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Qu’est-ce que la médecine peut comprendre à "l’hyperactivité chez l’enfant" ?

vendredi 20 mars 2015, par Thierry-Ferjeux Michaud-Nérard

Lorsqu’il est question de "l’hyperactivité chez l’enfant", les enseignants sont souvent victimes de leurs jugements à l’emporte-pièce, fondés sur des opinions trop souvent irrationnelles et subjectives.

Le fait est qu’une connaissance approfondie de la réalité familiale et sociale de "l’hyperactivité chez l’enfant", et des enjeux familiaux très complexes qui l’entourent, manque souvent pour aider à la réflexion des enseignants et des parents. Si le problème de "l’hyperactivité chez l’enfant" désoriente trop souvent parents et enseignants, il occupe, dans les consciences des enseignants et des parents, une place singulière qui suscite des débats parfois passionnés ; mais qui manquent souvent de rigueur. La compassion obligée, affichée sur le plan médiatique, par des soi-disant spécialistes et des journalistes de télévision, qui tiennent des discours inexacts ou de mauvaise foi, ne peut être propice à la compréhension de "l’hyperactivité chez l’enfant".

Seul le "contexte" familial permet de comprendre ce phénomène de "l’hyperactivité chez l’enfant".

Seule l’approche systémique peut donner lieu à une réflexion utile pour changer les comportements. Pour cela, on doit questionner la réalité familiale et sociale de "l’hyperactivité chez l’enfant", d’un point de vue humaniste autant que technique. Pour relever un tel défi de "l’hyperactivité chez l’enfant", y a-t-il une discipline qui soit aussi souvent interpellée sur ce problème, du point de vue sociétal et moral, que la médecine ?

Pour comprendre "l’hyperactivité chez l’enfant", et juger en connaissance de cause, un livre constitue une aide remarquable. Dans son livre Une logique de la communication, © Le Seuil, Paris, Paul Watzlawick insiste sur la nécessité de tenir compte du "cadre de référence", si on veut comprendre une "relation" au sein des "systèmes complexes". C’est pourquoi l’étude sérieuse de "l’hyperactivité chez l’enfant" ne peut ignorer les vicissitudes des relations familiales et des "systèmes complexes". Paul Watzlawick donne un exemple :

"L’augmentation et la diminution du nombre de renards qui peuplent le nord du Canada manifestent une périodicité remarquable. Ces variations sont cycliques : en l’espace de quatre ans, le nombre de renards atteint un maximum, puis diminue presque jusqu’à extinction complète, puis il recommence à augmenter.

"Si l’attention du biologiste "se limitait" à étudier les seuls renards, ces variations seraient incompréhensibles : rien dans la "nature biologique" du renard ou de l’espèce des renards ne saurait justifier de telles variations.

"Mais les renards se nourrissent presque exclusivement de lapins et ces lapins n’ont pratiquement pas d’autre ennemi naturel.

"Une fois qu’on a fait l’effort de "comprendre cette réalité", la relation complémentaire entre les deux espèces fournit une "explication satisfaisante" d’un phénomène qui, sans cela, resterait "mystérieux".

"On peut observer un cycle identique chez les lapins, à cela près que le sens de la relation évolue "en sens inverse" : plus nombreux sont les renards, plus élevé est le nombre des victimes parmi les lapins. (Quand) la nourriture des renards finit par devenir très rare… le nombre de renards diminue en conséquence, ce qui donne aux lapins survivants une nouvelle chance de se multiplier et de recommencer à prospérer…

"Lorsque les lapins peuvent proliférer à nouveau, les renards peuvent survivre et recommencer à se multiplier… Cet exemple (montre qu’un) phénomène reste "incompréhensible" tant que l’observation (ne tient pas compte du) "contexte" dans lequel le phénomène (de "l’hyperactivité chez l’enfant") observé se produit".

