Le Diplomate a sorti deux numéros cette semaine. Le N°253 et le N°254.
- Le Diplomate N°253 : « Et si c’était un complot contre
la Guinée », avance Talibé Barry à la lecture
du rapport Comité interministériel de renégociation des
conventions et accords miniers (CIRCAM) : « Mieux vaut tard que jamais.
Le Comité interministériel de renégociation des conventions
et accords miniers (CIRCAM) a rendu publiques les conclusions de son analyse
du contrat de partage de la production du pétrole offshore signé en
septembre 2006 entre la société SCS Corporation filiale de la compagnie
Hyperdynamics et le Gouvernement guinéen, d’une part. De l’annexe
C à la Convention du 03 novembre 2000 entre Rouski Alumini et la République
de Guinée. C’est la RTG Koloma qui a été, le mercredi
22 août dernier, le théâtre de cet exposé de près
de trois (03) heures. Introduit et clôturé par le ministre des Mines
et de la Géologie Dr Ahmed Kanté, cette sortie a eu le mérite
de jeter une lumière crue notamment sur le Contrat de SCS Corporation
qui recèle d’énormes déséquilibres foncièrement
défavorables aux intérêts de la Guinée. Dans son speech
introductif, le Dr Ahmed Kanté a décrit le Comité interministériel
créé le 08 juin 2007 comme une équipe multidisciplinaire
composée de cadres des ministères des Mines, de l’Economie
et des Finances, de la Justice, de l’Environnement, des représentants
du Syndicat et de la Société civile. Le ministre des Mines et de
la Géologie a précisé que cet exposé vise à faire
la lumière sur des sujets qui font l’objet de toutes les interprétations.
Il a souligné que le choix de ces deux dossiers se justifie par le fait
qu’ils étaient introduits à l’Assemblée nationale
pour ratification (...) En tout cas, à la fin de l’exposé des
experts guinéens, ce mercredi 22 août à la RTG Koloma, le
Dr Ahmed Kanté a lancé cette phrase marquante : "Il
ne s’agit pas d’une chasse aux sorcières. Il s’agit
de ramener dans les normes des contrats qui ont été négociés
et signés dans des conditions que seule l’histoire pourra élucider". Mais
déjà, à découvrir les déséquilibres
du Contrat SCS Corporation, on ne peut pas ne pas se demander si ce n’est
pas un complot contre la Guinée. Et parmi les coupables, il y a bel et
bien des cadres guinéens
».
- Le Diplomate N°253 . Dans un Panel, Salim Youssouf Diallo du
journal a recueilli les réactions de certains citoyens dont voici des
extraits :
- « Me Mohamed Boundou Sylla, avocat : "Je pense que le gouvernement
guinéen a bel et bien raison de passer à la révision des
conventions minières. Si on revient un peu en arrière, il y a quelques
mois, le pays était en effervescence. Les populations étaient mécontentes,
la société civile, les partis politiques et plus principalement
les mouvements syndicaux. Dans leur plate-forme de la déclaration figurait
la révision des conventions minières. En effet, si ces conventions
ont été signées dans des conditions nébuleuses, il
est tout à fait normal aujourd’hui que le gouvernement actuel revienne
là-dessus.. »
- « Camara Alsény Karamoko : Professeur d’Anglais au Centre
universitaire de Labé : "En effet, concernant ce problème
qui oppose la Guinée à ses partenaires miniers au sujet de la révision
des conventions, le gouvernement doit faire beaucoup attention lors de la signature
des contrats. Dans la mesure où avant de signer un contrat, il faut être
clair avec son partenaire. Mais si cela n’est pas fait ça risque
de créer des problèmes plus tard. C’est pourquoi on est face à tous
ces problèmes là aujourd’hui... »
- La Lance N° 553. En page 8 du journal, Bah M. (Mamadou) Lamine ouvre
le dossier sur les activités de deux sociétés minières
que le rapport du Circam a épinglées. Le premier article est titré : « La
Guinée livrée aux voleurs ». Mon confrère écrit,
amer, : « Profitant de la fragilité de nos institutions, de la veulerie
voire de la gourmandise sans limite de certains de nos cadres, ces maîtres
escrocs comme SCS Corporation et Hyperdynamics et Rusal tombent à bras
raccourcis sur nos ressources. La tentative d’escroquerie et l’escroquerie
orchestrées par eux qui a été
démasquée par le Comité ministériel de renégociation
des Conventions et Accords Miniers (CIRCAM) et divulguée grâce à la
Télévision Nationale est symptomatique de cette situation. Depuis
longtemps déjà, la presse
