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Une nouvelle monnaie à été introduite en France

à la Libération en 1944



dimanche 9 mai 2010

Source : Beaucoudray, l’histoire, la vie ...

À la libération en 1944, une nouvelle monnaie a été introduite en France. Il s’agissait de tirages américains dits "de Philadelphie" qui comprenait plusieurs valeurs faciales tant en billets qu’en pièces. Voici, à titre d’exemple quelques billets représentatifs de ces tirages. Ces billets étaient destinés à remplacer la monnaie ayant cours sous Vichy, en attendant que l’État Français puisse imprimer ses propres billets et frapper sa monnaie. En fait, cette monnaie a eu cours pendant la durée du gouvernement provisoire de la République Française, du 26 août 1944 au 16 janvier 1947, date de l’instauration de la quatrième république avec Vincent Auriol comme Président. Ils ont été définitivement démonétisés fin 1947. 1944 - Rôle de la monnaie AMGOT en France -

Avant d’évoquer la monnaie issue de l’AMGOT, il convient d’expliquer quel était le rôle de cet organisme. L’AMGOT était l’acronyme de " Allied Military Government of Occupied Territories", c’est à dire Gouvernement militaire allié pour les territoires occupés. Le " Dictionnaire de la Seconde Guerre mondiale " nous explique que l’AMGOT était constitué par un corps d’officiers anglo-saxons, préalablement formé à l’administration des affaires civiles dans des écoles spécialisées, notamment à Charlottesville et à Yale, c’était une organisation qui dépendait des états-majors alliés, dont elle formait une section.

L’AMGOT avait donc pour mission d’assurer l’administration civile des territoires libérés ou occupés par ses forces armées, en Europe comme en Asie. Selon les pays libérés, sa tâche était plus ou moins aisée.

Ainsi les difficultés étaient moindres en Norvège, aux Pays-Bas, au Luxembourg ou en Belgique. Le Danemark et la France ont refusé cette administration, arguant du fait que leurs gouvernements étaient légitimes mais prisonniers de la présence allemande sur leurs territoires. En revanche, l’AMGOT a très bien fonctionné en Sicile et par extension dans toute l’Italie. Des officiers américains étaient désignés pour exercer les fonctions administratives des territoires libérés : maires, préfets, etc.

Une monnaie a été émise en principe pour chaque pays. Concernant le type de billet à fabriquer pour la France, l’inscription " République française " y était initialement prévue. Mais Roosevelt s’insurgea du projet avec sarcasme : " Comment savez-vous quel type de gouvernement en France il y aura après la guerre ? Peut-être sera-ce un empire ou encore une monarchie. Fidèle à mes principes, je ne veux en aucune façon indiquer le type de gouvernement qu’il y aura." En revanche, figura sur ces billets la devise républicaine : Liberté, Egalité, Fraternité.

Ce sont donc ces billets que refusa avec énergie le général de Gaulle, qu’il qualifia de fausse monnaie ! Il l’évoqua d’ailleurs dans ses Mémoires de guerre : " Les troupes et les services qui s’apprêtent à débarquer sont munis d’une monnaie soi-disant française, fabriquée à l’étranger, que le Gouvernement de la République ne reconnaît absolument pas." Quoi qu’il en soit, cette monnaie débarqua bien avec les soldats alliés le 6 juin 1944. La polémique sur la monnaie était alors déclenchée pour plusieurs semaines.

Le 8 juin 1944, le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) adresse une sévère mise en garde aux gouvernements américain et britannique, en précisant qu’ " il ne reconnaît aucune valeur légale aux vignettes qui ont été mises en circulation sans son avis ".

Malgré ces véhémentes protestations, les " billets AMGOT " furent utilisés dans les premières semaines de la Libération par la population normande, toutefois avec une certaine prudence.

François Coulet, premier Commissaire de la République, qui qualifia ces billets de " drôles de dollars décorés d’un drapeau tricolore ", cita un exemple dans un rapport destiné au général Kœnig, commandant des FFL, fin juin : " les contribuables adoptent une grande méfiance à l’égard de cette monnaie d’occupation et cherchent à s’en débarrasser à la première occasion, notamment en payant leurs impôts ". Ainsi sur les 130000 F d’impôts encaissés par la recette-perception de Bayeux, 55000 F le furent avec des " billets AMGOT " ! François Coulet proposa aux banques locales d’accepter cette monnaie supplémentaire, sans la remettre en circulation. Puis il s’en émeut, le 9 juillet, auprès du maréchal Montgomery, qui s’exclama alors : " Qu’est-ce que c’est que cette histoire concernant les billets de banque que nous avons apportés ? On me dit que la population n’en veut pas ? Il faut qu’ils acceptent. Il faut les forcer. C est du bon argent. C’est notre argent !"

Les Alliés utilisèrent les " billets AMGOT ", par exemple, pour dédommager les paysans dont les champs viennent d’être réquisitionnés ou pour rétribuer les personnes embauchées par l’armée pour différents services. Ils circulèrent en France jusqu’à la fin août 1944.

Voir aussi

- Revenons au franc, vite ! (cawa)
- L’Allied Military Government of Occupied Territories (AMGOT) (Academic.ru)

Voir en ligne : http://beaucoudray.free.fr/amgot.htm

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