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L’assurance-vie, c’était une blague !

ou comment boucher les trous de l’Etat avec l’épargne des Français



mercredi 2 décembre 2009, par Christian Scherer

On nous avait déjà fait le coup au temps de Pinay : et cela avait fonctionné ! Les Français avaient massivement apporté l’or de leurs bas de laine contre une rente indexée sur l’or, et défiscalisée bien sûr, y compris au moment de l’héritage.

Aujourd’hui, on observe que le déficit cumulé des finances publiques est d’un ordre grandeur tout à fait comparable à celui de l’épargne accumulée par les fourmis françaises.

Donc pour l’Etat la solution est simple. On voit d’ici l’enthousiasme populaire général lorsqu’on annoncera aux gens "ah, vous croyez que vous avez cotisé toute votre vie pour votre retraite complémentaire, via de l’assurance vie ? Mais vous allez rire, c’était une farce !"

Cela dit, les ordres de grandeur y sont : on évalue le déficit de l’Etat fin 2010 à 1.160 milliards d’euros, tandis que l’assurance-vie faisait 1.400 milliards d’euros au 1.1.2008. Sans doute moins maintenant, mais comme les assureurs ont dû se dégager des actions presque entièrement, et n’étaient de toutes façons investis en actions que de 22% début 2008, et 8% il y a un an, pas beaucoup moins.

Tous comptes faits, donc, en consolidant ceux de l’Etat et ceux des particuliers, la France est un pays prospère, où les fourmis travaillent pour les cigales.

CQFD.

Version moderne de la fable

La fourmi travaille dur tout l’été dans la canicule.

Elle construit sa maison et prépare ses provisions pour l’hiver.

La cigale pense que la fourmi est stupide, elle rit, danse et joue tout l’été.

Une fois l’hiver venu, la fourmi est au chaud et bien nourrie.

La cigale grelottante de froid organise une conférence de presse et demande pourquoi la fourmi a le droit d’être au chaud et bien nourrie tandis que les autres, moins chanceux, comme elle, ont froid et faim.

La télévision organise des émissions en direct qui montrent la cigale grelottante de froid et qui passent des extraits vidéo de la fourmi bien au chaud dans sa maison confortable avec une table pleine de provisions.

Les Français sont frappés que, dans un pays si riche, on laisse souffrir cette pauvre cigale tandis que d’autres vivent dans l’abondance.

Les associations contre la pauvreté manifestent devant la maison de la fourmi.

Les journalistes organisent des interviews demandant pourquoi la fourmi est devenue riche sur le dos de la cigale et interpellent le gouvernement pour augmenter les impôts de la fourmi afin qu’elle paie "sa juste part".

En réponse aux sondages, le gouvernement rédige une loi sur l’égalité économique et une loi (rétroactive à l’été) d’anti-discrimination.

Les impôts de la fourmi sont augmentés et la fourmi reçoit aussi une amende pour ne pas avoir embauché la cigale comme aide.

La maison de la fourmi est préemptée par les autorités car la fourmi n’a pas assez d’argent pour payer son amende et ses impôts.

La fourmi quitte la France pour s’installer avec succès en Suisse.

La télévision fait un reportage sur la cigale maintenant engraissée. Elle est en train de finir les dernières provisions de la fourmi bien que le printemps soit encore loin.

L’ancienne maison de la fourmi, devenue logement social pour la cigale, se détériore car cette dernière n’a rien fait pour l’entretenir.

Des reproches sont faits au gouvernement pour le manque de moyens.

Une commission d’enquête est mise en place, ce qui coûtera 10 millions d’euros.

La cigale meurt d’une overdose.

Libération et L’Humanité commentent l’échec du gouvernement à redresser sérieusement le problème des inégalités sociales.

La maison est squattée par un gang d’araignées immigrées.

Le gouvernement se félicite de la diversité multiculturelle de la France. Les araignées organisent un trafic de marijuana et terrorisent la communauté.

l’apologue du rat des villes et du rat des champs.

Le rat des villes menait une existence plantureuse et si peu dangereuse. Bien sûr, il fallait faire attention au chat, mais ce dernier, tout seul et bien nourri lui-même, n’était guère actif.

Lors d’une visite en ville, le rat des champs comprit tout l’avantage d’une vie urbaine dont la frénésie de consommation semblait valoir la peine. Il vint habiter la ville, lui et toute sa nombreuse et industrieuse tribu.

Il en advint une telle concentration de gros rats gras à souhait qu ;elle ne manqua pas d’attirer l’attention de tous les chats des alentours dont l’aspect famélique dénonçait la difficulté d’attraper les rats des champs, ces rustiques qui mangeaient pour courir et couraient pour survivre.

Morale :
pour rester en vie, mieux vaut ne pas faire envie

Voir aussi

- "on va se faire bouffer, y’en a déjà dix millions" (20minutes.fr)

Voir en ligne : http://www.cawa.fr/pinay-et-la-conf...

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