en ce qui concerne la confession. Sur la question des honoraires, l’auteur partage l’avis selon lequel le service du médecin n’est jamais payé, car le recouvrement de la santé et, à plus forte raison, la prolongation de la vie ne sauraient être mis en balance avec quelques pièces de monnaie. On « honore » donc le médecin qui se donne, mais ne se vend pas. Pourtant les honoraires sont dûs en justice. On pourrait faire observer que les honoraires sont habituellement perçus même si le malade ne guérit pas, et qu’ils sont dûs pour des conseils et des soins que donne le médecin, mais c’est Dieu seul qui conserve la vie et la santé. S. Thomas, précisément au texte auquel l’auteur se réfère pour dicter au médecin les règles d’une sage modération, dit que si le médecin ou l’avocat assiste gratis son client, il fait œuvre de miséricorde, mais que, s’il perçoit des honoraires, il vend ses conseils et ses peines, ce qui est légitime ; car, à raison de son activité, il peut se faire payer, comme tout bon artisan. Si donc il prétend se donner, le médecin ne doit rien demander ; tout au plus pourrait-il espérer un don réciproque, librement consenti. S’il réclame ses honoraires, c’est justice ; mais il doit alors renoncer à se présenter comme un bienfaiteur.

Dans ses considérations sur la médecine collective, l’auteur combat avec raison certaines exagérations aujourd’hui à la mode dans l’organisation des services qui sauvegardent plutôt l’état sanitaire général que la santé de telle personne, ou dans l’institution d’une médecine coopérative, qui complète le médecin traitant par le médecin de groupe, disposant de multiples services et laboratoires. Pour préciser les droits de la médecine personnelle, et le respect qu’il faut en garder, l’auteur fait appel à la distinction entre l’individu, « être soumis aux lois de son espèce » et la personne, « être établi dans des besoins et des fins éternels ». La société ne peut jamais violer les droits de la personne ; mais elle n’a pas mission d’assurer aux personnes les services dont elles ont besoin. Ses fonctions ne lui permettent d’atteindre que l’individu. Nous avouons que, malgré l’étrange succès que connaît cette distinction dans la philosophie sociale depuis quelques années, elle nous semble mal venue en ce domaine et sans valeur pratique. Nous pensons qu’il faut reconnaître qu’isolés ou groupés, les individus humains sont toujours des personnes et que c’est à raison de cette qualité seule qu’ils ont des droits et des devoirs, individuels et sociaux. Il faut donc chercher ailleurs que dans ces notions d’individu et de personne les limites de la soumission des personnes à la société.

Malgré ces réserves, nous louons grandement l’auteur d’avoir haussé toutes ses considérations sur des questions si graves et délicates jusqu’à un niveau vraiment humain. Son petit ouvrage se met efficacement au bon service de l’homme.

Humanisme et médecine

par le Dr Joseph Okinczyc (1879-1954)

AVANT-PROPOS

Aux heures incertaines, où les sociétés déçues par la faillite des principes organiques qui les régissaient, cherchent péniblement l’ordre nouveau qui doit assurer leur bonheur, il est constant de voir traduire à leur barre les institutions, dont le procès n’est pas toujours instruit dans la sérénité et l’impartialité qui conviennent.

Tout est remis en question. La tendance instinctive des hommes, qui n’est absolument ni la plus juste ni la plus opportune dans ces périodes critiques, est de faire table rase du passé, sans discerner ce qui doit subsister d’une vérité constante, et ce qui doit être rejeté des déformations qu’y apportent la malice ou l’erreur.

Il n’est qu’une manière d’éviter l’écueil de nouvelles expériences douloureuses, c’est de remonter aux principes, de les dégager des sophismes souvent spécieux et intéressés qui en ont faussé le pragmatisme et de remettre à leur lumière l’ordre dans la maison.

La Médecine n’a pas échappé à ces déviations désastreuses qui méconnaissent sa raison d’être, ses moyens et sa fin. Au service de l’homme, c’est dans l’homme qu’elle doit trouver les règles de son action et le sens de sa mission.

Si l’homme changeait, évoluait, la Médecine devrait se modifier avec lui, s’adapter à cette évolution, se plier aux nouvelles exigences d’une nature qui serait instable dans ses réactions, ses besoins, ses fins.

Mais si l’homme à travers les âges n’a pas changé, s’il est aujourd’hui ce qu’il était il y a quatre mille ans, quelle raison aurions nous d’intervenir pour modifier ce "colloque singulier", commencé aux origines du monde et qui répond aux besoins permanents d’une immuable nature ?

Or il faut bien le reconnaître : à, travers tous les bouleversements de son histoire, au milieu de tous les progrès réalisés par la science à son usage, l’homme demeure l’élément constant de ces changements extérieurs qui passent sans modifier sa vie dans son essence, sans ajouter ni une coudée à sa taille, ni une garantie à, sa soif de bonheur. Vit il mieux et plus longtemps ? Est il moins sensible au froid, à la chaleur, à la douleur, à, l’inquiétude, à l’angoisse, à la faim, à la soif, à la maladie ? La mort ne demeure t elle pas toujours le terme inéluctable de sa destinée terrestre ?

