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La pollution par les industries extractives pétrolières pourrait causer des dommages irréversibles à la pêcherie et à la biodiversité dans les zones côtières et marines protégées

En Guinée-Conakry



mardi 4 septembre 2007

Le Diplomate a sorti deux numéros cette semaine. Le N°253 et le N°254.

- Le Diplomate N°253 : « Et si c’était un complot contre la Guinée », avance Talibé Barry à la lecture du rapport Comité interministériel de renégociation des conventions et accords miniers (CIRCAM) : « Mieux vaut tard que jamais. Le Comité interministériel de renégociation des conventions et accords miniers (CIRCAM) a rendu publiques les conclusions de son analyse du contrat de partage de la production du pétrole offshore signé en septembre 2006 entre la société SCS Corporation filiale de la compagnie Hyperdynamics et le Gouvernement guinéen, d’une part. De l’annexe C à la Convention du 03 novembre 2000 entre Rouski Alumini et la République de Guinée. C’est la RTG Koloma qui a été, le mercredi 22 août dernier, le théâtre de cet exposé de près de trois (03) heures. Introduit et clôturé par le ministre des Mines et de la Géologie Dr Ahmed Kanté, cette sortie a eu le mérite de jeter une lumière crue notamment sur le Contrat de SCS Corporation qui recèle d’énormes déséquilibres foncièrement défavorables aux intérêts de la Guinée. Dans son speech introductif, le Dr Ahmed Kanté a décrit le Comité interministériel créé le 08 juin 2007 comme une équipe multidisciplinaire composée de cadres des ministères des Mines, de l’Economie et des Finances, de la Justice, de l’Environnement, des représentants du Syndicat et de la Société civile. Le ministre des Mines et de la Géologie a précisé que cet exposé vise à faire la lumière sur des sujets qui font l’objet de toutes les interprétations. Il a souligné que le choix de ces deux dossiers se justifie par le fait qu’ils étaient introduits à l’Assemblée nationale pour ratification (...) En tout cas, à la fin de l’exposé des experts guinéens, ce mercredi 22 août à la RTG Koloma, le Dr Ahmed Kanté a lancé cette phrase marquante : "Il ne s’agit pas d’une chasse aux sorcières. Il s’agit de ramener dans les normes des contrats qui ont été négociés et signés dans des conditions que seule l’histoire pourra élucider". Mais déjà, à découvrir les déséquilibres du Contrat SCS Corporation, on ne peut pas ne pas se demander si ce n’est pas un complot contre la Guinée. Et parmi les coupables, il y a bel et bien des cadres guinéens  ».

- Le Diplomate N°253 . Dans un Panel, Salim Youssouf Diallo du journal a recueilli les réactions de certains citoyens dont voici des extraits :
- « Me Mohamed Boundou Sylla, avocat : "Je pense que le gouvernement guinéen a bel et bien raison de passer à la révision des conventions minières. Si on revient un peu en arrière, il y a quelques mois, le pays était en effervescence. Les populations étaient mécontentes, la société civile, les partis politiques et plus principalement les mouvements syndicaux. Dans leur plate-forme de la déclaration figurait la révision des conventions minières. En effet, si ces conventions ont été signées dans des conditions nébuleuses, il est tout à fait normal aujourd’hui que le gouvernement actuel revienne là-dessus.. »
- « Camara Alsény Karamoko : Professeur d’Anglais au Centre universitaire de Labé : "En effet, concernant ce problème qui oppose la Guinée à ses partenaires miniers au sujet de la révision des conventions, le gouvernement doit faire beaucoup attention lors de la signature des contrats. Dans la mesure où avant de signer un contrat, il faut être clair avec son partenaire. Mais si cela n’est pas fait ça risque de créer des problèmes plus tard. C’est pourquoi on est face à tous ces problèmes là aujourd’hui... »

