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Pollution lumineuse

- un problème sérieux

mardi 1er juillet 2008, par Christian Scherer



A l’époque de la chasse aux gaspi, l’enjeu de l’Agence pour les Economies d’Energie n’était pas encore de limiter les émissions de gaz à effet de serre, mais plutôt de montrer aux citoyens qu’au moyen de gestes simples, ils pouvaient réduire dans d’importantes proportions leur consommation énergétique, tant en volume qu’en valeur.

La leçon fut largement entendue, et nos citoyens montrèrent leur détermination à justifier le slogan "En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées"

La suite fut moins glorieuse, et une détente sur les prix de l’énergie conduisit à un relâchement de l’effort et à un relatif retour des mauvaises habitudes.

Aujourd’hui, le choc devient plus sévère, et à la nécessité de limiter le montant de la facture pétrolière s’ajoute celle de limiter les émissions de CO2.

L’une des sources de gaspillage qui saute aux yeux de ceux qui observent la Terre depuis l’espace, et qui dérange depuis longtemps ceux qui essaient d’observer l’espace depuis la Terre, est la pollution lumineuse.

Pourquoi en effet, envoyer tant de lumière vers le haut pendant la nuit, s’il s’agit simplement d’assurer la fonction traditionnelle des réverbères, qui aident les passants à regarder où ils posent les pieds, et les automobilistes à ne pas les écraser ?

Aux protestations des astronomes, découragés de pouvoir observer quelque chose de lointain au travers d’un ciel nocturne pollué par toutes sortes de sources lumineuses inutiles, s’ajoute maintenant celles des écologistes appelant à davantage de modération dans des usages de l’électricité qui ne répondent pas directement à une nécessité économique ou sociale.

S’ajoute à présent une nouvelle catégorie d’acteurs : les industriels qui sont capables de produire et de nous vendre des réverbères qui éclairent vers le bas, des sources lumineuses à haut rendement lumineux, comme celles qui décorèrent les Champs Elysées en décembre dernier, et plus généralement, toutes ces solutions à haute signification symbolique qui permettent à une municipalité de montrer à ses administrés qu’elle aussi veut faire quelque chose pour l’environnement.

Réduire la pollution lumineuse, c’est une mesure miracle : elle ne coûte presque rien, elle a un effet spectaculaire immédiat, elle économise de l’argent et ne met pas l’économie en péril. Si elle n’a pas été mise en oeuvre plus tôt, c’est probablement parce que les décideurs publics n’avaient pas encore voulu admettre que l’heure du "peak oil" est venue, en en donner un signal visible de tous.

CS


Martin Aubé, Ph.D.

Lire aussi

- Décret n° 2011-831 du 12 juillet 2011 relatif à la prévention et à la limitation des nuisances lumineuses
-  Cette lumière qui salit le ciel
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-  Nos villes sont trop éclairées la nuit (leParisien.fr)
- La Ligue ROC
- Un éclairage public envahissant et coûteux (Le Figaro)
- Japan advocates a "cool earth" strategy (UPI Asia)
- L’Université Bishop’s lutte contre la pollution lumineuse
- Actes des rencontres de l’éclairage public de l’ADEME
-  Mont Mégantic : réserve ciel noir

La DGPR propose et participe aux actions d’évaluation, de diminution et maîtrise des impacts liés aux agents physiques : pollution lumineuse, effets thermiques, champs électromagnétiques et radiofréquences.

Voir en ligne : http://www.groupeastronomiespa.be/p...


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