Willy Beauvallet, originaire de Saint-Quentin-les-Anges, est étudiant, enseignant et chercheur à l’institut de sciences politiques de Strasbourg. Marié à une Libanaise, il est parti avec son enfant de neuf mois visiter sa belle-famille. Aujourd’hui, le pays est plongé dans la guerre. Il dresse un bilan amer de la situation, s’interroge sur l’avenir de sa famille et fustige l’attitude des Européens.
Étudiant, enseignant, chercheur à l’université de Strasbourg, Willy Beauvallet est connu pour son engagement envers la Palestine. Le jeune homme, originaire de Saint-Quentin-les-Anges, a effectué une mission civile auprès de Palestiniens. Pourtant, ce n’est pas pour ses idées qu’il est parti au Liban. Il est en visite auprès de sa belle famille à Zahlé dans la plaine de la Bekaa. Il devait y passer tout le mois de juillet. Cette région, bien qu’éloignée, des premiers bombardements, commence à subir de premiers raids. Une laiterie a été détruite. « J’assiste en direct et avec douleur aux événements actuels », indique Willy Beauvallet, dans une lettre adressée au site Oumma.com.
Le chercheur-enseignant est en colère. « Alors que le pays compte plus de 120 morts, il n’est pas sûr que les Européens aient pris conscience des destructions et des meurtres commis par l’armée israélienne », déclare le Saint-Quentinois. Le Hezbollah libanais, organisation terroriste, a pris en otage deux soldats israéliens en espérant les échanger contre des prisonniers arabes. Ce groupe a aussi lancé des roquettes sur l’état israélien. En représailles, l’armée israélienne Tsahal envoient des bombes incendiaires sur le pays au Cèdre depuis plus de dix jours. Willy Beauvallet voit la destruction des routes, des aéroports, des usines, etc. Le manque de médicaments, de nourriture commence à se faire ressentir. L’électricité et l’eau potable ne sont plus accessibles dans certains endroits du pays. « Inadmissible ou pas, cet enlèvement autorisait-il la destruction du pays entier ? Par ailleurs, je vous assure qu’il n’y a aucune mesure entre les roquettes tirées par le Hezbollah et les puissantes bombes des Israéliens », rétorque le chercheur -enseignant.
Il fustige l’attitude de l’état juif voulant, selon lui, faire du Liban, une nouvelle Palestine. « Après la destruction de la Cisjordanie il y a quelques années, de Gaza aujourd’hui, la puissante armée israélienne sème à nouveau la mort et la destruction », annonce-t-il.
Il dénonce l’attitude des Etats européens, surtout de la France, trop attentistes à son goût. « Les dirigeants français abandonnent les Libanais. S’ils furent prompts à imposer la fin du protectorat syrien au Liban, ils les laissent aujourd’hui mourir sous les bombes israéliennes », peste-t-il Willy Beauvallet, sa femme et son fils de 9 mois Hady vont sans doute être rapatriés, en début de semaine prochaine. Ils ne sont pas pour l’instant pas prioritaires, étant loin de Beyrouth. Le danger reste le transfert jusqu’à la capitale. Le Saint-Quentinois se pose surtout des questions sur l’avenir de sa belle-famille : « Il est 22h, ce 16 juillet. Les murs tremblent. Aux grondements sourds des avions répondent les explosions. Le père de ma femme s’amuse de nos airs effrayés et semble ne pas s‘inquiéter. La nuit sera longue, avec deux ou trois alertes de ce type. La jeune tante de mon fils à 12 ans, elle est en âge de comprendre. Elle a peur mais tente de contenir ses larmes. Dans quelques jours les services français organiseront notre sortie. Nous mettrons notre fils à l’abri. Devrons-nous laisser sa jeune tante seule se réfugier dans les coins de la maison avec ses parents ? ‘’Seulement les Européens’’ m’a rétorqué la personne à l’ambassade ». Il termine sur ces mots durs et amers : « Quel monde pourri ».
Quentin Lanvierge
NDLR : Willy Beauvallet est membre du Bureau National de l’Union Juive Francaise pour la Paix

Le Cawa d’AdmiNet