Le Cawa d’AdmiNet

Vous appréciez ce site, aidez à le faire connaître :
Accueil du site > Medias > les Saintes Ecritures > Mohabites, Ammonites et autres tribus plus ou moins issues du patriarche (...)

Mohabites, Ammonites et autres tribus plus ou moins issues du patriarche Abraham

dimanche 21 février 2010, par librairie cawa



(Source : Vie de Mahomet d’après la tradition par E. Lamairesse ... et Gaston Dujarric ...)

Les Mohabites et Ammonites, descendants des deux filles de Loth, étaient les plus avancés vers le Nord. Leurs établissements les plus méridionaux se trouvaient à l’Est de la Mer Morte et comprenaient les beaux pays de pâturage de Balkaa et de Kerek.

De cette énumération il ressort qu’un nombre considérable de tribus distinctes et très fortes, issues du patriarche Abraham ou de branches collatérales, avaient pris un vaste développement et la prédominance dans le Nord de l’Arabie, et on peut en conclure que par une expansion naturelle, elles avaient par elles-mêmes ou par des alliés très proches, peuplé au moins la plus grande partie des plaines du Nord, des régions montagneuses, et des steppes du Centre.

La tradition et la linguistique mettent cette conclusion hors de doute. Dans beaucoup de tribus arabes, la voix populaire se réclame d’une origine abrahamique. Sans doute les souvenirs anciens transmis par la mémoire dans ces tribus isolées ont été entretenus et ravivés par les rapports avec les Juifs.

Mais il y a entre elles un fonds commun d’habitudes, de pratiques et de notions religieuses qui dénotent une même, origine. La plus forte preuve en est dans La patenté évidente de l’Hébreu et de l’Arabe parlé par les tribus ismaélites. Les neuf dixièmes des racines sont communes aux deux langues ; les déclinaisons et la construction sont semblables.

A une époque reculée il y avait, outre l’Arabe, au moins une autre langue dans le Sud de l’Arabie, le dialecte des Himyarites, empire ou race dont nous parlerons plus loin. Mais son usage, même dans cette région restreinte était propre seulement aux populations urbaines, tandis que l’Arabe a été de temps immémorial la langue poétique et oratoire pour les nomades Bédouins, même originaires de l’Yemen et, après Mahomet, il a complètement supplanté l’idiome rival dans toute la péninsule. Une si vaste diffusion en Arabie de la branche la plus cultivée du langage syrien-arabe, prouve la prédominance du sang d’Abraham.

Avant David et après Salomon, les Edomites ou Iduméens furent constamment ennemis des Juifs, tantôt vainqueurs et dominateurs, tantôt vaincus et assujettis. Ils finirent par être, au moins en partie, incorporés à hi Judée par Jean Hircanus qui leur imposa la circoncision et les autres pratiques juives.

Déjà auparavant, les Nabatéens leur avaient enlevé leurs possessions du Sud et avaient constitué, suivant Ptolémée, un état indépendant, borné à l’Ouest par l’Egypte, au Nord par la Syrie, au Sud et à l’Est par la Mer Rouge et le Golfe Persique Diodore de Sicile les dépeint à peu près tels que sont les Arabes de nos jours. Ils défendirent avec succès leur indépendance, d’abord contre les successeurs d’Alexandre, trois cents ans avant notre ère, derrière les remparts de Pétra, et plus tard contre l’invasion de l’Arabie par Œlius Gallus, lieutenant d’Auguste. L’an 105 de notre ère, Cornélius Palma, gouverneur de la Syrie, les annexa au vaste empire de Trajan.

Les Nabatéens et les Amalécites conservèrent la tradition de leur illustre origine, d’abord, pendant des siècles, grâce à leur langue et à leurs mœurs, et dans la suite grâce à leurs rapports avec les Juifs.

Ceux-ci en effet peuplèrent le Nord-Ouest de l’Arabie de colonies si nombreuses, et y jouirent d’une si grande influence politique et sociale, qu’ils ravivèrent parmi les tribus abrahamiques les souvenirs du temps des patriarches, et les enrichirent de tout ce que contenaient leurs écritures et leurs légendes. Lorsque les tribus abrahamiques furent conduites par l’exubérance de population, par leurs habitudes d’émigration, ou par les nécessités de la guerre, à pénétrer au Sud, dans l’Arabie Centrale, elles portèrent, sans aucun doute, dans leurs nouveaux établissements leurs traditions patriarcales et les propagèrent dans les tribus de Bédouins.

