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La faillite de la Grèce de Tsipras et la fin de la gauche trotskiste en Europe

mercredi 15 juillet 2015, par Thierry-Ferjeux Michaud-Nérard

Tsipras aura livré, en quelque sorte, la dernière bataille de la gauche contre la religion de l’euro.

C’est le dernier combat de la gauche ultra en Grèce, livré selon les règles de la culture anarchiste et trotskiste d’autrefois, par la gauche ultra qui ne veut pas mourir.

Malgré cela, la gauche trotskiste bat en retraite devant l’euro-zone et elle se sait condamnée.

Désormais, on sait que la gauche ultra ne livrera plus que des engagements d’arrière-garde, c’est-à-dire de simples escarmouches et seulement avec la république socialiste de Hollande.

C’est en cela que l’événement Tsipras peut paraître, sinon modeste, du moins annonciateur. Il valait d’être ainsi relevé même si, comparé aux vicissitudes de la Grèce, il ne sert qu’au tintamarre médiatique…

L’ajournement annoncé des pourparlers de l’euro-groupe, entre I’Europe de la zone euro et Tsipras, présageait, pour la France de Hollande, en fait, un risque de rupture, avec un grexit prévu pour 5 ans, selon un mémo du ministre allemand des finances, M. Wolfgang Schäuble.

Non que les conversations soient définitivement rompues, elles reprendront au contraire, mais pour quelques jours seulement. Ensuite, de nouvelles mesures seront de nouveau arrêtées au sein de l’euro-groupe, et pour quelques mois cette fois. Mais en fait, la conférence de l’euro-groupe du dimanche 12 juillet à Bruxelles ne fera que confirmer la confrontation des positions incompatibles au sein de l’euro-groupe.

C’est ce qui a fait clairement apparaître, au monde entier, le caractère strictement inconciliable des exigences réciproques au sein de l’euro-groupe, sur l’avenir de la Grèce dans la zone euro.

Au fond, la conférence du dimanche 12 juillet à Bruxelles fut une sorte de second traité de Versailles, en moins solennel, en plus éphémère, en plus mesquin, en moins franc et peut-être en plus hypocrite, et où il n’existait, de part et d’autre, aucune volonté réelle d’aboutir, fût-ce au prix d’importantes concessions.

Tsipras entendait se faire remettre d’emblée les clefs du coffre et la remise de la dette d’un État en faillite, comme la France de Fillon-Hollande. C’est le rêve perdu d’un État totalement souverain. On a entendu, au parlement de Londres : "Si un pays ne contrôle pas sa dette, c’est la dette qui contrôle le pays."

Quand Hollande l’audacieux, le grand méchant mou, affirme que les Français choisiraient de garder la Grèce dans la zone euro, il reste totalement étranger aux aspirations des Français qui travaillent.

Quand il croit que les relations de la France qui travaille, qui soutient et qui paye pour la dette de la Grèce, seront librement débattues après sa réélection imaginaire de 2017, il continue de rêver.

Il croit au retour de sa paix civile rêvée, après la proclamation des résultats du vote en sa faveur.

Tsipras entendait proclamer l’indépendance du peuple souverain, contre la finance.

Son programme se ramenait aux termes suivants : indépendance de la Grèce dans la zone euro, nouveau plan d’aide, puis éventuellement coopération pour des réformes qui ne viennent jamais.

Le non-programme français s’énonçait, selon le grand méchant mou, Hollande l’audacieux, avec un nouveau plan d’aide à la gabegie socialiste en Grèce, sans contre-partie.

Pratiquement, pour I’Europe, l’État grec à naître ne retrouvera que progressivement les attributs de sa souveraineté. Il devra faire une place privilégiée à l’euro-groupe pour s’associer solidement aux contrôles de l’euro-zone et exercer, avec elle, une sorte de concertation sur la dette, le mandat des experts étant doté d’un statut nouveau et très particulier. Mais Tsipras n’est pas prêt, en esprit, à admettre tout cela.

De même, il est clair que l’euro-groupe n’est pas prêt, en esprit, à admettre la faillite de la Grèce, qu’il devra finalement accepter dans les mois à venir. Que se serait-il passé si, dès le 12 juillet à Bruxelles, l’euro-groupe avait admis le grexit prévu pour 5 ans, selon le point de vue du ministre allemand des finances, M. Wolfgang Schäuble, grexit qu’il devra pourtant consentir dès l’année suivante ?

Il va de soi que toute hypothèse au sujet du grexit ne peut être qu’aléatoire.

Certains optimistes, comme Hollande l’audacieux, soutiendront que les concessions espérées de la Grèce, venant à leur heure, seront certainement payées en retour par une reprise de la compétitivité et des investissements productifs dans le pays. Certains, comme Hollande le grand méchant mou, toujours disposé à faire des concessions pour inventer des compromis, pourvu qu’ils sauvent les apparences, veulent encore croire que la majorité des investisseurs voudront continuer à prendre des engagements risqués en Grèce.

Hollande voulait, surtout pour lui-même, sauver la face devant l’euro-groupe, parce qu’il était encore et toujours dans l’obstination mentale pathologique de la dépense publique. Il redoute de se voir refuser la libération de la dette de la France, par des interlocuteurs au sein de l’euro-groupe autrement représentatifs que Tsipras. La position de Hollande constitue une erreur tactique et politique grave.

Il est clair qu’en Grèce et en France, les réactions suscitées par Hollande pour une conclusion rapide des négociations ont été beaucoup plus coûteuses en terme d’image. C’est ce que les médias de la gauche intello-bobo-collabo essayent vainement de sauvegarder pour la campagne re-présidentielle en cours.

Hollande voulait, surtout pour lui-même, être épargné de l’apocalypse des prochaines semaines avec la faillite de la Grèce et, pour la France, devoir supporter la prolongation des intérêts de la dette.

Hollande et la gauche ultra, travaillée par les activistes trotskistes, ont fait valoir, au contraire, que l’opinion publique n’était préparée, ni en Europe, ni en France, à recevoir un tel choc de l’abandon de la dette.

C’est pourquoi Hollande est un roitelet nu, quand il se croit encore revêtu du manteau présidentiel du plus pur socialisme solidaire. La France est divisée et le pouvoir socialiste en place menace de tomber.

Sifflé par le peuple lors des commémorations du 14 juillet, la police de Cazeneuve a été conduite à faire usage de la force pour maintenir l’ordre et réprimer les troubles à l’image de Hollande l’audacieux à la télé. En réalité, le grand méchant mou porte l’ombre de la guerre civile en Grèce, si ce n’est en France.

On sait que les députés de la gauche ultra, les alliés de Tsipras, sont prêts à prendre le risque de faire sécession. En Grèce, la nouvelle rigueur va provoquer une nouvelle et redoutable mobilisation du peuple et avant tout des risques de désobéissance civile, si ce n’est des risques d’insurrection.

Certains Européens se réjouiront peut-être de l’échec qu’ils avaient souhaité et prévu.

"On ne négocie surtout pas avec ces gens-là !

"Tsipras et ses alliés de la gauche ultra ne sont que des bandits…"

On peut craindre l’insurrection du peuple grec, trompé et humilié par Tsipras et ses alliés :

"La politique de Tsipras a échoué : qu’il s’en aille !"

Avant la riposte de l’armée qui réglera rapidement le problème de la terreur socialiste par une autre.

Dr Thierry-Ferjeux Michaud-Nérard


Voir en ligne : http://russeurope.hypotheses.org/4080