Avec une plume élégante qui parvient à être à la fois magistrale, accessible et humoristique, Martin Roulleaux Dugage, fort de son expérience de gestionnaire du KM (Knowledge Management) chez Schneider et d’animateur de réseaux de meilleures pratiques de ses pairs nous livrera sous peu un ouvrage qu’il sous-titre "guide pratique de l’entreprise en réseau", et qui donne des clefs majeures pour la compétitivité et l’efficacité des entreprises ou d’autres organisations. Livre à la fois utile aux manageurs et à tous ceux qui ont perçu l’importance toujours croissante du capital immatériel dans la création de valeur. (plus de la moitié en France, plus des deux-tiers aux Etats Unis, aujourd’hui...)
On y trouve que chacun est au centre d’un ensemble de réseaux concentriques ; les réseaux collaboratifs, non hiérarchiques mais organisés, ont une valeur qui croît comme 2**N où N est le nombre de participants, et sont ceux où naît surtout l’innovation ; les réseaux sociaux aléatoires (le carnet d’adresse que chacun remplit au gré de ses rencontres) ont une valeur proportionnelle à N², les réseaux qu’il qualifie de "politiques", où un démiurge fait entendre sa voix, ont une valeur proportionnelle à N. Ce qui devrait logiquement conduire à multiplier les premiers, et à repenser la théorie de la firme de Williamson.
On y retrouve que si l’on définit comme lien entre personnes le fait qu’elles se connaissent, le nombre de liens qui sépare deux personnes choisies au hasard sur terre est étonnamment bas (inférieur à six), si bien que chacun a à sa portée infiniment plus de connaissances d’expertise et de chances qu’il ne le suppose, à condition de savoir s’organiser en communautés apprenantes (des "petits mondes" au sens mathématique du terme)
On y trouve une analyse constructive et apaisante sur ce qui arrive lorsque deux ou plusieurs réseaux puissants interfèrent, grâce au rôle d’agents aux interfaces, là où les médias préfèrent en général exacerber les tensions entre noeuds principaux des réseaux.
On y jubile à lire les différences de capital social de connaissances qui figurent selon les rapports des organisations et des individus au collectif, à l’écrit, au temps, à l’échec, aux chefs, aux organigrammes, à l’information elle-même.
On y trouve quantité d’observations pratiques sur cette somme de petits riens qui font qu’une organisation prospère, ou végète.
Alors que notre société, pour survivre et rayonner, ne doit pas céder aux sirènes du désenchantement, lisez, lisez, le "prix de la confiance".
[comme l’édito est trop long, j’épargne au lecteur ce qu’est un "petit monde", mais pour les curieux, on dit qu’un réseau a les propriétés d’un petit monde si le voisinage local ressemble à celui d’un réseau aléatoire régulier et si le diamètre du réseau croît comme le logarithme du nombre des sommets.. C’est comme ça que fonctionne google, par exemple]
GPV
http://www.mopsos.com/livre/ http://www.mopsos.com/Temp/prixdelaconfiance_v1.1_ex.pdf http://ensmp.net/darpminet/myrtille http://solutions.journaldunet.com/0409/040915_schneider.shtml
Le Cawa d’AdmiNet