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le tabou nucléaire

For a world of sustainable transportation



lundi 9 juillet 2007, par Christian Scherer

Dans un rapport réalisé en un temps très court et rendu au gouvernement au début de 2004 Thierry Chambolle a mis en évidence la part prépondérante du secteur transports dans les émissions de CO2 de la France. Cette singularité nationale s’explique par le fait que la plus grande partie de l’électricité est produite à partir du nucléaire, secteur dans lequel la pénétration de cette forme d’énergie est la plus faible.

En effet, la consommation des trains, des métros et des tramways représente peu de choses par rapport à celle des automobiles, des poids lourd, des avions et des bateaux.

Ainsi une double conclusion s’impose à tous ceux qui souhaitent réduire les émissions de CO2 sans nuire au développement de nos économies :

- la première conclusion, c’est qu’il faut encourager, chaque fois que c’est techniquement possible, toutes les formes de migration des formes de transport classiques consommatrices de combustibles fossiles vers les transports à base d’électricité : développement du réseau TGV, des lignes de métro et de tramway, ferroutage, véhicules à propulsion électrique. Pour inciter à cette migration, tous les moyens disponibles devront être simultanément utilisés : appels au civisme, restrictions de la circulation automobile dans les zones urbanisées, investissements massifs dans les infrastructures de transport collectif, taxation des transports émettant du C02. Les projets d’écotaxe sur le CO2 évoquée lors de la campagne présidentiuelle ou plus récemment d’"eurovignette" entrent parfaitement dans ce schéma.

- la deuxième conclusion, c’est que les efforts qui viennent d’être décrits n’auraient pas de sens si les quantités supplémentaires d’électricité appelées devaient être produites à partir de combustibles fossiles. Dans la mesure où la production d’électricité à partir de ressources renouvelables (houille blanche, énergie éolienne, solaire, etc...) n’est pas encore à la hauteur des besoins, la seule issue restante consiste à construire de nouvelles tranches de production nucléaire d’électricité.

Il est remarquable de noter que ces deux conclusions conduisent à développer des technologies déjà plutôt bien maîtrisées par la France, et parvenues à un degré certain de maturité.

Le plus difficile restera de convaincre les grands pays qui représentent la plus grosse part des émissions potentielles de CO2 : Etats-Unis, Chine, Inde. Et de vaincre au passage la peur du nucléaire, entretenue depuis de nombreuses années, et ravivée par les actuelles tensions du proche orient, au point d’être devenue pour nombre de nos concitoyens et voisins européens un véritable tabou.

Christian Scherer


le "diagramme de Chambolle"

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Voir en ligne : http://www.technologie.gouv.fr/rapp...

1 Message

  • le tabou nucléaire 10 juin 2008 19:56, par Jean-Louis Schwendimann

    Malgré une prise de conscience, qui passe souvent par nos enfants et l’école, malgré l’omniprésence de certains thèmes, leur utilisation comme faire valoir par les entreprises (surtout les grandes, soucieuses de leur image auprès des consommateurs), ainsi que par les élus dans leur champ d’action, des questions méritent d’être posées ou reposées.

    Certaines entreprises et des collectivités ont intégré les impératifs du développement durable et parviennent parfois à de vrais résultats. Mais force est de constater que nos consommations d’énergie continuent à croître et on ne voit pas quelle alternative plausible pourrait inverser cela à court terme. C’est sans doute déjà intellectuellement intéressant de parler de décroissance, mais tout changement de fonctionnement n’est-il pas en lui-même consommateur d’énergie ?

    Pour certains, c’est la rareté des énergies fossiles ou des matières premières qui imposera d’elle-même les changements que nous ne réussissons pas à mettre en oeuvre. Ces évolutions forcées risquent d’exacerber la concurrence autour des sources d’énergie et de matières premières en cours d’épuisement. La paix règnera-t-elle alors dans le monde, ou reviendrons-nous à des guerres comme celles du feu ou de l’eau ?

    Nos pratiques n’évoluent que lentement et les écolos eux-mêmes ne se privent pas toujours de machine à laver la vaisselle ou d’aller en avion à leurs colloques.

    L’électricité nucléaire comme solution d’attente ? C’est là la question tabou à ne pas poser, mais que l’auteur de ce texte pose.

    Est-ce iconoclaste de demander :

    1) Davantage de transparence de la part du CEA.

    2) Des débats publics honnêtes (pas après les décisions prises), préparés par une information à charge et à décharge, une pédagogie dont il faut accepter de payer le prix. D’autant qu’il s’agit d’un domaine qui suscite la peur et fausse notre jugement.

    3) D’accepter de se poser la question des apports de l’énergie nucléaire et trouver un système plus ouvert de contrôle du fonctionnement des installations, par des experts indépendants et des représentants de la population la plus directement exposée. Rien dans ce domaine ne doit être pris pour argent comptant.

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