Une thématique parfaitement décrite et circonscrite, des intervenants "connoisseurs" de la chose "logement", un menu alléchant donc ! L’Association des Maires de France et l’Union Sociale pour l’Habitat ont ainsi organisé cette journée de réflexion... qui n’aura pourtant pas rameuté les foules.
Une présence assez "socialiste" me faisait remarquer un invité. Peu de "grands" opérateurs du logement dans la salle : Yves Mano a assisté à la matinée, plus en tant qu’adjoint au logement de Paris qu’en qualité de patron de l’OPAC. Certes, le groupe Arcade était présent mais il était bien seul pour représenter les "privés" du monde HLM (les ESH).
D’entrée de jeu,Henry Rey du Cevipof nous a exposé (un diaporama et quelques commentaires auraient été bien) que le logement était bien en tête des préoccupations des Français et que les dernières élections locales - et les programmes des candidats- n’auront en réalité qu’assez peu pris en compte cette dimension...
Un petit film, plutôt bien fait, fut ensuite projeté pour marteler, comme un slogan" que "la donne a changé"...
La table ronde animée par un journaliste connu a permis aux élus présents de s’exprimer : Henry Nayrou, élu de la montagne et de la ruralité, nous a rappelé combien la programmation était nécessaire et -sans humour- nous a présenté combien le mythe de la "ville à la campagne" était vivace ; Michel Piron, député et patron du CNH, a justement déploré la complexité de la gouvernance territoriale et notamment de ses quatre niveaux (une particularité unique en Europe) et enfin, S. Dambrine pour les HLM d’IDF, a appelé de ses voeux une mise en ordre en Francilie et évoqué le retard de production chiffré à 400.000 logements !!
Pascal Perrineau a conclu assez brillamment en évoquant l’infidélité territoriale des électeurs, la dimension européenne et l’impérieuse nécessité pour les élus de mettre de l’ordre et de la lisibilité dans la gouvernance locale (quelle légitimité démocratique pour les intercommunalité ?).
Avec un sens de l’horloge déconcertant, à peine cette intervention est elle applaudie qu’une jeune photographe (des appareils en bandoulière et des téléobjectifs de safari) apparaît en marchant à reculons... déclenchant les crépitements de flash... ouvrant ainsi la voie à (on résume) un officier de sécurité, la charmante Hélène Schwoerer (cabinet, spécialiste des questions logement) et un Maire de Paris bondissant (au sens propre : l’estrade est franchie comme une simple marche). Un discours mené au pas de charge, une introduction habile et bienvenue sur "les personnalités qui ne participent pas vraiment aux échanges mais qui viennent juste prononcer un discours"... une évocation des ratés du Dalo, des éléments repris du rapport "mal logement" de la Fondation Abbé-Pierre et une présentation de ce qui se fait (se fera) à Paris en matière de logement (notamment social). On a surtout appris, en ces temps de remise en cause de certains postes d’encadrement, que M. Yves Mano était bien "le roi du logement à Paris".
La reprise, en début d’après-midi, fut rafraîchissante avec le témoignage d’Annie Pivette, élue du Pays de Rennes... une "non spécialiste" qui a d’emblée dénoncé la complexité et le jargon des procédures ! Les élus spécialistes de ces questions furent totalement dans leur rôle : M.-N. Lienemann s’est plutôt présentée comme parlant au nom de l’ensemble du monde HLM... et le fit avec le talent qu’on lui connaît. Pierre Jarlier et Thierry Repentin (bon connaisseur du foncier et du logement) ont plutôt donné dans le consensus sénatorial. La conclusion institutionnelle, entre les discours de P. Quercy et de Pierre Jarlier, mériterait d’être suivie d’effet (on nous parle d’initiatives intéressantes).
Notre commentaire principal : l’intention est louable mais la "mayonnaise" n’a pas vraiment pris et on reste (encore une comparaison culinaire) sur sa faim !
Un souhait : que la question des opérateurs du logement social et de l’articulation territoriale, notamment posée avec le conventionnement global (le futur "conventionnement d’utilité sociale") soit traitée en préalable... (voeu pieu ?)
Cordialement, Guy Lemée
ps : une mention spéciale cependant pour l’équipe de l’USH qui a publié chez "le courrier des maires" un tiré à part intitulé "50 questions : le Maire et le logement social"
Le Cawa d’AdmiNet