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Systématique des abeilles sauvages dans la région de Tébessa 2008.

Contribution a l’étude systématique des abeilles sauvages hymenoptera apoidea dans la region de Tebessa duran l’année 2008

dimanche 9 mai 2010, par naddouche



Résumé

Cette présente étude consiste à inventorier la faune des apoïdes dans le milieu nature. Elle a été menée dans trois stations de la région de Tébessa. Les observations ont été conduites de Février jusqu’à juin 2008. Cet inventaire a permis de mettre en évidence la présence de 69 espèces d’abeilles sauvages, repartis entre quatre familles : Apidae, Andrenidae, Megachilidae, Halictidae. La famille prédominante est celle des Apidae (68%). elle est suivie par la famille des Andrenidae (17%), les Megachilidae (12%), et les Halictidae (3%). L’analyse écologique à partir des indices écologiques de structure montre que l’indice de SHANNON-WEAVER vaut 4.60 bits. L’indice de LEGENDRE et LEGENDRE égal à 6% et l’indice de GRENNBERG égal à 0.94. Ceci a montré que le peuplement des abeilles est diversifié. Les résultats sur la phénologie des familles et des espèces d’abeille ; montrent que la plupart sont bien représentées au mois de mars où on observe la floraison d’un nombre maximal d’espèces végétales. L’étude des chois floraux des abeilles en milieu naturel a montré que ces apoïdes ont une préférence marquée pour les Labiacae (38.10% de visites) et les Resadacae (16.18%).

Aricle L’inventaire des abeilles sauvages qui a été réalisée dans le milieu naturel, dans trois stations de la région de Tébessa a permis de capturer 803 spécimens comprenant 17 genres et 69 espèces. Ces genres et espèces appartiennent à quatre familles : Apidae, Megachilidae, Andrenidae et Halectidae. Nos résultats corroborent les travaux menés à Constantine de LOUADI (1999) et AGUIB (2006) pour ce qui concerne l’absence des deux familles : les Colletidae et les Melittidae.

Contrairement, BENARFA (2004) mentionne la présence dans la région de Tébessa d’une espèce de Melittidae : Dasypodae sp. Car elle a effectué son échantillonnage durant toute l’année. De leur cotés, MAATALLAH (2003) signale la présence des Melittidae dans la région de Skikda. En effet la famille des Melittidae est, en nombre d’espèces, l’une des plus petites familles communément reconnues au sein de la super-famille des Apoidea. (MICHEZ, 2002).

L’absence de cette famille dans le présent travail pourrait s’expliquer par la répartition saisonnière qui s’articulait sur le printemps et l’hiver alors que l’apparition de cette famille n’est possible que pendant l’été, précisément en hautes températures.

BENARFA (2004) qui a étudié les apoïdes de la région de Tébessa, a signalé plusieurs espèces qui figurent dans le présent travail à savoir : Eucera notata, Eucera numida, Eucera oraniensis, Anthophora plumipes, Amegilla quadrifasciata, Tetralonia alternans, Xylocopa violacea, Bombus terrestris, Andrena albopunctata, Andrena agilissima, Andrena nigroaenea, Andrena thoracica, Osmia cornuta, Osmia notata, Megachile apicalis, Halictus fulvipes, Halictus rufipes, Halictus scabiosae et Lasioglossum aegyptiellum.

La famille des Apidae est la plus abondante, elle est représentée par 29 taxons. En fait, nous avons adopté la nouvelle classification de MICHENER (2000) qui a fait verser tous les représentants de la famille des Athophoridae dans celle des Apidae. Cette dernière est représentée par 29 taxons appartenant aux genres : Eucera, Anthophora, Amegilla, Melecta, Tetralonia, Xylocopa et Bombus.

Parmis les Eucerini en compte dans le présent travail 8 espèces. Eucera elongatula n’est pas cité par BENARFA (2004) dans la région de Tébessa mais elle est signalée à Constantine par AGUIB (2006). D’après BANASZAK et RASMONT (1994) Eucera elongatula est une espèce typique de l’Algérie et du Maroc.