- La Lance N° 553. En page 8 du journal, Bah M. (Mamadou) Lamine ouvre le dossier sur les activités de deux sociétés minières que le rapport du Circam a épinglées. Le premier article est titré : « La Guinée livrée aux voleurs ». Mon confrère écrit, amer, : « Profitant de la fragilité de nos institutions, de la veulerie voire de la gourmandise sans limite de certains de nos cadres, ces maîtres escrocs comme SCS Corporation et Hyperdynamics et Rusal tombent à bras raccourcis sur nos ressources. La tentative d’escroquerie et l’escroquerie orchestrées par eux qui a été démasquée par le Comité ministériel de renégociation des Conventions et Accords Miniers (CIRCAM) et divulguée grâce à la Télévision Nationale est symptomatique de cette situation. Depuis longtemps déjà, la presse écrite privée avait sonné l’alarme. A la lecture du rapport du Circam, on a l’impression que c’est la Guinée qui demande à investir et que SCS Corporation, c’est le pays qui accueille ! La Guinée et les Guinéens, la SCS et les voyous de Hyperdynamics s’en fichent. Ils proposent de s’en prendre 90% des sous que rapporterait le pétrole. A la Guinée et aux Guinéens 10% ! Et tout ça, c’est pour se faire rembourser des dépenses qu’ils n’ont jamais effectuées. Il n’y a plus voleur que la paire Hyperdynamics et SCS qui masquent leur forfaiture en faisant de la publicité mensongère et en ramassant des ordures à Conakry (...) SCS Corporation et Hyperdynamics ont essayé d’escroquer la Guinée. Ils ont été démasqués par le CIRCAM. La renégociation qui s’est adossée sur des fondements à la fois politiques (accords tripartites avec les syndicats et demande de l’Assemblée Nationale), constitutionnels (article 77 de la Loi Fondamentale) et internationaux (résolution 1803 de 1962 de l’ONU) à révélé le pot-aux-roses. Ruski Alumini (RUSAL), première société dans son domaine au monde nous a volé et nous vole depuis des années. Pour combien de millions de dollars de préjudice à la Guinée ? »

- La Lance. Le deuxième article de BML (Bah Mamadou Lamine) est intitulé : « Haro sur les voleurs ! » Le doyen de regretter  : « Les richesses minières n’ont jamais apporté le bonheur aux Guinéens. Sous la révolution sékouthouréenne un régime d’apartheid était installé de fait à Kamsar par la CBG. Qui disposait d’une piscine accessible seulement aux expatriés blancs (...) Ce même apartheid a survécu au plan économique entre Kamsar-Cité et Kamsar-Village : le premier se noyait dans la vie moderne (goudron, eau, électricité, sécurité) et le second dans la poussière, l’obscurité et la sécheresse (...) Ainsi en 1982, Fria et CBG rapportaient aux caisses publiques 350 millions de dollars par an. Ces recettes étaient réparties en taxe spéciale sur les produits miniers et dérivés et la taxe à l’exportation. Ces sous étaient planqués dans des comptes protégés (...) Après le 3 avril 1984, ces taxes ont été supprimées ou réduites. Argument : la bauxite se vend mal. Quant aux comptes, ils ont été débloqués mais personne ne sait que sont devenus les sous qui y étaient ». Pour mon confrère, « Les gens qui ont signé ces conventions doivent des explications aux Guinéens. Ils doivent y être contraints par la justice. La société civile doit y veiller. N’en déplaise à tous les sinistres M’Bemba Bangoura si hostiles au changement ».

- La Lance : « Les maîtres escrocs » est le troisième article rédiger par BML pour qui : «  Rusal est une société qui doit sa première place au monde dans son domaine au pillage des ressources des pays pauvres comme la Guinée. Profitant de nos relations traditionnelles avec l’Union Soviétique, ils se sont installés chez nous en maîtres. Ils violent nos lois sociales relatives à l’emploi, au recrutement, au licenciement… et le droit de propriété en s’appropriant les biens de la SBK, patrimoine de l’Etat. Pour faire diversion, le maître-escroc Rusal aménage des terrains vagues sous forme de terrains de sport avec des slogans bidons « Dons à la jeunesse guinéenne ». Alors qu’à côté, ils nous roulent dans la farine. Rusal se déploie dans la sensibilisation sur les dangers à travers les chemins de fer. Son train passe son temps à tuer les piétons sans que leurs ayants droits bénéficient d’une juste rémunération de la part des assurances » Pour l’auteur de l’article : « Ils se foutent tellement de nous qu’ils mettent des fils ridicules le long des rails sensés empêcher les citoyens de marcher ou d’enjamber les chemins de fer. Comble de l’injure de la foutaise, Rusal n’a que du mépris pour les cadres guinéens. Il préfère employer des étrangers africains (Sénégalais, Béninois, ou Togolais). Si les Guinéens ne sont pas protégés en Guinée, ils vont l’être dans quels pays ? En Russie ? » s’interroge mon confrère qui conclut en ces termes : «  SCS Corporation, Rusal et les cadres guinéens qui ont signé ces conventions doivent être poursuivis en justice. Pour vol, corruption et tentative de vol. A l’issue du jugement, SCS Corporation et Hyperdynamics devront être chassés de la Guinée avec interdiction définitive à leurs hommes (ayants droits et ayants causes) de négocier le moindre contrat avec la Guinée ».

