(source : LES VALOIS : HENRI III, LES PERSONNALITES, par chisagde)

au Théâtre "L’Equipe"
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Aussi valeureux capitaine que bel esprit, Bussy d’Amboise connaît une ascension fulgurante après être entré au service de Monsieur, le duc François d’Alençon. Mais, trop fanfaron et insolent, il finit par oublier son rang. Si bien qu’il sera assassiné le 19 août 1579 par les hommes de main du comte de Montsoreau, victime d’un règlement de compte déloyal sur lequel le roi et son frère cadet fermeront les yeux.
Le 19 août 1579, le fringant Bussy d’Amboise est victime d’un traquenard ourdi par une quinzaine d’hommes de main à la solde de Charles de Chambes, comte de Montsoreau, qui entend ainsi venger son honneur d’époux prétendument bafoué. Malgré le nombre des assaillants, il se défend courageusement. Jusqu’à son dernier souffle, relate le chroniqueur Pierre de L’Estoile. "Tant qu’il lui demeura un morceau d’épée dans la main, il combattit toujours, et jusqu’à la poignée. Après il s’aida des tables, bancs, chaises, escabeaux, avec lesquels il blessa quatre de ses ennemis, jusqu’à ce qu’étant vaincu par la multitude et dénué de toutes armes et instruments pour se défendre, il fut assommé près d’une fenêtre. Celle-là même par laquelle il voulait se jeter, se croyant sauf". Ainsi périt, après avoir connu tant de faveurs, l’homme qui a été un des Mignons d’Henri III, l’amant adulé de la reine Margot et le favori de Monsieur, le duc François d’Alençon.
Né en 1549, Louis de Clermont, seigneur de Bussy, est le fils aîné de Jacques de Clermont, neveu du cardinal d’Amboise, qui a été ministre de Louis XII. Issu d’une famille de riches propriétaires terriens, possédant plusieurs seigneuries, notamment en Touraine, dans le Nivernais, dont celle de Bussy, et en Champagne, il a été destiné à la carrière des armes, mais a également reçu une solide instruction. A dix neuf ans, à la tête d’une compagnie, il a pris part aux Guerres de Religion sous la bannière royale, faisant preuve d’un courage exemplaire, d’une folle hardiesse, d’une témérité insolente. "Il était d’un courage invincible, haut à la main, fier et audacieux, aussi vaillant que son épée", rapporte Pierre de L’Estoile dans son Journal. Très vite, il a été nommé maître de camp et a commandé quatre compagnies. De surcoît, tête bien faite, il a l’esprit vif et la répartie facile ; cultivé, il maîtrise le latin et le grec, écrit et versifie agréablement. Si bien que son audace au combat conjuguée à ses capacités intellectuelles en font, pour l’époque, l’idéal du courtisan.
Membre de la Maison du duc Henri d’Anjou, le futur Henri III, il est, à l’automne 1573, de ceux qui accompagnent le prince en son lointain royaume de Pologne. Mais, deux ans plus tard, il quitte son bienfaiteur, pourtant devenu roi de France, pour "se dédier" à son frère cadet, Monsieur, le duc François d’Alençon. Se sentant trahi dans son amitié, le roi va désormais lui vouer une haine farouche.
Bussy d’Amboise met son épée au service de Monsieur, qui le nomme capitaine de sa garde. Il se charge de constituer une petite cour de gentilshommes toujours prêts à en découdre. Entre 1575 et 1578, disputes et accrochages se multiplient entre les Mignons du prince et ceux du roi. Poussé par la forfanterie, de plus en plus insolent et bravache, Bussy est le premier à semer la discorde, souvent pour des peccadilles. Il se dispute ainsi avec Saint Phal, familier d’Henri III, à propos de la signification des broderies ornant le manchon d’une dame. Il en résulte une bagarre, mais, sur ordre du roi, les querelleurs doivent se réconcilier. "Bussy entra dans le Louvre, pour faire cet accord, relate le mémorialiste Pierre de Brantôme, il était accompagné de plus de deux cents gentilshommes (...), ce qui fit dire au roi : C’est trop pour un Bussy"
Se sachant protégé et soutenu par son maître, Bussy ne peut s’empêcher de parader. Ce sentiment d’invulnérabilité est renforcé par la liaison qu’il entretient ouvertement avec la reine Margot, soeur du roi Henri III et épouse du roi de Navarre, le futur Henri IV. A partir de 1576, son ascension est fulgurante. Ayant reçu l’Anjou en apanage, Monsieur le nomme gouverneur du duché. Il y mène une vie de plaisir sans frein, laisse ses troupes commettre les pires excès. Ce qui ne l’empêche pas, en février 1577, d’être fait premier gentilhomme de la Chambre de Monsieur. Mais au printems 1579, las de la condescendance de Bussy, qui se comporte en maître et qui l’a trop souvent tourné en dérision, le prince livre son favori au roi avec une lettre dans laquelle le fringant capitaine se vante d’avoir séduit la comtesse Françoise de Montsoreau. Il n’en est rien, mais on laisse entendre à l’époux de la dame qu’on fermera les yeux s’il lui vient l’idée de venger son honneur prétendument bafoué... Le 19 août, un guet-apens est tendu à Bussy, qui périt assassiné, avec l’assentiment tacite du roi et de Monsieur.
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