(source : le Monde du 22 juillet 2010 – courrier des lecteurs)
Francophonie
Le français en danger
Le courrier du jour « Rang de la France » publié le 20 juillet dans le dans le prolongement de l’article « Cessez d’affaiblir le Quai d’Orsay ! » (Le Monde du 7 juillet 2010) mérite un complément d’information pour comprendre les raisons du démantèlement du réseau culturel de la France Pour développer un réseau culturel fondé sur l’enseignement et la promotion du français, il faut a minima croire à la capacité de rayonnement de notre langue et avoir la volonté de maintenir au français sa place parmi les « grandes » langues.
M, Kouchner ne croit absolument pas à la capacité de rayonnement du français et est persuadé du contraire. Il suffit à ceux qui en douteraient de lire ce qu’il écrit lui-même dans son livre Deux ou trois choses que le sais de nous (Robert Laffont, 2006) et référencé sur le portail du ministère des affaires étrangères. Je le cite, page 151 « La langue française n’est pas indispensable : le monde a bien vécu avant elle. Si elle devait céder la place, ce serait précisément à des langues mieux adaptées aux besoins réels et immédiats de ceux qui la délaisseraient » Cette phrase, qui résume la position du ministre chargé aussi de la francophonie, est extraite du chapitre intitulé : « L’anglais, avenir de la francophonie » . Ce qui autorise son homologue britannique, Chris Bryant, à dire au Parlement anglais. « Le français est une langue inutile ».
Jean-Loup Cuisiniez
Chartres
Le texte en question ne m’est pas inconnu, car il me semble bien l’avoir lu, en son temps, comme "brève" sur le site d’AOL (ou peut-être d’un autre FAI).
Bien entendu, il ne laisse pas d’être inquiétant. On pourrait attendre plus d’efforts de la part du principal représentant de la France, et partant de la francophonie, à l’étranger.
Cela dit, pour moi les deux outils ou vecteurs de notre culture dans le monde, sont l’Alliance Française (depuis 1883) et aussi les Centre Culturels Français, dont l’origine remonte à plus d’un siècle (Cf. un "récent" rapport alarmant sur les centres culturels français à l’étranger ).
Je pense qu’il serait bon de suggérer aux organismes et institutions qui sont concernées par le développement ou le maintien de la culture francophone dans le Monde, de faire une étude sur l’évolution des deux "outils" que j’ai cités, sinon depuis leur origine, mais du moins depuis le début de l’actuelle Cinquième République.
Il serait intéressant de voir comment en un demi-siècle, ils se sont propagés, ou au contraire repliés, sur les cinq continents, avec quels personnels, quels crédits, quels publics et quels résultats.
Ayant vécu quatre années en Afrique francophone, j’ai entretenu d’excellentes relations avec notre Centre Culturel, qui me fournissait en copies de films pour une cinémathèque que j’animais, et où avec d’autres collègues nous avions monté un cours d’initiation aux échecs, pour les jeunes.
Il va sans dire que lors des tournées théâtrales de compagnies françaises ou de conférences sur la France et sa culture, nous étions au premiers rangs des spectateurs !
Et je connais nombre de personnes, retraitées ou proches de l’être, qui seraient heureuses d’apporter leur contribution à ces organismes, s’ils avaient des projets à leur proposer.
Jean Joskowicz
Président de l’AFISI
Voir aussi
Le français n’a plus la cote auprès des élèves britanniques (BBC)
Les ratés de la diplomatie culturelle française (les Echos)
Rapport d’information sur les centres culturels français à l’étranger
Observatoire européen du plurilinguisme
Hégémonie linguistique : pourquoi il faut résister par Jean-Loup Cuisiniez
Le Cawa d’AdmiNet