- La Lance. Comme pour boucler cette série d’articles, l’Administrateur général du journal, Diallo Souleymane, prend la plume pour dénoncer, sous le titre : « Le Parlement et la convention de Hyperdynamics ». C’est en page 9 où, Diallo Souleymane écrit : « Plus d’un Guinéen aura été surpris d’apprendre que le Président de l’Assemblée Nationale, El Hadj Aboubacar Somparé, veut obtenir à tout prix, la ratification de la maudite convention de partage de production des hydrocarbures, signée le 22 septembre 2006 entre la République de Guinée et SCS Corporation, "filiale à 100% de Hyperdynamics (...) Le 11 mai, une Inter-Commission parlementaire a été désignée pour se pencher sur les Conventions. La Commission a rencontré une délégation de la direction de SCS Corporation entre le 17 et le 20 Mai d’une part : et de l’autre, M. Ahmed Kanté [ndlr GCI : Ministre des mines et Géologie] et ses collaborateurs. Tout cela, pour recueillir des informations objectives en vue de prendre position, vis-à-vis de la Convention en toute connaissance de cause. Après analyse de la Commission, l’Assemblée Nationale a adressée au gouvernement un mémorandum dans lequel elle a fait les recommandations suivantes : "RECOMMANDATIONS : Les Députés de l’Inter-Commission, tout en souhaitant ardemment que le pétrole ne se transforme pas en cauchemar pour les populations guinéennes, mais constitue plutôt un grand espoir réel en une vie meilleure ; recommandent à leurs Honorables collègues de la présente plénière : 1- De demander au gouvernement d’entreprendre les démarches appropriées pour résoudre avec les partenaires de SCS Corporation et Hyperdynamics, dans un esprit de compréhension mutuelle et d’avantage réciproques, les divergences constatées dans la conception, l’élaboration et la mise en œuvre du dossier du "Contrat de Partage de Production des Hydrocarbures" liant déjà les deux parties. 2- D’inviter les deux parties à remédier à l’absence d’un volet d’études d’impact environnemental et d’un engagement du contrat à le réaliser. Dans la pratique universelle, ces études précèdent obligatoirement l’exploitation. En effet, la pollution par les industries extractives pétrolières pourrait causer des dommages irréversibles à la pêcherie et à la biodiversité dans les zones côtières et marines protégées. Excellence Monsieur le Président, Honorables députés, Compte tenu des facteurs endogènes et exogènes qui opposent les deux parties, Gouvernement et SCS-Corporation, l’Inter-Commission les invitent à une table de négociations. Pour ce faire, l’Inter-Commision demande que l’examen du dossier soit reporté à une deuxième lecture à la session extraordinaire du Parlement en juin 2007. Nous vous remercions.L’inter-Commission" ». Diallo Souleymane estime que «  Aujourd’hui, les Guinéens dans leur majorité, savent que cette convention n’est bonne ni pour leur présent, ni pour leur avenir et celui de leur pays. Pourtant M. Somparé persiste pour que tout soit signé à tout prix. A présent, cette volonté de plonger les intérêts du pays dans l’inconnu, s’en trouve doublée d’une impatience difficilement compréhensible aux yeux du Guinéen. Celui qui devrait servir de rempart pour sauvegarder les intérêts du pays, souhaite coûte que coûte ratifier une Convention que l’on doit forcément réviser. Aujourd’hui ou demain, M. Somparé Aboubacar va jusqu’à écrire au Premier ministre pour tenter de lui forcer la main. Lisez plutôt ! "Le Président A son Excellence Monsieur le Premier Ministre chef du Gouvernement  : Je viens par la présente vous faire part de la décision de mon institution de soumettre à l’approbation des députés le contrat de partage d’hydrocarbures entre la République de Guinée et Hyperdynamics Corporation" » Souleymane Diallo de repartir  : « On ne sait pas encore quelle réponse M. Lansana Kouyaté a voulu réserver à la lecture de M. Somparé. Mais, vu la lettre de mission qui l’a amené à la Primature, vu aussi son statut de citoyen guinéen tout court, M. Kouyaté ne peut pas ne pas avoir tenu compte des enjeux, somme toute énormes, que doit représenter la question pétrolière, pour la Guinée du 21è siècle. Il y a aussi SCS Corporation qui a unilatéralement rompu les négociations et que la balle se trouve actuellement dans son camp. La campagne médiatique que SCS a menée dans les quartiers de Conakry est de nature à fâcher un partenaire de terrain, surtout si celui-ci s’appelle… Etat. En tout état de cause, le législatif que préside M. Somparé ne peut se prononcer sur la version d’un contrat que l’exécutif n’a pas encore fini d’élucider. On ne saurait être plus royaliste que le roi à cause de retombées hypothétiques de royalties, «  octroyées » par un contrat de partage aussi mal ficelé. L’image du pays y laisserait des plumes ».