L’espèce Anthophora plumipes est signalée par BENARFA (2004) à Tébessa et par AGUIB (2006) à Constantine sur plusieurs plantes spontanées. , elle est aussi signalée dans le présent travail.

Par contre l’espèce Melecta luctuosa signalée dans le présent travail avec14 spécimens, n’est pas signalée par AGUIB 2006 dans la région de Constantine et signalé par BENARFA 2004 dans la région de Tébessa comme Melecta sp.

La famille des Andrenidae est représentée par 19 taxons appartenant aux genres Andrena et Panurgus. Le genre Andrena est représentées par 17 espèces dont plusieurs ne sont pas signalées par BENARFA (2004) dans la région de Tébessa, il s’agit par exemple d’Andrena carbonaria, Andrena falvipes, Andrena combinata, Andrena angustior et Andrena biareolina (logopus) tandis que le genre Panurgus est représenté par deux espèces dans le présent travail et par une seule espèce dans le travail de BENARFA (2004). La répartition des espèces de ce dernier genre parait limitée en Algérie. Selon PATINY (2002) les Panurginae présentent une concentration et diversité dans les parties Xériques et Xéro-montagnes dans l’ancien monde.

La famille des Megachilidae se constitue de 12 taxons appartenant aux genres Chalicodoma, Osmia, Megachile et Rhodanthidium. Cette famille engendre l’espèce Osmia cornuta LATREILLE (1805) qui est une nouvelle pour la faune de l’Algérie car elle n’a pas été signalée par les auteurs du début du siècle ni par LOUADI (1999) mais cette espèce est signalé par BENARFA (2004) dans la région de Tébessa.

La famille des Halictidae se compose de 9 taxons appartenant aux genres Halictus, Lasioglossum et Sphecodes . Parmi les espèces recensées, il nous semble à priori qu’un taxon na pas été cités par les auteurs du début du siècle (SAUNDERS, 1908 ; ALFKEN, 1914 et SHULTHESS, 1924) il s’agit de Lasioglossum aegyptiellum Smith, 1853 cette espèce est signalé par BENARFA 2004 dans la région de Tébessa.

Il apparaît donc à l’issue de cet inventaire taxonomique que les espèces énumérées ne présentent probablement qu’une partie de la faune des apoïdes de Tébessa, et que la diversité des espèces d’apoïdea dans cette région est influencée par les facteurs climatiques, et la présence des ressources florales. D’après RASMONT et al. (1995), le Maghreb en général et l’Algérie en particulier présentent une diversité proche de celle de Californie.

Louadi (1999) fait mention (à l’exception de l’abeille domestique Apis mellifera) 3897 spécimens à Constantine, repartis entre cinq familles (Apidae, Andrenidae, Megachildae, Halictidea et Anthophoridae), 07 sous famille, 18 genres et 55 espèces.

Benarfa (2004) qui a étudié la région de Tébessa signale 45 espèces qui se repartissent sur six familles, dix sous familles ,21 genres et 409 spécimens).

Dans le présent travail 69 espèces appartenant aux quatre familles ont été recensées. Les Apidae donnent le plus grand nombre de pourcentage d’individus (68%), les Andrenidae (17%) suivie par les Megachilidae (12%) et les Halictidae (3%). Le nombre d’apparition par taxons par famille montre (42.02%) pour les Apidae, (27.53 %) pour les Andrenidae, (17.37%) pour les Megachilidae et (13.04%) pour les Halictidae.

La qualité de l’échantillonnage (a/N) basée sur le nombre d’espèces rencontrées une seule fois avec un seul exemplaire durant la période d’étude (février à juin 2008) vaut : 0.028 à Bekkaria, 0.024 à Hammamet et 0.051 dans le Campus. La valeur de la qualité pour toutes les stations est égale à 0.034. Notre valeur de (a/N) tend vers 0. En conséquence notre échantillonnage a été de bonne qualité. Généralement dans les travaux sur les apoïdes, les auteurs trouvent des valeurs de (a/N) très proche de 0. BENARFA (2004) dans la région de Tébessa trouve une valeur de (a/N) vaut 0.0097, AGUIB (2006) dans la région de Constantine note une valeur de qualité (a/N) égale a 0.075 et MAATALLAH (2003) dans la région de Skikda trouve une valeur de (a/N) qui vaut 0.014.

