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TULIPE FRAÎCHE

par William VAROQUAUX

mercredi 7 février 2007



TULIPE FRAÎCHE

est un ensemble de deux concepts :

- TULIPE, un véhicule à quatre roues, une automobile urbaine conçue réellement électrique, c’est-à-dire tenant compte des spécificités de cette énergie lourde à stocker dans des batteries, mais remarquablement écologique sur le lieu d’utilisation.

Pour disposer d’une autonomie raisonnable, 60 km actuellement, elle doit embarquer une masse considérable : il y a donc intérêt à la concevoir particulièrement légère et de petites dimensions. Peugeot a lancé un tel concept, de petite voiture en composite de fibres de carbone, Transport Urbain Léger Individuel Personnel Electrique bon marché à produire, pour en faire une seconde voiture, de ville.

Mais disons la vérité : Peugeot n’a jamais cru à son avenir. Ce n’est resté qu’un projet de bureau d’étude, mais qui a permis à Peugeot de faire un joli coup de pub pour pas cher alors même que, pour un résultat médiatique équivalent, Renault a dépensé des milles et des cents avec son expérience de Clio électriques en libre service à partir de la gare de Saint Quentin en Yvelines.

Le véhicule électrique connaît en effet un inconvénient dirimant : un rayon d’action ridicule.

- FRAICHE, une voirie en agglomérations urbaines conceptuellement révolutionnaire : Fonctionnement en Réseau maillé [1] Aéro-souterrain, Individuel sur CHemin Electrifié.

Bon marché, facile à étendre, n’empiétant pas sur le sol, en site propre pour accroître le débit, sans carrefours ce qui permet des véhicules à vitesse constante : une infrastructure très légère, éventuellement constituée de simples monorails, avec des fusions et des éclatements de trafics parfaitement fluides.

Une telle piste, avec de petites voitures urbaines roulant à touche touche à 60 km/h de vitesse de pointe mais également de moyenne, puisqu’elles rouleraient à vitesse constante, équivaut en trafic à une autoroute à 12 voies ! Par ailleurs, en mégapole, - la Région Parisienne, un cercle de 60 km de rayon autour de Notre Dame par exemple [2]

- le développement de voiries automobiles est extrêmement dispendieux. Il faut construire des autoroutes rayonnantes, des parkings, des circulaires puis, les terrains étant urbanisés, des autoroutes souterraines, des autoroutes en viaduc, des parkings souterrains...

C’est ainsi qu’on a imaginé d’accroître les capacités de transit à travers le 16ème de PARIS avec des souterrains, le doublement de la rive gauche du boulevard périphérique par un tablier au dessus de l’autoroute actuelle, un échangeur en souterrain entre le périphérique deuxième couronne et l’autoroute de l’Ouest ! On n’arrive déjà pas à boucler la A 86, qu’il faut déjà lancer une rocade encore plus éloignée...

Pendant le même temps, - force faisant loi - l’Avenue de Neuilly, l’Avenue de la Grande Armée, le Rond Point de l’ Etoile, la Place de la Concorde, les Champs Elysées, les quais Rive Gauche...- ont été transformés en véritables bagnolo-dromes !

Rassurons-nous : le phénomène n’est pas propre à la France. Toutes les mégapoles connaissent le même sort et ne peuvent sortir de l’impasse technico-commerciale de la voiture traditionnelle.

Le paradoxe, c’est que celle-ci est étouffée par son propre succès. Elle est, en effet, sans équivalent pour un déplacement sans ruptures de charge, pour véhiculer des objets avec soi. A deux, à trois, à quatre, à cinq, avec des enfants...

Mais elle coûte très cher. A l’achat, et surtout en carburant, en infrastructures pour le déplacement, pour la garer [3] .... C’est qu’elle est très vorace en espace, l’espace qui est si rare, donc cher, en agglomération.

Elle est de plus terriblement polluante. Polluante en air, avec ses émissions. Mais aussi en bruit...