Les Amalécites ou Iduméens furent les aborigènes de la Mecque ou du moins s’y établirent à une époque très reculée, avec des émigrants de l’Yémen. Plus tard une tribu ismaélite fut attirée dans cette localité par ses puits et sa position favorable pour le commerce par caravane. Elle greffa la légende de son origine abrahamique sur les superstitions locales aborigènes ou importées de l’Yémen, De là le culte de la Kaaba métissé avec des légendes abrahamiques.

Sans aucun doute, les tribus abrahamiques possédaient originairement la connaissance du Dieu unique, et les principes qui formaient la foi d’Abraham. Il existait un testament, vrai ou apocryphe, d’Abraham, qui a été fort répandu, puisqu’on en a récemment retrouvé en Egypte une traduction en grec ; la Bible de l’Islam (1) mentionne souvent la loi d’Abraham ; on y voit qu’elle régnait encore ou du moins n’était pas oubliée parmi ses descendants arabes, aux époques de Jethro, prêtre de Madian, de Balaam, fils de Beor, et de Job, et l’on peut en conclure que les rameaux divers de là descendance d’Abraham la conservèrent dans sa pureté pendant un grand nombre de générations.

Par un penchant naturel à la superstition, qui ne fut point combattu chez les Arabes comme il le fut chez les Juifs, la plupart des Arabes tombèrent dans l’Idolâtrie ; mais dans les tribus abrahamiques celle- ci, il y a tout lieu de le croire, se superposa à la foi ancienne, sans la détruire. Les idoles ne représentaient que des déités d’ordre inférieur, subordonnées ; tout au plus des intercesseurs auprès de l’Eternel qui, au moins pour l’élite des Arabes restait l’être suprême. C’est du moins ce qu’on doit penser d’après le langage attribué aux principaux koreish(2) adversaires de Mahomet.

Les nombreux rapports avec les Juifs soit habitant la Palestine, soit faisant partie des caravanes, soit établis en Arabie en tribus distinctes, vivant à la manière arabe, nombreuses et puissantes, occupant même une partie de l’Yémen, entretinrent et ravivèrent les croyances primitives et pénétrèrent d’Hébraïsme à peu près toute la péninsule qui d’ail- leurs recevait au pèlerinage de la Kaaba toutes les traditions abrahamiques.

Ces circonstances eurent sur la généralité des Arabes une influence considérable qui détermina l’adoption universelle parmi eux de l’usage de la circoncision. Les traditions et les rites abrahamiques de la Kaaba, devinrent ainsi communs à tous les Arabes, mais non ses idoles, chaque tribu ayant les siennes ou la sienne propres, née des superstitions locales, et qu’elle adorait ou invoquait de préférence. Ainsi l’idole de Taïf était rivale de celles de la Mecque (3).

Propagée déjà fort loin par la dispersion des dix tribus d’Israël, la religion juive avait, après la con- quête d’Alexandre, presque envahi l’Asie Mineure et Moyenne où saint Paul évangélisa tant de Gentils judaïsants. A cette époque, où tous les systèmes religieux s’étaient donné rendez-vous à Alexandrie, le fonds de la population de cette ville et d’une par- tie de l’Egypte était juif. Alexandre en avait formé le premier noyau avec des Juifs de Palestine ; Ptolémée Soter en envoya cent mille après la prise de Jérusalem ; Ptolémée Philadelphe, son successeur, racheta près de deux cent mille esclaves juifs qui appartenaient à des Egyptiens et leur conféra les mêmes privilèges qu’aux citoyens macédoniens. Ce traitement favorable attira à Alexandrie les Juifs de Syrie qui étaient souvent injuriés par la populace : on les appelait Juifs hellènes. On avait traduit en grec tous les livres juifs, écritures saintes ou légendes ; on a retrouvé récemment en totalité ou en partie des traductions du testament d’Abraham, du Livre dllénoch (Edris) et même de l’Apocalypse de saint Pierre.

Or, les idées agitées à Alexandrie se répandaient par tout l’Orient, mais notamment dans la Syrie et dans l’Arabie, qui étaient aux portes de l’Egypte.

En Arabie, les Juifs avaient en réalité la prépondérance politique aussi bien que religieuse, car leurs établissements nombreux et puissants avaient entre eux un lien de solidarité nationale qui manquait aux Arabes, toujours divisés et en guerre les uns contre les autres.