- Le Lynx N° 802. Abou Bakr d’emboîter le pas, en s’exclamant  : « Le Circam, les conventions et les accords miniers : Hyperdynamite  ! » Pour mon confrère : « Au-delà du caractère rocambolesque des termes de ces conventions, le Gouvernement guinéen a pris l’initiative de procéder à la renégociation de toutes les conventions et accords miniers pour permettre à la Guinée de jouir de ses ressources » Ahmed Kanté, le ministre sans sourire, des mines ne fait pas dans la langue de…déboire. Il estime que SCS Corporation, sous le masque «  Hyperdynamics » n’est rien d’autre qu’une société sous traitante du contrat de base signé entre US Oil, une compagnie pétrolière américaine et la République de Guinée. « Nous avons à faire à un interlocuteur sans visage, sans aucun document de référence sur ses activités dans les trois dernières années. Aucune donnée fiable sur les expériences et les expertises techniques. De 1995 à nos jours, SCS Corporation n’a pas réalisé un seul forage. Il ne s’agit pas de chasse aux sorcières, mais le gouvernement tient à en savoir plus sur les activités de cette société » (...) Le Comité se dit outré que SCS Corporation refuse de respecter ses obligations à l’égard de l’Etat dans l’accord de sous-traitance conclu en décembre 2002 avec US Oil dans le contrat de partage de production et de royaltie, signé en octobre 2002, Circam exige que la Société précise son identité, ses relations avec Hyperdynamics et ses responsabilités vis-à-vis de la Guinée. Il exige aussi de SCS Corporation les documents techniques et les administratifs. Au regard de tous ces ratés, Circam exige de renégocier la convention sur la base du projet du Comité et du contrat-type, avec un accent particulier sur la superficie de la zone contractuelle qui doit être réduite, les obligations de travaux et de dépenses à être plus précises, la récupération des coûts pétroliers, un partage plus équilibré de la production, de même que le régime fiscal. Dernière exigence et pas des moindres s’assurer des capacités techniques de SCS Corporation avant de procéder à la ratification, même si les corrections utiles sont apportées aux clauses du contrat. Alors, là ! Boursicotiers, quand tu nous tiens ».

- Le Lynx. Abou Bakr revient dans un second article titré : « Risqué Alumini, le mauvais locataire ! » Mon confrère de rapporter : « 62.500 dollars ricains par mois ! C’est ce que donne la société Ruski Alumini pour exploiter chemin de fer, cité minière, installations portuaires, train, usine. Il vaut mieux renégocier… « Ils invoquent la défectuosité des installations sur lesquelles ils travaillent pourtant depuis l’acquisition pour justifier ce montant dérisoire qu’ils versent à l’Etat guinéen. Ils font un mélange terrible entre leur fonction de locataire et leur fonction d’opérateurs » fait remarquer le ministre Kanté, le Cancan des Mines. «  Ce montant de 62.500 dollars qui donne le droit d’abus de propriété à Rusal est largement inférieur aux prix mensuel de location de certains immeubles respectables de Conakry. Cette propagande qui consiste à débloquer des fonds pour des matches de football et des manifestations folkloriques contribue à la dégradation du climat politique dans le but de distraire le Gouvernement. Ça ne marchera pas ». Pour le Circam, le montant forfaitaire du loyer des installations guinéennes devrait, au bas mot, dépasser les 500.000 dollars ricains par mois. Calcul de Circam : le loyer maximal de sept dollars par tonne de bauxite 1.458.333 dollars par mois, un minimum de trois dollars la tonne fait 625000 à 750000 dollars américains (...) La convention sur l’exploitation de l’offshore guinéen, et sur l’exploitation de notre bauxite constituent deux maux de dents pour la Guinée. Seule différence, Ruski Alumini reconnaît ses erreurs et consent à renégocier. SCS Corporation, cachée sous le manteau de Hyperdynamics, fait la cour aux leaders d’opinion, à la foule des opportunistes en mal de pitance pour faire ratifier une convention à la manque ».

Voir en ligne : http://www.guineeconakry.info/index...

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