Dans un rapport réalisé en un temps très court et rendu au gouvernement au début de 2004 Thierry Chambolle a mis en évidence la part prépondérante du secteur transports dans les émissions de CO2 de la France. Cette singularité nationale s’explique par le fait que la plus grande partie de l’électricité est produite à partir du nucléaire, secteur dans lequel la pénétration de cette forme d’énergie est la plus faible.
En effet, la consommation des trains, des métros et des tramways représente peu de choses par rapport à celle des automobiles, des poids lourd, des avions et des bateaux.
Ainsi une double conclusion s’impose à tous ceux qui souhaitent réduire les émissions de CO2 sans nuire au développement de nos économies :
la première conclusion, c’est qu’il faut encourager, chaque fois que c’est
techniquement possible, toutes les formes de migration des formes de transport
classiques consommatrices de combustibles fossiles vers les transports à
base d’électricité : développement du réseau TGV, des lignes de métro et de
tramway, ferroutage, véhicules à propulsion électrique. Pour inciter à cette
migration, tous les moyens disponibles devront être simultanément utilisés :
appels au civisme, restrictions de la circulation automobile dans les
zones urbanisées, investissements massifs dans les infrastructures de
transport collectif, taxation des transports émettant du C02.
Les projets d’écotaxe sur le CO2 évoquée lors de la campagne
présidentiuelle ou plus récemment d’"eurovignette" entrent parfaitement
dans ce schéma.
la deuxième conclusion, c’est que les efforts qui viennent d’être décrits
n’auraient pas de sens si les quantités supplémentaires d’électricité appelées
devaient être produites à partir de combustibles fossiles. Dans la mesure où la
production d’électricité à partir de ressources renouvelables (houille blanche,
énergie éolienne, solaire, etc...) n’est pas encore à la hauteur des besoins,
la seule issue restante consiste à construire de nouvelles tranches
de production nucléaire d’électricité.
Il est remarquable de noter que ces deux conclusions conduisent à développer des technologies déjà plutôt bien maîtrisées par la France, et parvenues à un degré certain de maturité.
Le plus difficile restera de convaincre les grands pays qui représentent la plus grosse part des émissions potentielles de CO2 : Etats-Unis, Chine, Inde. Et de vaincre au passage la peur du nucléaire, entretenue depuis de nombreuses années, et ravivée par les actuelles tensions du proche orient, au point d’être devenue pour nombre de nos concitoyens et voisins européens un véritable tabou.
Christian Scherer

le "diagramme de Chambolle"
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