Chaque fois que le prix des produits pétroliers augmente, on frôle l’émeute. Chaque catégorie professionnelle ou sociale un peu organisée y va de sa protestation, et entend bien défendre ses acquis et son mode de vie.
Il faut donc chercher un coupable.
Certains accusent les vilains émirs du pétrole, qui oseraient menacer de fermer le robinet, ou les dangereux américains, bien décidés à aller les rouvrir par la force, ou encore les chinois qui voudraient bien imiter nos modes de consommation, faisant flamber le cours du pétrole brut.
D’autres accusent les grandes compagnies pétrolières Total et Shell de pratiquer des prix à la pompe supérieurs à ceux du supermarché voisin, et appellent donc au boycot.
D’autres enfin ont trouvé le coupable idéal : c’est le ministère des finances qui taxe abusivement les hydrocarbures.
Tout se passe donc comme si dans notre pays -insoutenable légèreté des Français- les enseignements du "Grenelle de l’Environnement" étaient déjà oubliés, une actualité chassant l’autre, comme l’élève ayant rendu sa copie peut retourner à ses occupations préférées.
Les plus grand savants du monde nous ont pourtant expliqué l’impérieuse nécessité de modérer les émissions de gaz à effet de serre, qui sont la vraie menace. Dès lors tout ce qui peut décourager la consommation des combustibles va dans le bon sens, depuis le plus modeste couloir à vélo jusqu’à une grève illimitée des charters aériens.
Les experts de Bercy ont eu le génie d’inventer la TVA, impot moderne dont on connaît bien les vertus en termes de neutralité économique. Il leur reste à inventer une taxe carbone, aussi équitable que possible entre toutes les formes d’émissions polluantes, y compris le kérosène des avions par exemple, et traiter les revendications catégorielles pour ce qu’elles sont, à savoir l’expression de lobbies bien organisés qui font passer l’intérêt général au second plan.
Aucune campagne médiatique, si dispendieuse soit-elle, ne peut à elle seule avoir un impact profond et pérenne sur l’opinion, tant celle-ci est volatile et sensible en même temps aux autres messages de la sphère marchande.
L’Histoire nous a appris que seuls deux types de phénomènes sont capables d’agir durablement et en profondeur pour modifier les comportements et en même temps les idéologies qui les sous-tendent.
En premier lieu, un événement catastrophique majeur, convenablement mis en scène : l’attaque de Pearl Harbour a fait entrer l’Amérique dans la guerre mondiale, la chute du régime soviétique a permis de ne plus payer les retraites et les emplois improductifs, les attentats du 11 septembre 2001 ont permis de mettre la main sur des ressources pétrolières, etc...
En second lieu le signal prix. C’est celui qu’ont choisi nos sociétés les plus évoluées, et nos protestataires d’aujourd’hui seraient bien avisés de le reconnaître plutôt que de risquer des phénomènes de l’autre catégorie.
CS
"Les Français doivent adopter des comportements et des modes de consommation différents à la fois pour préserver leur pouvoir d’achat et pour préparer l’avenir", a déclaré la ministre de l’Economie dans un entretien paru dimanche dans Le Parisien-Aujourd’hui en France. "Il s’agit par exemple de conduire moins vite, plus souvent en sous-régime qu’en sur-régime : sur autoroute, lever le pied, c’est rouler intelligent", a-t-elle notamment conseillé, ajoutant : "Utilisons les bicyclettes."

Le vélo, nouvel accessoire de mode
Face aux grèves, faites du vélo...mais avec classe (La Tribune)
Martine Aubry offre un vélo à Nicolas Sarkozy
Autres sources :
Nicolas Hulot
Jean-Marc Jancovici
Yves Martin
Henri Prévôt
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Le vélo électrique, c’est chic
Le Cawa d’AdmiNet