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Protestants dans la ville

- à Paris, angle de la rue des Lombards et de la rue Saint-Denis

samedi 19 juin 2010, par Christian Scherer



Au coin de la rue des Lombards et de la rue St‑Denis à Paris 1 Un emplacement crucial dans l’Histoire du Protestantisme


Protestants dans la ville

A la fin de 1568 à Paris, rue St‑Denis, juste au coin de la rue des Lombard, la maison qui fait l’angle de la rue, c’est celle de Philippe et Richard de Gastines, bien connus dans le petit tout‑Paris de l’époque pour leur fervente adhésion au Protestantisme (*). C’est pourtant interdit à l’époque, dans le royaume de France : mais, comme tant d’autres, la famille de Gastines, avec leur gendre Nicolas Croquet, continuent de célébrer dans leur maison des cultes réformés et de chanter les psaumes.

En juin 1569, ils sont tous les trois condamnés à mort, le 28, et exécutés deux jours après sur la place de Grève à Paris, aujourd’hui place de l’Hôtel de Ville, le jeudi 30 juin 1569. Agrippa d’Aubigné relate l’événement dans Les Tragiques. La condamnation ne s’arrête pas là. Leur maison est détruite, l’emplacement est entièrement rasé, avec décision du parlement de ne rien reconstruire à cet endroit. On peut encore de nos jours en consulter le décret aux Archives Nationales. Et sur cet endroit désert, la -ême où le pâté de maisons est en manque d’une maison, on érige une gigantesque croix (à l’époque symbole du catholicisme romain) en signe de victoire et d’expiation contre ce qu’on appelle « l’hérésie huguenote ». Elle devient vite célèbre sous le nom de « croix de Gastines ». De nombreux ouvrages rapportent l’événement, entre autres Beneath the cross de Barbara Diefendorf, (Oxford University Press), Lumière des martyrs de Frank Lestringant (éd. Honoré Champion), et La France Protestante, histoire et lieux de mémoire (Dir. M. Chaleil ‑ J. Poujol, éd. De Paris ‑ éd. La Cause).

Mais l’amiral de Coligny, converti au Protestantisme (*), fait enlever la croix de Gastines, en décembre 1571, dans une ambiance d’émeute du peuple de Paris. La même ambiance qui perdure ensuite et aboutit l’année suivante au massacre de la St‑Barthélemy, dont Coligny est la première victime (24 août 1572).

C’est seulement à partir du 19ème siècle que les réformes ont laissé entrer dans leurs temples la croix comme si elle était devenue le symbole de tout le christianisme.

Et aujourd’hui, ce n’est pas dans le deuil, mais dans la joie, que des protestants sont ici. C’est bien à la Fête que nous vous invitons, et non pas à une quelconque prière pour les morts (que le Protestantisme ne pratique pas). En ce jour, où tout citoyen peut chanter dans les lieux publics, nous vous invitons à entendre ou à chanter quelques psaumes, pour partager notre joie : la joie de la liberté, la joie du respect des lois de la République. Heureuse soirée à vous tous.

Irène Droit irene.droit@laposte.net

(*) Pour plus d’infornations :

www.protestants.org

Les Grands principes du Protestantisme,
par André Gounelle,
éditions Les Bergers et les Mages,

47 rue de Clichy 75009 Paris.

Voir en ligne : http://protestantsdanslaville.org/g...


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