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Pourquoi votre enfant serait-il un handicapé "hyperactif" ?

vendredi 13 février 2015, par Thierry-Ferjeux Michaud-Nérard

La maladie mentale, qui prend la forme de "l’hyperactivité de l’enfant", entretient la plupart des mythes de la psychiatrie classique. "L’hyperactivité de l’enfant" est une notion entièrement basée sur une abstraction. C’est une sorte de maladie psychiatrique "inventée" afin de pouvoir "coller" aux observations quotidiennes des enseignants, des parents et des travailleurs sociaux. On croit qu’un "diagnostic psychiatrique", séparé du contexte familial, ferait qu’une situation globale de "crise" se résumerait à une sorte de "maladie mentale".

C’est pourquoi "l’hyperactivité de l’enfant" est généralement présentée, de façon schématique, sous la forme d’une soi-disant maladie "psychiatrique", de nature "abstraite", devenue "à la mode".

Par le passé, les médecins ont inventé des diagnostics d’hyperkinésie et d’instabilité psychomotrice.

Puis les médecins classificateurs ont inventé un nouveau handicap : "l’hyperactivité avec troubles de l’attention". Il a été ensuite classé sous la forme du déficit de lattention avec hyperactivité (TDAH).

La neurologie américaine, inféodée aux grands trusts des laboratoires pharmaceutiques, a proposé d’en révéler l’étiologie anatomique (c’est-à-dire : la cause) qui reposerait sur "l’hypothèse non vérifiée" d’une lésion, un "minimal brain damage" ou d’un dysfonctionnement cérébral minime ! De là, le comportement objectif de l’enfant "turbulent", soit une "personne réelle placée dans une situation concrète", est transformé en une abstraction. Il s’agit d’une nouvelle maladie mentale inventée appelée "l’hyperactivité de l’enfant".

C’est pourquoi, on veut croire que cette sorte de "maladie mentale" pourrait être étudiée "hors de son contexte" et de manière "objective". Et on invente une sorte de "maladie du cerveau" qui pourrait être "traitée par des médicaments". On sait que la neurologie aborde les comportements de manière "fragmentaire", en dehors de la situation réelle. Elle "ignore tout du contexte" de la situation globale dans laquelle vit l’enfant.

En cela, elle "sépare arbitrairement" la personne réelle, des situations familiales concrètes qui influent sur la vie de l’enfant. Si on ne veut "rien savoir" du contexte global de la vie réelle de l’enfant, alors rien des situations familiales ne peut être étudié. C’est pourquoi il ne peut pas être compris. Il ne reste plus qu’à confier l’enfant "turbulent" au médecin. C’est à lui qu’il appartient de "créer la maladie" et de "faire le bon diagnostic".

Il devra ensuite traiter "la maladie" supposée (inventée), sans jamais rien savoir pour devoir tenir compte du contexte. Ainsi, personne ne fait l’effort de comprendre la situation familiale concrète dans laquelle vit réellement l’enfant "turbulent". Il s’agit d’un important domaine de la recherche en matière de "psychiatrie sociale". La propagande pédopsychiatrique, créée et entretenue par les mystificateurs de la télévision, justifie le recours à la "mystification médicale" et à la diffusion abusive des médicaments psychotropes.

C’est pourquoi, les gens ont pris l’habitude de considérer cette façon de faire comme "normale". La propagande pédopsychiatrique veut faire croire aux parents que l’on pourrait traiter l’enfant "turbulent" par des médicaments psychotropes. Il s’agit, dans la réalité, de molécules chimiques de type "amphetamine-like", c’est-à-dire qu’elles sont apparentées chimiquement à des "drogues toxiques". La "psychiatrie sociale" pense que cette façon de faire repose sur une illusion et sur "la magie du médicament".

Elle considère qu’il s’agit d’une situation familiale et sociale complexe, qui mérite un examen attentif.

On n’a pas besoin d’inventer une sorte de "maladie du cerveau" pour justifier l’intervention totalitaire arbitraire de psychiatres inexpérimentés. La plupart de ces psychiatres "distributeurs de médicaments" n’ont jamais pris le temps de recevoir et d’écouter en entretiens prolongés la famille entière, ce qui rend impossible la compréhension de la situation familiale complexe.

Comme aucun de ceux qui sont impliqués ne veut savoir ce qu’est la "situation réelle", le "mythe de la maladie du cerveau" de l’enfant "hyperactif" (le dysfonctionnement cérébral) donne l’occasion d’inventer "quelqu’un de malade" afin de pouvoir se dégager de tout sentiment de responsabilité.

