(source : l’Orient LE JOUR - 25 avril 2007)
La branche armée du mouvement palestinien Hamas a tiré hier des dizaines de roquettes sur le territoire israélien, proclamant la fin d’une fragile trêve avec l’État hébreu qui a promis de riposter.
« La trêve n’existe plus. C’est l’ennemi israélien qui ne l’a pas respectée et maintenant c’est au tour des groupes palestiniens », a déclaré à l’AFP le porte-parole des brigades Ezzedine al-Qassam, Abou Obaida. Le porte-parole du Premier ministre palestinien issu du Hamas Ismaïl Haniyeh a toutefois affirmé que le gouvernement « reste attaché au maintien de la trêve pour préserver les intérêts du peuple palestinien et le protéger des crimes et des agressions de l’ennemi ». « Le gouvernement met en garde contre l’effondrement de la trêve si les forces d’occupation poursuivent leur agression », a ajouté le porte-parole, Ghazi Hamad, dans un communiqué. Le mouvement Hamas contrôle avec le Fateh le gouvernement d’union nationale palestinien.
Quelques heures après les tirs, le ministre de la Défense israélien Amir Peretz a tenu une réunion d’urgence à Jérusalem avec l’état-major de l’armée. « Israël voit l’incident de ce matin comme étant extrêmement sérieux et agira sans compromettre, contre les personnes impliquées en temps voulu et avec les moyens adéquats », a affirmé un haut responsable sécuritaire présent à la réunion.
M. Haniyeh a pour sa part accusé Israël d’être à l’origine de la rupture de cette trêve. « Il existait une position d’ensemble palestinienne positive (vis-à-vis de la trêve) mais, malheureusement, nous avons été surpris par l’élargissement et l’escalade de l’agression » israélienne, a-t-il dit. M. Haniyeh faisait référence à la mort de neuf Palestiniens, dont cinq activistes, tués au cours du week-end par l’armée israélienne.
En vertu d’un accord de cessez-le-feu fin novembre 2006, l’armée israélienne avait mis fin à ses opérations militaires dans la bande de Gaza et s’était engagée à ne pas y lancer d’attaques. Pour leur part, les groupes palestiniens, dont le Fateh et le Hamas, devaient s’abstenir de tirer des roquettes. Plus d’une centaine de roquettes ont toutefois été tirées depuis. En représailles, l’armée a repris début avril ses attaques, aériennes notamment, dans la bande de Gaza. Les Brigades Ezzedine al-Qassam ont revendiqué le tir de 28 roquettes et 61 obus de mortier sur le sud d’Israël, à la lisière de la bande de Gaza. Les Brigades des martyrs d’al-Aqsa, une nébuleuse de groupes armés liés au Fateh du président Mahmoud Abbas, ont revendiqué le tir de quatre roquettes. Selon l’armée, seuls six roquettes et huit obus sont tombés en territoire israélien, sans faire de victime. Des hélicoptères israéliens ont ensuite « ouvert le feu sur des zones depuis lesquelles les roquettes ont été tirées. Personne n’a été touché », a-t-elle indiqué.
En outre, l’armée israélienne a affirmé dans un communiqué qu’elle avait déjoué « une opération de grande envergure » du Hamas. Une source de sécurité a estimé que les volées de roquettes pourraient avoir été une manœuvre de diversion du Hamas pour tenter d’enlever un soldat israélien.
L’aile militaire du Hamas a averti que les « sionistes ouvriront les portes de l’enfer s’ils mènent une agression contre Gaza ». « L’ennemi payera un prix fort pour toute agression contre Gaza qui se transformera en cimetière pour ses soldats », a renchéri Abou Obaida.
Les forces de sécurité en Israël sont en état d’alerte de crainte d’attentats au moment des célébrations marquant le 59e anniversaire de la création en 1948 de l’État juif, selon le calendrier hébraïque.
Pour leur part, les États-Unis ont appelé les Palestiniens à ne pas renoncer à la trêve conclue en novembre avec Israël, soulignant que « le chemin vers la (création de la) Palestine » en tant qu’État indépendant passe par les négociations et non la violence. La France a qualifié de « très préoccupante » la proclamation par la branche armée du mouvement palestinien islamiste Hamas de la fin d’une trêve avec Israël, appelant les parties à éviter la « spirale de violence ».
Enfin, le pape Benoît XVI a salué les efforts en cours pour relancer le dialogue entre Israéliens et Palestiniens lors de sa rencontre hier au Vatican avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a indiqué un communiqué du Saint-Siège. Les échanges ont également porté « sur la situation interne palestinienne », et « notamment sur les difficultés que rencontrent les catholiques et la valeur de leur contribution à la société » palestinienne, indique le communiqué.
Le Cawa d’AdmiNet