écrite privée avait sonné l’alarme. A la lecture
du rapport du Circam, on a l’impression que c’est la Guinée
qui demande à investir et que SCS Corporation, c’est le pays qui
accueille ! La Guinée et les Guinéens, la SCS et les voyous de
Hyperdynamics s’en fichent. Ils proposent de s’en prendre 90% des
sous que rapporterait le pétrole. A la Guinée et aux Guinéens
10% ! Et tout ça, c’est pour se faire rembourser des dépenses
qu’ils n’ont jamais effectuées. Il n’y a plus voleur
que la paire Hyperdynamics et SCS qui masquent leur forfaiture en faisant de
la publicité mensongère et en ramassant des ordures à
Conakry (...) SCS Corporation et Hyperdynamics ont essayé d’escroquer
la Guinée. Ils ont été démasqués par le CIRCAM. La
renégociation qui s’est adossée sur des fondements à la
fois politiques (accords tripartites avec les syndicats et demande de l’Assemblée
Nationale), constitutionnels (article 77 de la Loi Fondamentale) et internationaux
(résolution 1803 de 1962 de l’ONU) à
révélé le pot-aux-roses. Ruski Alumini (RUSAL), première
société dans son domaine au monde nous a volé et nous vole
depuis des années. Pour combien de millions de dollars de préjudice à la
Guinée ? »
- La Lance. Le deuxième article de BML (Bah Mamadou Lamine) est
intitulé : « Haro sur les voleurs ! » Le doyen de regretter
: « Les richesses minières n’ont jamais apporté
le bonheur aux Guinéens. Sous la révolution sékouthouréenne
un régime d’apartheid était installé de fait à Kamsar
par la CBG. Qui disposait d’une piscine accessible seulement aux expatriés
blancs (...) Ce même apartheid a survécu au plan économique
entre Kamsar-Cité et Kamsar-Village : le premier se noyait dans la vie
moderne (goudron, eau, électricité, sécurité) et
le second dans la poussière, l’obscurité
et la sécheresse (...) Ainsi en 1982, Fria et CBG rapportaient aux caisses
publiques 350 millions de dollars par an. Ces recettes étaient réparties
en taxe spéciale sur les produits miniers et dérivés et
la taxe à l’exportation. Ces sous étaient planqués
dans des comptes protégés (...) Après le 3 avril 1984, ces
taxes ont été supprimées ou réduites. Argument :
la bauxite se vend mal. Quant aux comptes, ils ont
été débloqués mais personne ne sait que sont devenus
les sous qui y
étaient ». Pour mon confrère, « Les gens qui
ont signé ces conventions doivent des explications aux Guinéens.
Ils doivent y être contraints par la justice. La société civile
doit y veiller. N’en déplaise à tous les sinistres
M’Bemba Bangoura si hostiles au changement ».
- La Lance : « Les maîtres escrocs » est le troisième
article rédiger par BML pour qui : «
Rusal est une société qui doit sa première place au monde
dans son domaine au pillage des ressources des pays pauvres comme la Guinée. Profitant
de nos relations traditionnelles avec l’Union Soviétique, ils se
sont installés chez nous en maîtres. Ils violent nos lois sociales
relatives à l’emploi, au recrutement, au licenciement… et
le droit de propriété en s’appropriant les biens de la SBK,
patrimoine de l’Etat. Pour faire diversion, le maître-escroc Rusal
aménage des terrains vagues sous forme de terrains de sport avec des slogans
bidons « Dons à la jeunesse guinéenne ». Alors qu’à côté,
ils nous roulent dans la farine. Rusal se déploie dans la sensibilisation
sur les dangers à travers les chemins de fer. Son train passe son temps à tuer
les piétons sans que leurs ayants droits bénéficient d’une
juste rémunération de la part des assurances » Pour l’auteur
de l’article : « Ils se foutent tellement de nous qu’ils mettent
des fils ridicules le long des rails sensés empêcher les citoyens
de marcher ou d’enjamber les chemins de fer. Comble de l’injure de
la foutaise, Rusal n’a que du mépris pour les cadres guinéens.
Il préfère employer des étrangers africains (Sénégalais,
Béninois, ou Togolais). Si les Guinéens ne sont pas protégés
en Guinée, ils vont l’être dans quels pays ? En Russie ? » s’interroge
mon confrère qui conclut en ces termes : «
SCS Corporation, Rusal et les cadres guinéens qui ont signé ces
conventions doivent être poursuivis en justice. Pour vol, corruption et
tentative de vol. A l’issue du jugement, SCS Corporation et Hyperdynamics
devront être chassés de la Guinée avec interdiction définitive à leurs
hommes (ayants droits et ayants causes) de négocier le moindre contrat
avec la Guinée ».
