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Pour une droite authentique d’inspiration chrétienne

jeudi 8 janvier 2015, par Christian Scherer

Inauguré le 10 octobre dernier, le Cercle Charles Péguy de Paris veut organiser « une dynamique de rencontres, d’échanges et de réflexions » pour « contribuer à la reconstruction d’une droite authentique ». Parmi ses membres, l’essayiste et journaliste Jacques de Guillebon. Il répond aux questions des Cahiers libres. 

Cahiers libres : qu’est-ce que le Cercle Charles Péguy ?

Jacques de Guillebon : Ce Cercle a été fondé au début des années 60, à Lyon. Il a servi à l’époque de lieu de formation pour une jeunesse issue de la démocratie-chrétienne en pleine mutation. Les cadres les plus intéressants du CNI et de la future UDF y ont été formés, notamment Charles Millon, ancien ministre de la Défense sous l’égide de qui nous lançons ce Cercle à Paris, cinquante ans après le premier. Sa vocation est assez large et diffuse : il s’agit de donner à des jeunes gens parfois dégoûtés de l’offre politique française en général les moyens de recréer les conditions d’une politique humaniste, et d’inspiration chrétienne demain.

Le définiriez-vous comme un think tank ? Un lobby ? Les prémices d’un nouveau parti ?

Ni think tank, ni lobby. Nous préférons nous en tenir à la dénomination de Cercle, à la fois moins restrictive et moins technique. Pour ma part, je considère les partis politiques, derrière Simone Weil, comme un moyen de ne plus penser. Il s’agit ici de donner l’envie et les armes nécessaires à ceux qui auront envie de s’engager en politique, au service de la France, sous quelque forme que ce soit.

Quelle est la « droite authentique » à laquelle votre cercle fait référence ?

Cette « droite authentique » se définit pour le moment plutôt par ce qu’elle refuse que par ce à quoi elle adhère. C’est justement notre travail de lui conférer un contenu cohérent et positif. Il existe néanmoins des principes de base sur lesquels nous sommes tous d’accord : le souci du plus faible, le rejet des politiques libertaires comme le mariage pour tous, l’amour de la France et de son destin, de ses fondements chrétiens. Sur d’autres sujets comme la forme à donner à l’Europe, le libéralisme ou les rapports à entretenir avec les partis politiques actuels, nous divergeons encore. Tout le travail est ici, parvenir à penser ensemble, sans arrière-pensée, sans idéologie, dans un souci du bien commun.

N’est-ce pas trop ambitieux de vouloir rassembler des personnalités aussi différentes que Charles Beigbeder, secrétaire national de l’UMP, l’éditorialiste catholique Gérard Leclerc ou vous-mêmes, proche de « l’anarchisme chrétien » ?

Devant la situation faite aujourd’hui à la France, et plus généralement à notre civilisation, rien n’est trop ambitieux. Charles Beigbeder, Gérard Leclerc, Charles Million, Chantal Delsol et ma modeste personne avons au moins en commun d’être catholiques. C’est un bon départ, me semble-t-il. Nous avons chacun des compétences particulières qui peuvent se compléter, et surtout nous comptons sur la jeunesse qui se rassemble ici, nombreuse, pour donner un coup de fouet salutaire à nos vieilles marottes.

Promotion de la famille, de la justice sociale, de la propriété… Assiste-t-on à un retour en grâce de la démocratie chrétienne ?

De manière générale, je pense qu’il faut se débarrasser des antiques terminologies, démocratie chrétienne ou libéralisme, qui empêchent surtout de penser et d’agir. Nous ne nous battons pas pour des mots, mais pour le salut commun. Nous luttons contre les fléaux contemporains que sont l’argent, l’Etat, l’indifférence – celle dont parlait le Pape François – mais aussi la technique et l’oubli des peuples. Encore une fois, la doctrine sociale de l’Eglise est ce qui nous inspire.

Vous avez choisi Péguy comme inspirateur, mais peut-on le dire de droite ?

Péguy n’est pas de droite, mais il n’est plus de gauche – s’il l’a jamais été. Comme le disait Gérard Leclerc lors de la soirée inaugurale du Cercle, il y a longtemps que la gauche a cessé de le lire et de s’en réclamer. Péguy fait partie de ces rares Français du temps présent en qui des personnalités de sensibilité différente peuvent se reconnaître et se conjoindre. C’est pourquoi nous l’avons choisi comme porte-étendard. Péguy est un aiguillon pour aller vers la vérité et la justice.

Vous sur la droite, Esprit civique sur la gauche… Ces mouvements inspirés du personnalisme illustrent-ils un renouveau du monde politique ?

L’avenir nous le dira !

Propos recueillis par Joseph Gynt


Voir en ligne : http://cahierslibres.fr/2013/11/cer...