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Les immigrants sont plus exposés au chômage

vendredi 17 juin 2016, par Danny Kronstrom

Les immigrants sont plus exposés au chômage
Le taux de chômage chez les immigrants au Québec est plus élevé que chez les non-immigrants. Devrait-on voir dans cette réalité l’indice d’une faible acceptation et d’une moins grande ouverture des employeurs québécois envers eux ? À ce sujet, les statistiques nous montrent que les difficultés des immigrants à trouver une certaine stabilité sur le marché du travail de leur terre d’accueil sont, toutes proportions gardées, similaires d’un pays à l’autre.
Depuis que les chercheurs s’intéressent au phénomène de l’immigration, on observe une surreprésentation des individus exposés au chômage, notamment les femmes, parmi les citoyens originaires d’un pays autre que celui qu’ils habitent.
Même les immigrants ayant obtenu un diplôme universitaire préalablement à leur arrivée au Canada sont plus susceptibles de se retrouver au chômage que ceux qui ont obtenu leur diplôme au Canada.
Les emplois pour les immigrants
Les cas sont nombreux, encore au Québec, où le fait d’avoir un patronyme usuel à l’oreille des recruteurs (Tremblay ou Gagnon par exemple), décuple les chances de décrocher un emploi lorsqu’on doit choisir entre un nom de famille familier et un nom de famille inconnu. Il y a même une hiérarchie dans le chômage des immigrants : ceux issus des communautés arabes, sud-asiatique occidentale ou africaine sont plus exposés au chômage que les autres immigrants, encore là un fait qui dépasse les frontières du Québec.
Ce double standard amène plusieurs individus issus de l’immigration à se percevoir comme un poids pour la collectivité qui les accueille. Ils sentent qu’ils doivent faire plus d’efforts pour réussir et pour travailler que la moyenne.
Cela est d’autant plus surprenant qu’officiellement, le gouvernement insiste sur la nécessaire contribution des immigrants à notre tissu économique et social afin d’assurer la croissance économique et la prospérité. Cependant, il faut noter que le risque de chômage décroît avec l’ancienneté au pays et avec l’acquisition de la nationalité. C’est en soi une bonne nouvelle.
Marché du travail au Québec
Au Québec, l’argument de la démographie justifie largement le recours à l’immigration afin d’augmenter la productivité. Or, l’intégration au marché du travail des nouveaux arrivants est le fruit de la convergence de différents facteurs : avoir les bonnes compétences et la bonne attitude, être bien informé, vivre au bon endroit, maîtriser la langue, se créer rapidement un réseau social, etc. Une meilleure intégration passe nécessairement par le travail.
Les immigrants ont en commun d’être motivés à atteindre un niveau de vie supérieur à celui qu’ils ont laissé derrière eux. C’est cet espoir qui les a poussés à faire autant de sacrifices afin de recommencer une nouvelle vie.
L’accueil des réfugiés syriens aura probablement pour conséquence d’exacerber les problèmes d’intégration et d’acceptation des immigrés sur le marché du travail. Espérons qu’en contrepartie les autorités soient forcées de revoir leurs programmes et que la communauté d’affaires et la société civile dans son ensemble soient encouragées à faire une place plus importante aux immigrants.