Elle est très dangereuse. C’est en agglomérations que le tribut de vies, pour satisfaire ce nouveau dieu, est le plus élevé.

Enfin, last but not the least, la voiture, donc le transport dépend à 98,5 % du pétrole. Un pétrole qui deviendra à l’avenir dépendant exclusivement, pour son approvisionnement, de pays politiquement peu fiables : l’Arabie Saoudite, l’Irak, les Emirats Arabes Unis, l’Iran..., pétrole donc coûteux.

D’où l’interêt de TULIPE...

En pratique un tel réseau ne pourrait être exploité qu’en voie propre. On évite ainsi toutes les difficultés que provoquent les obstacles. Le monorail aérien, un peu à l’image de la desserte d’Orly avec Orlyval, mais mieux encore de l’aéroport de Francfort sur le Rhin, constitue la voirie la moins onéreuse, surtout si n’y circulent que des véhicules légers, de faible gabarit, à une vitesse limitée.

Le débit de telles pistes est colossal si les véhicules y circulent à vitesse rigoureusement constante, sans s’arrêter. Certes, un tel Système ne peut accepter aucun croisement, mais, à l’instar des autoroutes, il permet des éclatements et des fusions de débits.

- Pour garantir le synchronisme des véhicules, une solution consisterait à les guider par de véritables cables d’ARIANE, électroniques mais virtuels, à vitesse rigoureusement constante, 60 km/h par exemple sur lesquels se positionneraient en permanence les véhicules roulants.

Comment ces TULIPEs seraient-elles mues sur FRAICHE ? Un moteur électrique linéaire serait la solution la plus moderne. Mais beaucoup trop onéreuse. On peut penser utiliser les moteurs de traction de chaque véhicule, en les alimentant en électricité par la piste, à l’instar des métros parisiens. Cette alimentation électrique permettrait, de plus, de recharger les batteries des TULIPEs, de permettre le chauffage des cabines et comme fluide énergétique pour les applications dans l’habitacle : informatique, téléphone, radio/télévision/vidéo...

Un contrôle-commande de chaque TULIPE par rapport à un point de référence sur le cable virtuel de guidage ARIANE se déplaçant à vitesse constante assurerait la parfaite régularité du trafic, en évitant les coups d’accordéon de la conduite par rapport au véhicule précédent, avec une alimentation électrique des moteurs électriques pour animer les TULIPE qui serait assurée par FRAICHE.

L’éclatement de trafic ne pose aucun problème : un simple aiguillage télécommandé. Mais la fusion de trafics est une autre paire de manches, car il faudrait que les véhicules s’intercalent, sans avoir à modifier leur vitesse.

Deux solutions devraient être explorées :

- Dès l’embarquement d’une TULIPE sur le Système, vérifier que tous les trafics fusionneront entre eux, le tout comme de véritables engrenages, tout le long de l’itinéraire retenu. Il suffit pour cela d’un Big Brother à qui serait indiqué toutes les destinations, à l’embarquement de tous les TULIPEs, et qui n’accepte un véhicule supplémentaire que s’il y a un créneau libre tout le long du trajet retenu jusqu’à la station de destination.

Un peu à l’image d’Internet, les trajets ne seraient pas imposés, puisque Big Brother peut tirer parti de la structure en réseau maillé du Système. Ce n’est qu’une question de combinatoire, sachant que le débit sur une piste est une donnée capitale, les itinéraires variés, et que la voirie resterait donc largement disponible [4] .

- Mais si le succès multiplie les mailles, accroît les transits et les fusions, bref rend plus hasardeuse la combinatoire, peut-être faudrait-il envisager des aires d’attente provisoires entre chaque zone urbaine FRAICHE ? Ce pourrait être typiquement le cas si le transport dual [5] de véhicules légers venait à se généraliser à de véritables autoroutes interurbaines : dans ce cas, la vitesse de transit pourrait être très supérieure, 120, voire 150 km/h, rendant indispensables des zones tampons.

