(A propos d’un article de François EWALD paru dans le journal "Les Echos" le 13 novembre 2007)
En fait, on assiste de plus en plus à un Etat schizophrène, et l’affaiblissement de la fonction de premier ministre liée à la présidentialisation n’y est pas pour rien. Si bien que chaque administration pousse son propre discours dominant, via ses ministres, et que la cohérence d’ensemble en est fragilisée. Ici, le pacte de stabilité monétaire est sacré, là, on fait une relance néo-keynésienne. Ici, le principe de précaution est une aberration vouée aux gémonies, là, il est sacralisé au dessus de tout. Ici, on est pour une politique d’offre, là, on commence par se préoccuper du pouvoir d’achat. Ici, on prône l’indépendance alimentaire, la productivité agricole, la lutte contre la faim dans le monde, là, on interdit tous les OGM. Ici, on est libre-échangiste, là, on demande des protections et des préférences à tout va.
Peut être faudrait-il relire Horace ? Nihil nimium... Et sortir de l’atmosphère de campagne électorale et de primauté de la communication sur les questions de fond. Sinon, ce fin du fin de la politique pour plaire à tout le monde pourrait être la fin des fins. D’ailleurs, M Ewald ne s’y est pas trompé, en prenant comme référence la NEP, qui connut les succès et les suites que l’on sait.
Bref, ce matin, je suis de mauvaise humeur, comme vous voyez.
Tiresias
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