Nous avons utilisé l’indice de Shannon-Weaver pour mesurer le spectre de l’abondance de l’abondance relative des espèces d’apoïdea présentes, cet indice égal à 4.60 bits. Ceci signifie la diversité de la faune des apoïdes dans la région de Tébessa durant la période d’étude.

L’équitabilité vaut 0.47 et la diversité est de 0.94 d’où on peut déduire que le peuplement des apoïdes est équilibré entre eux. BENARAFA (2004), l’ors de son étude sur la faune apoidienne de la région de Tébessa trouve une valeur de H’ égale à 5.07 bits et une valeur moyenne de E = 0.58 (ces résultats sont proche des notre). Dans la région de Constantine AGUIB (2006) obtient une valeur de H’ = 5.00 bits et une valeur moyenne de E = 0.83 et LOUADI (1999) a trouvé H’ égale à 3.31 bits et une équitabilité égale à 0.57.MAATLLAH (2003), trouve dans la région de Skikda une valeur de H’ égale à 4.25 bits et E = 0.82.

Dans notre étude l’indice de concentration de LEGENDRE et LEGENDRE (C) est égale à 0.06 donc la probabilité de trouver deux individus appartenant à la même espèce est très faible (6%), l’indice de GREENBERG (D) est proche de 1 (0.94). Ceci traduit une grande diversité dans le peuplement des apoïdes. Ceci corrobore les travaux de BENARFA (2004) dans la région de Tébessa qui mentionne une valeur de l’indice de LEGENDRE et LEGENDRE égale à 0.03 et l’indice de GREENBERG élevé de 0.97.

JACOB-REMACLE (1990) souligne que les abeilles solitaires se rencontrent dans tous les milieux. Elles fréquentent surtout les habitats ouverts et ensoleillés et la présence d’une flore diversifiée est indispensable de même que l’existence de site de nidification appropriée, et nos stations d’échantillonnages répondent à ces conditions.

Concernant la phénologie des apoïdes on remarque que la plupart des familles d’apoïdes et des espèces sont actives durant la période printanière, de Mars à Mai. C’est au mois de Mars et Avril qu’on rencontre un nombre maximal d’apoïdes. Ceci s’explique par la floraison de plusieurs espèces végétales.

Selon LOUADI (1999) et BENARFA (2004), la plupart des familles et des espèces d’apoïdes observées sont très bien représentées au mois d’avril. Dans le présent travail c’est au mois de mars que les apoïdes atteignent un taux d’apparition très élevée.

Les Apidae, les Andrenidae, les Megachilidae et les Halictidae montrent un taux d’apparition très élevée le mois de mars. Les Megachilidae et les Halictidae ne sont pas présents le mois de Mai.

Dans le présent travail les Apidae présentent en un grand nombre le moi de février et mars, contrairement à ce qui est confirmés par LOUDI (1999) et BENARFA (2004) que cette famille est en un grand nombre le moi d’avril et juin.

Pour la famille des Megachilidae, AGUIB (2006) signale que les espèces de cette famille n’apparaissent qu’a la fin de mois de mars pour atteindre leur pic au mois de juin, alors que dans le présent travail cette famille apparaisse le moi de février et atteindre leur pic le moi de mars.

En ce qui concerne la phénologie des espèces, la période d’activité des abeilles sauvages varie d’une espèce à l’autre. On trouve des espèces qui ont une période de vol longue et chez d’autres, elle est très courte.

La plus part des espèces d’apoïdes observées durant la période d’étude sont très bien représentés aux mois de février et mars. La période de vol des espèces des Apidae diffère d’un taxon à un autre, certaines espèces volent entre février et avril comme Anthophora sp2 et Anthophora sp3, d’autre entre mai et juin comme Amegilla quadrifasciata, Eucera sp3 et Anthophora sp11, d’autres vol en un seul mois, comme Tetralonia alternans le moi d’avril, Xylocopa violacea le moi de mai et Nomada lathburiana le moi de mars.

La période de vol des espèces des d’Andrenidae est entre février et avril ou seulement en juin. On remarque l’absence des espèces de cette famille le mois de mai ce qui est aussi remarqué pour la famille des Halictidae.