C’est pourquoi l’enfant peut être "choisi et désigné" comme un "objet de soins". Et il pourra facilement être transformé ensuite en "bouc émissaire", si le processus d’invalidation psychiatrique persiste.

Au contraire, la "psychiatrie critique" constate que la "médicalisation abusive du comportement" de l’enfant "turbulent" participe directement à la perpétuation du "problème".

Croire que l’enfant "turbulent" serait "atteint de maladie" suppose une "ignorance voulue" du contexte objectif très réel du comportement de l’enfant. C’est une volonté de "mystification" des conduites sociales.

Comment espérer que les adultes puissent se rendre compte de leur incompréhension ?

Comment espérer qu’ils prennent conscience de la réalité de la situation familiale globale qui "éclaire" le comportement de l’enfant ? C’est pourquoi, la "psychiatrie sociale" propose des stratégies d’intervention thérapeutique "globale" qui sont les plus appropriées à la réalité de la situation.

La plupart des psychiatres actuels n’ont aucune expérience de la "psychiatrie sociale" et leur manque de formation en ce domaine les incite souvent à se montrer incompétents.

Ronald Laing a clairement indiqué, à propos de l’enseignement de la psychiatrie :

"Nous devons apprendre sans cesse à "désapprendre" une bonne partie de ce que nous avons appris, et à apprendre ce qu’on ne nous a pas enseigné".

Comment pourrait-on être d’accord sur le fait qu’il existerait un "état pathologique inventé" qui serait appelé "l’hyperactivité de l’enfant" ? Pourquoi "imaginer une maladie mentale" dont souffriraient les enfants turbulents ? La recherche médicale trompeuse des "causes neurologiques inventées", pour expliquer ce "trouble supposé", ne repose que sur "des présomptions et des hypothèses non vérifiées".

C’est pourquoi, Ronald Laing indique avec humour : "D’où il ressort que rechercher les causes revient à poursuivre un lièvre dont les traces n’existent que dans l’esprit des chasseurs". On en déduit que le dogme de "l’hyperactivité de l’enfant" "est une camisole qui emprisonne", à la fois le pédopsychiatre et l’enfant.

La mode de la soi-disant "psychothérapie d’enfant" n’aurait pas connu le même développement si elle n’avait contribué à juger le comportement de l’enfant à l’école "comme un problème" mental. Cette mode a conduit à entretenir la "position concrètement désavantagée" de l’enfant, dans sa famille et à l’école.

La psychiatrie critique met en avant les "préjugés sociaux" qui interviennent dans la "thérapie".

La théorie et la pratique de la "thérapie" se fondent trop souvent sur des définitions pénalisantes du comportement des enfants à l’école. Si certains enfants "s’écartent de la norme" et "refusent de se soumettre aux règles", on risque de leur appliquer des "étiquettes" psychiatriques dépourvues de signification réelle.

On pourra les envoyer ensuite dans une "institution pédopsychiatrique médicalement punitive" pour traiter leur "trouble mental" supposé. La plupart des familles critiquent ces préjugés, qui justifient les thérapies d’enfant comme une "prise de pouvoir d’un adulte sur un enfant", soi-disant "dans le but de l’aider".

Quand le thérapeute se définit comme la personne capable de comprendre les soi-disant "problèmes" de l’enfant, il "fait croire à l’enfant qu’il ne pourrait pas comprendre" de lui-même sa propre situation.

Ainsi, des enfants précoces, jugés trop mobiles, trop actifs, trop sains et socialement compétents, ne pourraient être acceptés à l’école que comme des enfants malades, handicapés, dépendant des médicaments, qui les rendent peu entreprenants, encore plus dépendants, non agressifs, non excitables, etc.

Cette "exigence psychiatrique et sociale médicalement punitive" place l’enfant devant un problème : Comment pourrait-il jamais devenir un adulte responsable, "sain et adapté", tout en restant un enfant soumis, influençable, obéissant, etc. Il va alors devoir "vivre hypocritement dans le mensonge social".

C’est cette contradiction qui complique encore plus la vie quotidienne de l’enfant à l’école et qui crée bien des névroses.

Dr Thierry-Ferjeux MICHAUD-NÉRARD, pédopsychiatre, Association Développement & Santé.


Voir en ligne : http://homeomalin.com/aider-un-enfa...