L’Arabie était donc déjà imprégnée de Judaïsme lors de l’avènement du Christianisme qui vint confirmer la Bible. La proximité du berceau de cette religion (Bethléem) de la résidence des Arabes Ismaélites lui donna une influence prépondérante dans l’Idumée, et il y eut au IV° siècle, à la résidence de Pétra, un évêque métropolitain dont le diocèse embrassait l’ancienne ldumée et l’état des Nabatéens. Là s’arrêta de ce côté l’évangélisation. On sait du reste que la communion des premiers Chrétiens vivant à Jérusalem différait très peu des Juifs.

Dans les siècles suivants, l’état de l’Arabie ne fut point favorable à l’établissement du Christianisme. Le Nord, longtemps le champ de bataille entre l’Empire grec et la Perse, était alternativement balayé par les armées des Chosroès et de Constantinople. La Syrie était neutralisée par les efforts de la Perse. Sur ses frontières l’État arabe de Ghassan était chrétien, il est vrai : mais comme celui de Hira à l’autre extrémité supérieure de l’Arabie était de beaucoup plus puissant, il ne joua jamais un rôle important dans les événements politiques de l’Arabie Centrale.

Au Nord-Ouest, la cour de Hira s’était convertie au Christianisme avec la plupart des tribus qui lui était inféodées, et son influence s’étendait sur toute l’Arabie. Mais cet État était vassal de la Perse et sa dynastie arabe, récemment déchue, avait été remplacée par un satrape très hostile au Christianisme. Par l’intermédiaire d’Hira, la Perse païenne, idôlâtre, avait avec les Arabes des rapports constants, intimes, féconds, qui contrebalançaient complètement l’effet de leurs relations avec les Chrétiens de l’Ouest.

Le tempérament et les mœurs arabes s’accordaient mal avec l’esprit du Christianisme. En outre celui-ci avait au VII° siècle subi en Asie une décadence momentanée, par l’effet des disputes théologiques les plus subtiles et de ses divisions en sectes, acharnées les unes contre les autres au point qu’elles cherchaient des auxiliaires contre leurs adversaires, même parmi leurs ennemis communs.

Devant le nombre et le mystère des dogmes déclarés soit orthodoxes, soit hérétiques, les consciences ébranlées et incertaines retournèrent naturellement au Monothéisme absolu des Juifs, la plupart des querelles des sectaires portant sur la nature divine du Christ, sur Marie mère de Dieu, sur la Trinité, etc.

Les Juifs et les Chrétiens avaient alors comme fonds commun de doctrines la Bible et autres Ecritures semblables, la croyance à tout ce qui avait été révélé par les Prophètes : à la résurrection et au jugement dernier, au dogme, apparu si tardivement chez les Juifs, de l’éternité des peines et des récompenses, c’est-à-dire à la géhenne ou enfer, et au paradis, ce dernier restant à peine défini. Il se peut de plus que la propagande en faveur du Bouddhisme, qui avait pénétré à Alexandrie, ait avant Mahomet contribué à répandre de là, chez les Arabes, la promesse et l’espoir de délices matérielles dans la vie future.

Ce fonds était un aliment suffisant pour les aspirations des âmes religieuses, dans la péninsule. Il était entretenu à la fois par les traditions et les souvenirs anciens de l’Arabie et par l’influence et les enseignements des deux religions, qui l’avaient pénétrée à un degré très inégal.

Notes

(1) Hauzat-us-Safa, de Mirkhond, traduit par E. Lamairesse ; le Testament d’Abraham a été publié en anglais, à Londres, en in-8 de i86 pages.

(2) Aucune orthographe française ne rendant exactement la valeur des lettres et termes arabes, nous mettrons dans le cours de cet ouvrage Koreish pour Koreichites ; cette dernière forme est plus répandue, mais ne nous paraît pas plus exacte.

(3) "Le Caaba devint le Panthéon de tous les cultes ; et quand Mahomet chassa les images de la maison sainte, au nombre des dieux expulsés était une vierge byzantine, peinte sur une colonne, tenant son fils entre ses brassé Renan : Dictionn. génér. de la Polique : Mahométisme"

Voir en ligne : http://www.archive.org/stream/viede...


47 visiteurs en ce moment

SPIP | | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 Site, réalisé, hébergé et référencé par Epistrophe AdmiNet France Partenaire : Crédit fonctionnaire