- La Lance. Comme pour boucler cette série d’articles, l’Administrateur
général du journal, Diallo Souleymane, prend la plume pour dénoncer,
sous le titre : « Le Parlement et la convention de Hyperdynamics ». C’est
en page 9 où, Diallo Souleymane écrit : « Plus d’un
Guinéen aura été surpris d’apprendre que le Président
de l’Assemblée Nationale, El Hadj Aboubacar Somparé, veut
obtenir à tout prix, la ratification de la maudite convention de partage
de production des hydrocarbures, signée le 22 septembre 2006 entre la
République de Guinée et SCS Corporation, "filiale à 100%
de Hyperdynamics (...) Le 11 mai, une Inter-Commission parlementaire a
été désignée pour se pencher sur les Conventions.
La Commission a rencontré une délégation de la direction
de SCS Corporation entre le 17 et le 20 Mai d’une part : et de l’autre,
M. Ahmed Kanté [ndlr GCI : Ministre des mines et Géologie] et ses
collaborateurs. Tout cela, pour recueillir des informations objectives en vue
de prendre position, vis-à-vis de la Convention en toute connaissance
de cause. Après analyse de la Commission, l’Assemblée Nationale
a adressée au gouvernement un mémorandum dans lequel elle a fait
les recommandations suivantes : "RECOMMANDATIONS : Les Députés
de l’Inter-Commission, tout en souhaitant ardemment que le pétrole
ne se transforme pas en cauchemar pour les populations guinéennes, mais
constitue plutôt un grand espoir réel en une vie meilleure ; recommandent à leurs
Honorables collègues de la présente plénière : 1-
De demander au gouvernement d’entreprendre les démarches appropriées
pour résoudre avec les partenaires de SCS Corporation et Hyperdynamics,
dans un esprit de compréhension mutuelle et d’avantage réciproques,
les divergences constatées dans la conception, l’élaboration
et la mise en
œuvre du dossier du "Contrat de Partage de Production des Hydrocarbures" liant
déjà les deux parties. 2- D’inviter les deux parties à remédier à l’absence
d’un volet d’études d’impact environnemental et d’un
engagement du contrat à le réaliser. Dans la pratique universelle,
ces études précèdent obligatoirement l’exploitation.
En effet, la pollution par les industries extractives pétrolières
pourrait causer des dommages irréversibles à la pêcherie
et
à la biodiversité dans les zones côtières et marines
protégées. Excellence Monsieur le Président, Honorables
députés, Compte tenu des facteurs endogènes et exogènes
qui opposent les deux parties, Gouvernement et SCS-Corporation, l’Inter-Commission
les invitent à une table de négociations. Pour ce faire, l’Inter-Commision
demande que l’examen du dossier soit reporté à une deuxième
lecture à
la session extraordinaire du Parlement en juin 2007. Nous vous remercions.L’inter-Commission" ».
Diallo Souleymane estime que «
Aujourd’hui, les Guinéens dans leur majorité, savent que
cette convention n’est bonne ni pour leur présent, ni pour leur
avenir et celui de leur pays. Pourtant M. Somparé persiste pour que tout
soit signé à tout prix. A présent, cette volonté de
plonger les intérêts du pays dans l’inconnu, s’en trouve
doublée d’une impatience difficilement compréhensible aux
yeux du Guinéen. Celui qui devrait servir de rempart pour sauvegarder
les intérêts du pays, souhaite coûte que coûte ratifier
une Convention que l’on doit forcément réviser. Aujourd’hui
ou demain, M. Somparé Aboubacar va jusqu’à écrire
au Premier ministre pour tenter de lui forcer la main. Lisez plutôt ! "Le
Président A son Excellence Monsieur le Premier Ministre chef du Gouvernement
: Je viens par la présente vous faire part de la décision de
mon institution de soumettre à l’approbation des députés
le contrat de partage d’hydrocarbures entre la République de Guinée
et Hyperdynamics Corporation" » Souleymane Diallo de repartir
: « On ne sait pas encore quelle réponse M. Lansana Kouyaté a
voulu réserver à la lecture de M. Somparé. Mais, vu la lettre
de mission qui l’a amené à la Primature, vu aussi son statut
de citoyen guinéen tout court, M. Kouyaté ne peut pas ne pas avoir
tenu compte des enjeux, somme toute
énormes, que doit représenter la question pétrolière,
pour la Guinée du 21è siècle. Il y a aussi SCS Corporation
qui a unilatéralement rompu les négociations et que la balle se
trouve actuellement dans son camp. La campagne médiatique que SCS a
menée dans les quartiers de Conakry est de nature à fâcher
un partenaire de terrain, surtout si celui-ci s’appelle… Etat. En
tout état de cause, le législatif que préside M. Somparé ne
peut se prononcer sur la version d’un contrat que l’exécutif
n’a pas encore fini d’élucider. On ne saurait être plus
royaliste que le roi à cause de retombées hypothétiques
de royalties, «
octroyées » par un contrat de partage aussi mal ficelé. L’image
du pays y laisserait des plumes ».
