ZIRP signifie "zero interest-rate policy". Cette situation intervient lorsque pour lutter contre la dépression, caractérisée par une baisse simultanée des prix et de l’activité, le gouvernement pousse jusqu’à son extrême limite l’arme des taux directeurs de la banque centrale qui est à sa disposition, dans le but de afin de relancer l’activité et l’investissement. En décidant d’une baisse autoritaire des taux, les gouvernements n’incitent pas les acteurs du système bancaire à prêter davantage, bien au contraire, mais elles encouragent les entreprises à emprunter pour investir, et ce sont alors les banques centrales qui prennent le relais en émettant les quantités de monnaie réclamées par les emprunteurs..
Une baisse des taux mal conduite dans une économie globalement interconnectée ne peut conduire qu’à une spirale d’inflation et de dévaluation menant à l’effondrement de la monnaie de celui qui l’aurait décidée.
C’est pourtant la seule réponse rationnelle à court terme d’un gouvernement face à une activité économique qui s’effondre. Mais on voit bien que pour réussir, elle s’accompagne nécessairement d’un contrôle des changes et d’un repli de l’économie sur elle même, repli devenu quasiment inimaginable dans une économie d’échanges devenue globale. En toute hypothèse, ceci suppose un considérable renforcement de l’autorité de l’Etat et de sévères restrictions des libertés individuelles, dont nos démocraties occidentales ont perdu l’habitude ou qui rappellent de mauvais souvenirs.
La théorie capitaliste voudrait que les taux d’intérêts résultent de la libre confrontation de l’offre et de la demande de prêts dans les différents compartiments d’un marché supposé ouvert et fluide. En intervenant pour forcer ces taux à la baisse, les autorités monétaires créent un déséquilibre du marché, et l’allocation des crédits s’éloigne de l’optimum théorique pour obéir à leur propre loi dictée par des considérations opportunistes, politiques, voire politiciennes (sauvetage de telle ou telle banque, de tel ou tel secteur comme l’automobile, de tel ou tel pays, etc...). En termes médicaux, on essaie de faire tomber la fièvre. En termes vulgaires, on appelle cela la planche à billets.
Ainsi la baisse des taux engendre mécaniquement un excès de liquidités qui ne sont gagées sur rien d’autre que la confiance que leurs détenteurs peuvent avoir dans la capacité des autorités monétaires à garantir leur valeur. Ces liquidités entretiennent l’euphorie d’une faune parasite qui s’enrichit sans cause, alimentent une masse d’argent flottant, qui va au gré des vents s’investir dans des bulles spéculatives, comme l’immobilier, l’internet ou des valeurs boursières, générant des mouvements erratiques qui finissent par perturber l’économie réelle qui est au-dessous et qu’elles prétendaient aider.
En toile de fond, dans une telle situation, derrière une baisse des taux se profile par le jeu du marché des changes entre devises une guerre des monnaies, qui profitera en dernier ressort à celle qui sera portée par l’économie qui aura su le mieux résister à la crise et qui en sortira grand vainqueur.
Ce qui est intéressant, et à méditer, c’est qu’en tendant vers un taux d’intérêt nul, ou quasi nul, on se rapproche d’un principe sacré édicté par le Coran, et qui interdit le prêt avec usure.
Les Hedge Funds cèderont-ils bientôt le haut du pavé aux Fonds Islamiques, dans une économie globale devenue enfin plus éthique ?
C.S.
Helicopter Ben
Lire
Censure constitutionnelle d’un article en faveur de la finance islamique (AFP)
Une banque peut en cacher une autre par Richard Labévière
Dévaluations : une guerre des devises durant les fêtes ? (AgoraVox)
Les marchés craignent un effondrement du dollar et de la livre (Le Monde)
Initiative en faveur du développement de la finance islamique en France (MINEIE)
La Fed abaisse ses taux à leur plus bas niveau historique (La Tribune)
L’histoire du taux l’intérêt négatif (Alternatives Economiques)
Search For Stimulus In A ZIRP World by Mike Shedlock (SafeHaven)
Maîtrise des crises monétaires par Sylvain JUTTEAU
Cycles économiques et chronologie des bulles boursières (Daily Bourse)
Japon – Retour vers la ZIRP ? (Natixis)
We are all Islamic bankers now by William Pesek, Bloomberg
Global Agenda : ZIRP Jerusalem Post
"Les imbéciles sont tôt ou tard séparés de leur argent" par John Kenneth Galbraith
Les fonds islamiques à l’assaut de la bourse (mai 2004)
L’usure : ses méfaits et ses répercussions à la lumière du Coran et de la sunna
Observatoire de l’Economie Méditerranéenne : Fonds islamiques
Le système de Law
The Death of Currencies (Obury Research)
Le Cawa d’AdmiNet