Chers amis du Liban,
Avec les événements tragiques qui frappent le Liban depuis le 12 juillet, je suis partagé entre la colère et la rage. La colère contre ceux qui répandent la guerre et la terreur dans un pays qui se redressait, qui trouvait avec difficulté les chemins de la réconciliation, qui voyait enfin l’occupant hors des frontières.
J’étais en mai à Beyrouth, avec les dirigeants de Finances Méditerranée. En professionnels de l’économie, ils avaient apprécié, à sa juste valeur, la dynamique de construction, admiré les plans de développement de Beyrouth, senti et partagé la volonté des entrepreneurs d’avancer, d’inventer, de créer de la richesse, de l’emploi, de l’activité.
J’enrage aujourd’hui de constater l’impuissance de la communauté internationale à faire respecter le droit, la paix et tout simplement, la vie.
Nous avons ici à Marseille tenté en cette période de vacances (le choix du calendrier, n’est pas dû au hasard !) de mobiliser les institutions, les associations, les citoyens. Le Conseil régional, le Club de la presse, la Chambre de commerce, Finances Méditerranée bien sûr, ont manifesté leur soutien. Mon ami Tahar Rahmani est intervenu au Conseil municipal pour appeler à une plus forte solidarité entre Marseille et le Liban. Des collectes de médicament sont en cours, les organismes caritatifs sont mobilisés.
Le consul d’Israël à Marseille reçoit chaque jour des centaines de cartes avec la photo d’une petite libanaise réfugiée à Chypre et le texte suivant :
« Pourquoi semble-t-elle dire...
1. Pourquoi tuer 750 civils innocents ? (au 31 juillet 2006)
2. Pourquoi déporter 700 000 personnes ? (Chiffres de l’ONU)
3. Pourquoi démolir les unités d’embouteillage de lait ?
4. Pourquoi pilonner un aéroport civil international ?
5. Pourquoi détruire des ports de plaisance ?
6. Pourquoi cibler l’alimentation électrique des populations civiles ?
7. Pourquoi abattre tous les ponts routiers et les voies autoroutières
?
8. Pourquoi répandre la peur et la terreur dans un pays meurtri ?
9. Pourquoi prendre une population entière en otage ?
10. Pourquoi recommencer ce qui a conduit au désastre en 1982 ?
Si nous n’avions pas de réponses claires à ces dix questions, nous pourrions penser qu’il y a une volonté délibérée de détruire le Liban, sa pluralité confessionnelle, sa démocratie et son économie renaissante. »
Et nous continuerons. Si Marseille peut soutenir plus et mieux le Liban, nous le ferons, dans la mesure de nos forces. Vous pouvez nous manifester des besoins, des demandes, des suggestions. « C’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière » disait Edmond Rostand. Nous croyons au Liban, à ce qu’il représente, nous sommes à vos côtés.
Croyez, chers amis, chères amies, en mon amitié.
Source : Christian Apothéloz
Le Cawa d’AdmiNet