Pour les Megachilidae on remarque l’absence des espèces de cette famille durant les mois de mai et juin ; et que presque tous les espèces volent le moi de mars et avril comme : Osmia tricornis, Osmia ferruginea, Osmia notata, Megachile apicalis et Rhodanthidium sp.

La période de floraison des plantes spontanées peut varier d’une année à l’autre. Selon BENISTON (1984) le climat est un facteur déterminant surtout pour ce qui concerne la végétation. Le rythme des pluies, les écarts de températures, la fréquence et natures des vents affectent le cycle de floraison. La plupart des plantes fleurissent pendant la période printanière à l’exception de quelques plantes qui fleurissent le mois de janvier.

Nos résultats obtenus durant la période d’étude, ont permis d’évaluer le taux des visites florales effectuées par les familles d’apoïdea sur les différentes familles botaniques et ont montré que chaque espèce a ses propres exigences florales.

Selon nos observations, les familles végétales les plus visitées par l’ensemble des abeilles sauvages sont : Les Labiatae 38.10 %, les Resedaceae 16.18 %, les Asteraceae 11.19%, Brassicaceae 9.49% , les Boraginaceae, scrofulariaceae et les Thymelaeaceae ont des taux des abeilles respectivement de 6.72% , 6.47% et 6.35%.

L’étude de BENARFA (2004) dans la région de Tébessa, fait ressortir plutôt les Asteraceae qui sont les plus visitées par les familles d’apoïdea avec un pourcentage de 59.86%, suivies des Labiatae 12.46%, les Rosaceae 8.31% et les Malvaceae 7.09%.

Selon LOUADI (1999), les labiatae occopent la premiere place par 73%, suivies par les Asteraceae 13.5% et les Malvaceae 3.9 %.

Dans notre étude les Labiatae attirent (32 espèces) visiteuses , les Boraginaceae (22 espèces) les Resedaceae et Asteraceae (16 espèces), les Thymelaeaceae ( 15espèces ) les Brassicaceae (14 espèces), les Papaveraceae (13 espèces), les Globulariaceae (8 espèces) et les scrofulariaceae (2espèces).

Les familles botaniques les plus visitées par les différentes familles d’apoïdes sont : Les Labiatae avec 68.42% des Megachilidae ,34.79 % des Apidae, 31.38 % des Andrenidae et 32 % pour les Halictidae. Les Resedaceae concentrent 19.41% des visites par les Apidae et 17.51 % par les Andrenidae. Les Papaveraceae sont surtout visitées par les Halictidae avec 40% et 4.37% pour les Andrenidae. La famille des Asteraceae est principalement visitée par les Megachilidae avec 17.89%, les Halictidae avec 12 % et les Apidae avec 11.53%.

Le plus grand taux de visite est enregistré par les Apidae (546) sur 10 espèces végétales, les Andrenidae (137) sur 9 espèces végétales et les Megachilidae (95) sur 7 espèces végétales.

BENARFA (2004) mentionne 134 visites par les Halictidae sur 33 espèces végétales et 130 visites par les Anthophoridae sur 32 espèces végétales, alors que LOUADI (1999) rapporte que les Anthophoridae sont les prédominants par 2161 visites sur 15 espèces végétales devant 753 visites effectuées par les Halictidae sur 13 espèces végétales.

D’après ces résultats, on note que les abeilles ne visitent pas n’importe quelle fleur ou n’importe quelle famille végétale mais elles présentent un choix sélectif ou un choix floral. MICHENER (1979) ET JACOB-REMACLE (1989) font remarquer que certaines plantes attirent beaucoup plus d’espèces d’abeilles que d’autres. Ceci serait du a la nature des essences des fleurs et de leurs morphologies. Selon VAISSIERE et al (2005) seules les fleurs pollinisées par les abeilles présentent des pièces florales richement colorées. Au contraire, les plantes à cycle court qui se développent rapidement et dont la pollinisation sexuée ne fait pas appel aux insectes (comme les graminées) ces espèces ont des fleurs très petites qui ne sont presque jamais visitées par les abeilles.


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