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Cécile confie son bébé à Sylvia

Minute "people" ?

jeudi 3 avril 2014, par Guy Lemée

Minute "people"... pas le genre de la lettre Habitat et Collectivités Locales ;-) http://hcl.inventaires.fr
Voici la photo (prise hier avec un smartphone) : Sylvia vient d’accepter le "bébé de Cécile" lors de la passation de pouvoirs : le pavé vert est la Loi Alur...

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Avertissement : Le texte qui suit n’était pas, à l’origine, destiné à publication sur ce blog. Il s’agissait d’un projet d’éditorial rédigé à leur demande par les animateurs d’un bulletin très sérieux diffusé en particulier au sein de l’Administration (Dreal, etc.).

Ce texte a été reproduit et complété par la rédaction de ce bulletin non officiel aussi
le gestionnaire de Cawa.fr, l’excellent Christian Scherer, a jugé bon de le publier ici afin qu’il puisse être commenté... notamment par les abonnés du bulletin en question.

G.L.
http://hcl.inventaires.fr
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On vient d’assister à la passation des pouvoirs entre Cécile Duflot,
jeune ministre verte du Logement qui cède sa place dans des conditions
que vos gazettes ont abondemment commentées, et Sylvia Pinel,
autre jeune ministre - moins connue - radicale (de gauche).

Au delà de la péripétie, il faut bien se résigner à constater
que les ministres passent et que la crise du logement perdure.
L’actuel chef de l’Etat a lui même dénoncé un besoin de l’ordre
d’un million de logements en retard et fixé un cap d’une production
annuelle de 500.000 dont 150 000 logements sociaux (HLM principalement).
Ce n’est faire injure à aucune de nos éminences politiques que de
dire qu’on en est loin...

Tous ou presque s’accordent à dénoncer le pouvoir des maires -
de refuser ou de rendre difficile - la production de logements sur
leur territoire, la complexité grandissante des normes et leur coût,
les facilités de recours de bien des citoyens, voisin ou "écolo"...
La Loi, bref, le pouvoir ne fait pas ce qu’il conviendrait de faire.
C’est toujours un peu la faute aux autres. L’appareil statistique
national lui-même avait fait preuve de cécité, ne voyant pas apparaître
le besoin dans son ampleur, sous estimant gravement le desserement
(plus de ménages donc de besoin de se loger à population donnée).

A la fin des années 1970, l’Etat - politiques et administrations-
ont considéré que la re-construction était largement achevée et qu’il
fallait en quelques sorte, pour l’essentiel, laisser le marché fonctionner.
On voit ce qu’il en est advenu ! La sphère publique, politique,
serait seule responsable ?

C’est aller un peu vite. Il nous semble que la responsabilité est
en réalité très partagée, collective même, alors que ces aspects
sont bien moins étudiés et documenté. On a l’intuition que tous,
au final, ont une sorte d’intérêt à ce que la production neuve
ne soit pas à un niveau suffisant pour répondre aux besoins de
la population de la 5ème (encore ?) puissance économique du monde !

Des voisins qui refusent la construction d’un immeuble au bout de leur rue,
de crainte de voir leur propre propriété déclassée à M. Tout monde
qui s’est endetté fortement - crainte que le système public de retraite
ne soit plus à la hauteur - et contribué en nombre à venir sur le marché
de l’accession à la propriété et ainsi à faire grimper puis maintenir
un prix élevé de l’immobilier, par exemple, ça fini par faire consensus,
même invisible. Et les acteurs directement intéressés que sont les
professionnels, des HLM aux notaires en passant par les promoteurs privés,
banquiers et autres agents immobiliers : tous se sont organisés pour si
ce n’est maintenir cette situation de pénurie, au moins pour en vivre,
et très correctement pour la plupart !

Bref, c’est de cette logique souterraine qu’il faut sortir et les élites
ne se mobilisent guère. C’est que ces questions leur semblent encore trop
souvent relever de la question sociale (ce qui est partiellement vrai)
et que la réalité et les impacts négatifs sur l’ensemble de l’économie
ne leur apparaissent pas flagrants au fond.

Un signe d’espoir peut-être. Les pouvoirs économiques commencent à
se rendre compte que le lien "emploi-logement" avait de graves
conséquences sur leurs affaires...

Guy Lemée

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