Chaque station finale serait communiquée à un ordinateur central, et les stations de débarquement, judicieusement placées, aux centres de gravité des destinations finales afin de minimiser le trafic des TULIPEs sur la voirie traditionnelle. Ces stations de débarquement devraient prévoir l’échappement des véhicules en roue libre, et suffisamment dégagées pour qu’il n’y risque pas d’embouteillages ce qui entraînerait, évidemment pour des raisons de sécurité, l’arrêt de tout le Système.

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FRAICHE permet deux autres développements possibles :

- l’utilisation en tant que Système totalement public, pour des particuliers qui se rendraient à pied dans une station d’embarquement afin de prendre une cabine inerte vers une simple station de débarquement,
- mais aussi le taxi libre service. Il suffirait d’appeler une TULIPE, qui se rendrait automatiquement sur le Système d’un lieu de stockage à un lieu d’embarquement, où le client pourrait alors prendre possession de son véhicule de location, les batteries chargées. Avec une seule contrainte : restituer le véhicule à une station de FRAICHE.

Bref, en résumé, mieux que le symétrique de l’expérience RENAULT Clio’s électriques de Saint Quentin-en-Yvelines.

Pour rendre cette dernière application vraiment tentante, il serait souhaitable d’avoir une densité surfacique suffisamment grande de stations de FRAICHE aux lieux de forte demande.

Car, sur le système FRAICHE, point ne serait besoin que les TULIPEs soient conduites par des humains.

Les deux concepts TULIPE et FRAICHE sont indépendants, mais très complémentaires. Ils portent, l’un sur les véhicules urbains, l’autre sur le développement de la voirie dans toutes les mégapoles un tant soit peu importantes.

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Bien entendu, les propos précédents n’ont pas pour vocation de proposer un concept nouveau, complétement opérationnel, sur tablette. Ils n’ont pour objet que d’esquisser une solution possible, et techniquement réalisable puisque sans impasses technologiques, à un coût raisonnable. Dès lors, il y a place pour un grand concours, afin de dégager un projet optimisé, avant des opérations pilotes.

La France,-on l’a déjà noté-, est bien placée pour faire émerger des concepts nouveaux. Ils nécessitent une bonne coopération entre élus locaux, industriels privés ou publics, en l’occurrence

Peugeot, Renault &/ou Alstom, EDF et Instituts de Recherche, l’Inrets dans le cas présent, des concepts juridiques favorables, comme celui de Déclaration d’Utilité Publique en Conseil d’Etat, favorisés par la vision jacobine de l’Etat, pour y booster les projets structurants.

La vision Pompidolienne de la politique industrielle est un plus, qui a donné d’excellents résultats :

- Le réseau téléphonique numérique et son avatar le Minitel,
- le TGV,
- Airbus,
- Ariane-Espace,
- les techniques d’exploration/production pétrolières offshore,
- le mini-métro VAL de MATRA,
- le programme électronucléaire REP,...

sont des exemples de l’efficience de l’organisation industrialo-politico-administrative de la France.

Les américains, pragmatiques, nous ont envié notre programme électro-nucléaire civil, en parlant du French Cooking avec son trépied :

- Industrie (EDF, Framatome, CEA, Cogema...),
- Administration (Le Contrôle de la Sûreté Nucléaire, l’Aménagement du Territoire,...),
- Monde Politique (animé par le Conseil d’Etat, et sa force de frappe : la DUP).

BRUXELLES pourrait arroser avec ses € dédiés à la recherche.

William Varoquaux


le lundi 3 juillet 2006

Quelles spécifications techniques pour Fraîche ?