Rien ne sépare essentiellement l’homme de nos jours, de l’homme des premiers temps. Ses passions sont les mêmes : l’amour et la haine, la vertu et le vice, l’héroïsme et la lâcheté partagent toujours son coeur et, derrière le masque des civilisations, c’est le même être qui s’agite, rit, pleure, souffre et meurt ; et l’appel de l’homme malade à son semblable est le même que celui de l’homme
des origines, malade ou blessé, à son compagnon valide qui peut le secourir, fort d’expérience et riche d’espérance et de confiance.

Il ne saurait être question, cependant, de méconnaître les virtualités qui sont dans l’homme et dont l’histoire nous offre la révélation progressive et le développement, non plus que les modalités diverses que peut affecter, le "colloque singulier". Un juste examen est réservé à ces aspects du problème.

C’est au service de cet être constant, mais complexe, dont les pieds touchent à la terre, dont les mains et les yeux sont tournés vers le ciel, que la médecine est née, quand il se couche pour souffrir ou mourir.

Ni ange, ni bête, il est homme, composé d’une âme et d’un corps, et à ce titre, tout s’ordonne selon les exigences de l’une et de l’autre. A son service, la Médecine, pour demeurer dans l’ordre de sa nature, doit s’inspirer de l’une et de l’autre, et rester humaine au sens profond et entier du mot.

Si Descartes a cru devoir, dans un souci d’analyse qui sort de la réalité, proposer le dualisme du corps et de l’aime, nous ne craindrons pas de rejeter le dualisme de Descartes comme inhumain. A nos yeux de médecin, l’homme malade restera ce qu’il est réellement, une âme vivante dans un corps souffrant et c’est à la lumière de cette vérité élémentaire et première que nous poserons le problème de la Médecine dans les temps modernes.

NOTICE BIOGRAPHIQUE

Médaille d’or de chirurgie en 1906, Docteur en 1907
avec attribution de la médaille d’argent, deux fois lauréat
de l’Académie de Médecine qui lui décerne le prix
Oulmont en 1906, le prix Chevillon en 1907, Agrégé de
chirurgie en 1910, chirurgien des Hôpitaux en 1919,
membre de l’Académie de chirurgie en 1920, tels sont
quelques uns des titres qui illustrent la carrière médicale
du Docteur Joseph OKINCZYC, professeur agrégé à la
Faculté de Médecine, ancien interne des Hôpitaux où il
fut l’élève d’Hartmann, Tufier et Poirier.

Ses services militaires, au cours de la grande guerre
ne sont pas moins remarquables, qui lui valent la croix
de guerre avec deux citations et la rosette d’Officier de
la Légion d’Honneur.

Enfin, en un genre d’activité que ne saurait sanctionner
une récompense éclatante, mais dont l’importance n’en
est pas moins primordiale, parachevant et couronnant
la formation technique donnée du haut des chaires
officielles, ce Maître qui ne sépare pas l’homme du
praticien, dispense en diverses associations professionnelles
de médecins ou d’étudiants (Société médicale de Saint Luc,
Académie d’Éducation et d’Entraide Sociales, Conférence
Laënnec
, etc.
), par la plume ou la parole, un enseignement
moral de la fonction médicale dont sa propre vie, d’ailleurs,
constitue la plus émouvante illustration.

Ses travaux professionnels se divisent en trois catégories :

I° ANATOMIE CHIRURGICALE, EXPÉRIMENTATION
CHIRURGICALE et PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE,

publiées en divers ouvrages en collaboration ou dans les
Revues professionnelles.

2° PATHOLOGIE EXTERNE ET CHIRURGIE,

où se placent, notamment, ceux qui ont fait la renommée de leur auteur :

Les Tumeurs du Colon (1906) ;
Traitement chirurgical du cancer du colon (1907) ;
Précis de Pathologie chirurgicale (1906) ;
Cancer de l’intestin (1923).

3° CHIRURGIE DE GUERRE,

ayant fait l’objet de rapports à l’Académie de Chirurgie
ou en diverses publications spécialisées.

Quant aux travaux ayant trait à l’organisation ou à la
morale de la profession médicale, on les trouve dans la
presse professionnelle ou la grande presse d’intérêt
général. L’ouvrage publié aujourd’hui sous le titre
d’Humanisme et Médecine en est la brillante synthèse.
Écrite dans une langue simple et pure, à la portée du plus
large public, elle résume l’expérience d’une carrière
glorieuse en plein épanouissement aujourd’hui, et
qui demeure au service de l’homme.

TABLE DES MATIÈRES

- Lire le texte intégral de l’ouvrage
- Voir le fac-similé de l’ouvrage


Voir en ligne : http://christian.scherer.com/geneal...


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