Tel le nuage de Tchernobyl, le WiFi libre s’arrêtera-t-il aux portes de la France ? C’est ce que nous font redouter nos plus récentes observations.
J’ai eu récemment l’occasion en circulant dans les pays de l’Est européen, de rechercher des points d’accès à internet sans fil. Voici le résultat :
A l’aéroport de Kiev : WiFi libre et gratuit
Dans un hotel au hasard de Chernigov (ville voisine de Tchernobyl) : WiFi libre et gratuit
A l’aéroport de Budapest : WiFi libre et gratuit
Dans une modeste pension de famille au hasard à Budapest : WiFi libre et gratuit
Pendant ce temps en France, on dépense des fortunes sur les bornes WiFi :
dans les aéroports et hotels : pour installer des systemes de facturation
dans les (grandes) écoles : pour mettre en place des systemes de sécurisation et de protection contre les usages illicites
dans les ministères, la peur que des hackers ne réussissent à percer le mur qui entoure l’intranet, conduit le plus souvent à des mesures de précaution tellement complexes qu’elles équivalent à une interdiction totale du WiFi, sur la recommandation du Haut-Fonctionnaire de Défense et de Sécurité
Aux particuliers, heureux possesseurs d’une borne WiFi qui auraient la générosité de la laisser librement accessible à leurs voisins, on essaie de faire peur en les menaçant de poursuites pénales pour le cas où un inconnu viendrait s’y connecter pour s’adonner à des activités illicites.
A Paris, le réseau Ozone, conçu par Rafi Haladjian pour couvrir les agglomérations de bornes WiFi mutualisées vient d’être racheté par Neuf Cegetel et devient payant. Tandis que notre opérateur historique, chargé de missions de service public, fait un procès à la ville de Paris pour oser offrir du WiFi gratuit dans ses parcs et jardins !
J’avoue que j’ai plaisir à me rendre de temps en temps sur le campus de HEC, voisin de mon domicile de Jouy-en-Josas. J’ai la certitude d’y trouver partout des bornes WiFi en accès libre, comme sur tous les grands campus universitaires qui se respectent et qui ne se font pas des noeuds au cerveau.
Christian Scherer
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