Pour beaucoup d’observateurs, la conquête de l’infiniment petit représente pour l’humanité un enjeu d’importance comparable à celui que représenta jadis la conquête de l’espace.
Dans un monde fini, où l’espace commence à manquer, et où les exigences du développement durable nous poussent à toujours faire plus avec moins de matière, il devient de plus en plus intéressant de repousser les limites de cette nouvelle frontière que représente désormais l’infiniment petit.
Inévitablement, les nanotechnologies font peur, comme firent peur jadis les grandes découvertes : le chemin de fer, l’atome, les manipulations génétiques.
Pourtant les applications potentielles des nanotechnologies dans de nombreux domaines sont porteuses d’espoir.
Ainsi Toshiba va commencer à produire au cours de l’automne 2008 de nouvelles mémoires flash de 4Go utilisant un process de gravure en 43-nanomètres.

La loi de Moore, qui constate le doublement tous les 18 mois de la puissance de traitement et de la capacité des mémoires informatiques, à encombrement égal, ne s’est jamais démentie depuis 1959, nous laisse entrevoir une course à la petitesse des circuits, seul moyen possible d’assurer une demande croissante.
Des questions éthiques ne vont pas manquer de se poser : quelle égalité des chances entre un enfant disposant de moyens de décupler sa mémoire et sa capacité de raisonnement et un enfant qui en serait démuni ?
La course à la miniaturisation permet également une économie de consommation d’énergie. Les nouveaux circuits qui vont apparaître, si on prolonge les tendances jamais démenties depuis 1959 seront si petits et si peu gourmands en énergie que l’on peut commencer à envisager de les introduire sous la peau des animaux et de les alimenter par un prélèvement sur les sources d’énergie, biochimiques ou autres, qui y sont déjà présentes. Si on considère qu’un être humain adulte dégage vers l’extérieur un flux d’environ 100 watts d’énergie thermique, on trouvera certainement à l’intérieur l’énergie nécessaire pour alimenter une petite prothèse lui permettant qui multiplier ses capacités de mémoire et de raisonnement, à commencer par une horloge, un calendrier, un GPS, et toutes sortes de ressources que l’on emmène aujourd’hui dans la poche avec un Blackberry.
Selon le cabinet d’études américain Lux Research, les produits issus des nanotechnologies vont peu à peu se généraliser et pourraient représenter un marché de 3 000 milliards de dollars en 2015. Une telle extrapolation n’est pas pas irréaliste, surtout si on imagine que cette somme pourrait inclure une la plus grande partie des technologies de traitement, de stockage, voire de transfert de l’information, mais aussi une part significative d’autres secteurs en plein essor comme les biotechnologies, les agro-industries, la biochimie, la biomédecine, etc ...
Une condition de l’acceptation sociale des nanotechnologies est que le plus grand nombre y trouve rapidement un avantage, comme ce fut le cas pour les téléphones portables, qui sont tellement pratiques à utiliser que personne ne s’est demandé au début s’il pouvait être dangereux d’approcher une source de micro-ondes à quelques millimètres du cerveau.
A la suite du colloque de la Cité des sciences, les 19 et 20 mars 2007, le gouvernement français a annoncé l’ouverture d’un débat public , qui devrait permettre d’éclairer l’opinion face aux opportunités, mais aussi face aux risques éventuels des nanotechnologies.
C. S.
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