- Le Lynx N° 802. Abou Bakr d’emboîter le pas, en s’exclamant
: « Le Circam, les conventions et les accords miniers : Hyperdynamite
! » Pour mon confrère : « Au-delà du caractère
rocambolesque des termes de ces conventions, le Gouvernement guinéen a
pris l’initiative de procéder à la renégociation de
toutes les conventions et accords miniers pour permettre à la Guinée
de jouir de ses ressources » Ahmed Kanté, le ministre sans sourire,
des mines ne fait pas dans la langue de…déboire. Il estime que SCS
Corporation, sous le masque «
Hyperdynamics » n’est rien d’autre qu’une société sous
traitante du contrat de base signé entre US Oil, une compagnie pétrolière
américaine et la République de Guinée. « Nous avons à faire à un
interlocuteur sans visage, sans aucun document de référence sur
ses activités dans les trois dernières années. Aucune donnée
fiable sur les expériences et les expertises techniques. De 1995 à nos
jours, SCS Corporation n’a pas réalisé un seul forage. Il
ne s’agit pas de chasse aux sorcières, mais le gouvernement tient à en
savoir plus sur les activités de cette société » (...) Le
Comité se dit outré que SCS Corporation refuse de respecter ses
obligations à l’égard de l’Etat dans l’accord
de sous-traitance conclu en décembre 2002 avec US Oil dans le contrat
de partage de production et de royaltie, signé en octobre 2002, Circam
exige que la Société précise son identité, ses relations
avec Hyperdynamics et ses responsabilités vis-à-vis de la Guinée.
Il exige aussi de SCS Corporation les documents techniques et les administratifs. Au
regard de tous ces ratés, Circam exige de renégocier la convention
sur la base du projet du Comité et du contrat-type, avec un accent particulier
sur la superficie de la zone contractuelle qui doit être réduite,
les obligations de travaux et de dépenses à être plus précises,
la récupération des coûts pétroliers, un partage plus
équilibré de la production, de même que le régime
fiscal. Dernière exigence et pas des moindres s’assurer des capacités
techniques de SCS Corporation avant de procéder à la ratification,
même si les corrections utiles sont apportées aux clauses du contrat.
Alors, là ! Boursicotiers, quand tu nous tiens ».
- Le Lynx. Abou Bakr revient dans un second article titré : « Risqué Alumini,
le mauvais locataire ! » Mon confrère de rapporter : « 62.500
dollars ricains par mois ! C’est ce que donne la société Ruski
Alumini pour exploiter chemin de fer, cité minière, installations
portuaires, train, usine. Il vaut mieux renégocier… « Ils
invoquent la défectuosité des installations sur lesquelles ils
travaillent pourtant depuis l’acquisition pour justifier ce montant dérisoire
qu’ils versent à l’Etat guinéen. Ils font un mélange
terrible entre leur fonction de locataire et leur fonction d’opérateurs » fait
remarquer le ministre Kanté, le Cancan des Mines. «
Ce montant de 62.500 dollars qui donne le droit d’abus de propriété à
Rusal est largement inférieur aux prix mensuel de location de certains
immeubles respectables de Conakry. Cette propagande qui consiste à
débloquer des fonds pour des matches de football et des manifestations
folkloriques contribue à la dégradation du climat politique dans
le but de distraire le Gouvernement. Ça ne marchera pas ». Pour
le Circam, le montant forfaitaire du loyer des installations guinéennes
devrait, au bas mot, dépasser les 500.000 dollars ricains par mois. Calcul
de Circam : le loyer maximal de sept dollars par tonne de bauxite 1.458.333 dollars
par mois, un minimum de trois dollars la tonne fait 625000 à 750000 dollars
américains (...) La convention sur l’exploitation de l’offshore
guinéen, et sur l’exploitation de notre bauxite constituent deux
maux de dents pour la Guinée. Seule différence, Ruski Alumini reconnaît
ses erreurs et consent à
renégocier. SCS Corporation, cachée sous le manteau de Hyperdynamics,
fait la cour aux leaders d’opinion, à la foule des opportunistes
en mal de pitance pour faire ratifier une convention à la manque ».
Le Cawa d’AdmiNet