Ne pas "comprendre" la complexité de la réalité familiale et sociale de "l’hyperactivité chez l’enfant", et le "contexte" dans lequel ces relations évoluent, fait que l’on croit avoir affaire à un trouble "mystérieux". C’est pourquoi on est souvent conduit à attribuer au "comportement instable de l’enfant", artificiellement isolé du "contexte" familial, une pathologie qu’il ne justifie pas toujours. Les sciences du comportement sont restées fondées, comme on le fait en médecine, sur un examen de l’enfant isolé, et non sur la méthode qui consiste à vouloir étudier les circonstances variables selon les différents "contextes". C’est surtout évident quand l’étude de "l’hyperactivité chez l’enfant" met en cause un "trouble du comportement" isolé du "contexte" familial.

Si on sépare artificiellement le comportement d’un enfant du "contexte" familial, l’idée qu’on s’en fera risque de porter sur la nature pathologique supposée de ce comportement. Si l’on élargit l’observation pour y inclure l’entourage familial, on comprend que le comportement incriminé participe aux "relations" complexes au sein du "contexte" familial, sans imaginer un caractère pathologique présumé du comportement en cause.

Ainsi, les réactions de l’entourage familial participent activement aux comportements de l’enfant. Du comportement incriminé, I’étude se déplace de la "pathologie" isolée artificiellement, en ignorant les "relations complexes entre les personnes" au sein d’un "système familial conflictuel", vers l’approche systémique qui apparaît seulement révélatrice de la "vraie nature du problème" dans un contexte familial élargi.

Le parti pris habituel, superficiel et arbitraire, de la "nature pathologique supposée du comportement incriminé", pose le problème de l’adaptation d’un enfant cliniquement sain à un "contexte" relationnel instable qui s’est installé au sein du milieu familial et social. Si l’attention des enseignants et des pédopsychiatres reste centrée sur l’enfant isolé, la nature du "comportement instable ou pathologique" est inventée en ignorant tout du "contexte" familial. C’est pourquoi, il ne reste plus que les préjugés habituels, propres aux enseignants et aux pédopsychiatres, pour présumer de la "nature pathologique du comportement incriminé".

En conséquence, on ne tient compte, dans le raisonnement, que du comportement de l’enfant isolé et on délaisse la compréhension du contexte familial. C’est pourquoi, le "comportement instable" de l’enfant isolé est transformé en comportement pathologique et "en soi-disant maladie mentale".

De là, la compréhension duphénomène de "l’hyperactivité chez l’enfant" restera un mystère, tant que le "comportement instable" isolé du contexte sera transformé arbitrairement en comportement "pathologique".

C’est pourquoi, l’approche systémique de "l’hyperactivité chez l’enfant" se déplace de l’étude de la "nature pathologique du comportement isolé" sur l’observation des relations familiales complexes, qui se sont étendues ensuite en conflits entre les différentes personnes impliquées au sein du "contexte" familial.

Selon l’approche systémique de la compréhension des "systèmes complexes", tout comportement est inscrit dans une relation interpersonnelle et toutes les relations affectent en conséquence les comportements.

Cette manière "systémique" d’aborder les phénomènes intra-familiaux complexes, qui influencent le comportement de l’enfant, est fondée sur les manifestations observables au sein des relations familiales.

Cette manière de penser et d’agir est, du point de vue conceptuel, bien plus proche de la réalité que la méthode de la psychiatrie traditionnelle, qui traite isolément l’enfant, en fonction de la "nature individuelle" supposée des comportements, au détriment de l’examen approfondi des relations entre les personnes.

Tant que la psychiatrie de l’enfant "étudiera médicalement" les comportements dans des "conditions d’isolement totalement artificielles", on ne comprendra rien à la réalité de "l’hyperactivité chez l’enfant".


Dr Thierry-Ferjeux MICHAUD-NÉRARD, pour l’Association Développement & Santé (AFPDS)


Voir en ligne : https://thehealthenvironmentalist.w...