Une voie en site propre dans des agglomérations,
- Mais avec une emprise minimale au sol
-> Aérien pour l’essentiel (et souterrain dans les sites sensibles), mais à un coût très faible, par rapport aux infrastructures de voirie classiques.
- aux spécifications dimensionnelles économiquement peu contraignantes : virages étroits, pente de montée/descente élevées, gabarit restreint, -> Faible coût d’infrastructure, facilement insérable dans un environnement existant,

Un très gros débit :
- Vitesse uniforme des véhicules, et véhicules à touche-touche,
-> Pas de carrefours, mais des échangeurs,
- Pbs des séparations/fusions de flux (i.e centralisé, avec autorisation d’entrée dans le système si possibilité d’insertion ultérieure dans un trafic, sans contraintes : combinatoire)
- Des automobiles sans trop de maintenance technique, avec des spécifications dimensionnelles/masse précises (Tous les véhicules de types homologués sont admis),

-> Un Système d’infrastructures duales , dont le réseau FRAICHE avec des stations d’entrée / sortie / intermédiaires, totalement dédié à des véhicules TULIPEs où,
1°/ les véhicules roulent sur une piste équipée d’une alimentation électrique ; ils sont animés par des moteurs électriques à vitesse constante régulés finement par un cable virtuel électronique "fil d’Ariane" dont le rôle n’est que d’assurer une distance et une vitesse rigoureusement constantes des TULIPEs entre elles, et donc une insertion sans heurts dans des fusions de trafics.
2°/ Un système de Contrôle Commande assez évolué, sur chacun des TULIPEs, pour prendre en charge le pilotage pour contrôler les moteurs électriques de traction qui équipent chaque véhicule, assurer, en permanence, la stricte distance entre les véhicules et permettre un fonctionnement "en engrenage" aux fusions de trafics.

Facilement modifiable pour maintenance/extension/entretien lourd : fonctionnant facilement en réseau dégradé, et facilitant l’extension/évolution du Système
-> Réseau bouclé, maillé, ouvrant l’accès à la combinatoire.

En conclusion : un système d’infrastructures qui semble techniquement accessible, a priori économique, mais avec encore quelques interrogations :
- Stations d’embarquement/débarquement idoines,
- Zônes tampons (d’un système à un autre),
- Cables virtuels électroniques, fils d’ARIANE que suivent les mobiles, comme physiquement accrochés, pour permettre sans problèmes les insertions de flux,
- Et, bien entendu, véhicules automobiles privatifs. Mais plus FRAICHE est facile à étendre, moins l’autonomie de ces véhicules électrique n’a un caractère bridant, rendant possible sinon souhaitable des véhicules à batteries technologiquement simples, donc bon marché.

Son marché dépend des solutions en concurrence, mais l’on peut imaginer que TULIPE FRAICHE s’insère, au plan marketing,
- jusqu’à déplacer tout le marché des véhicules personnels urbains, cantonnant la voirie classique (autoroutes, voies express urbaine,...) aux camions /camionnettes transport/livraison lourde.
- Une concurrence devrait également naître avec les transports urbains publics traditionnels (Autobus, Tramway, Métro, RER, Train, ...) qui ont les inconvénients suivants :

  • lourdeur et coût des infrastructures,
  • attentes à chaque changement de mode de transport,
  • multiples ruptures de charges.


[1] A l’image du réseau électrique THT.

[2] Mais l’on retrouve la même problématique, des pays les plus développés New York City, San Francisco, Los Angéles, Londres, Hong Kong, Tokyo, Shan’Haï, New Dehli..., aux pays en voie de développement la Cuitad de Me’hico, Rio de Janeiro, Singapour, Kuala Lumpur, Manille, le Caire, Bei’jin, Sao Paulo..., et même aux pays pauvres, Calcutta, Dehli...

[3] A Tokyo, l’Administration réclame une place de stationnement avant de délivrer une immatriculation. La place de parking y est plus onéreuse que la bagnole !

[4] On connait très peu d’autoroutes à 12 voies de par le monde : ce serait pourtant la capacité d’une simple piste FRAICHE.

[5] C’est la voirie traditionnelle d’une part, et le système automatisé FRAICHE de l’autre.

Voir en ligne : http://www.cawa.fr/ecrire/articles....


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