Source : Emigration franco-pyrénéenne en Uruguay de 1825 à 1875 sur le site personnel de Lionel DUPONT
Famille SENTUBERY à Montevideo
1858 - 1900
Contexte familial
Premier membre de la famille SENTUBERY à émigrer pour le Río de la Plata, Jean SENTUBERY(1838-1901) était le fils de Dominique SENTUBERY, Cultivateur , et de Marie Simone SENAC son épouse légitime.
Il appartenait à une famille de 6 enfants, dont les 3 derniers cadets ont émigré en Uruguay, comme cela se pratiquait déjà beaucoup dans la région.En effet, malgré l’abolition du droit d’ainesse lors de la Révolution Française, la situation de "cadet" (sans distinction entre « l’héritier » ou « l’héritière » selon la coutume pyrénéenne ) était trés souvent une fréquente cause de départ.

- Le premier à quitter CASTERA-LOU en 1857/1858 sera donc Jean SENTUBERY , mon arrière-grand-père. Seul garçon et quatrième cadet, son départ à l’étranger, quelques mois avant la date de la conscription, était conforme aux habitudes pyrénéennes de l’époque.
En 1858, la liste des conscrits du Canton de Pouyastruc, pour le contingent de l’année (source : ADHP), comporte la mention "Jean SENTUBERY, Cordonnier,absent et résidant à Montevideo" .
Il aurait donc très bien pu, s’embarquer à Bordeaux le 19 juillet 1857 à bord de l’Armand ROU", à destination du Rio de la Plata en compagnie de son cousin Jean Baptiste SENAC (Source : AD de la Gironde, "VISAS des passeports français au départ du Port de Bordeaux")
Date Nom Age Destination Passeport Navire 19-07-1857 Jean SENTUBERY 15ans Buenos Aires HP Armand ROU 19-07-1857 Jean Baptiste SENAC 16ans Montevideo HP Armand ROU On retrouve en effet des demandes de passeport à ces deux noms (N°419 et 430) aux ADHP à Tarbes. Elles indiquent, comme professions respectives : Domestique et laboureur. Toutefois, l’âge de Jean et sa destination ne concordent pas avec ce que nous en savons. La question reste donc entiére sachant cependant que l’annéee 1857 semble confirmée par l’acte du mariage de sa soeur aînée, Domenge SENTUBERY, avec François DUPONT (Jean n’est pas cité parmi les témoins). Nous avons tenté de vérifier aux ADBP l’hypothèse d’un embarquement à Bayonne (le 1er train n’est arrivé à Tarbes qu’au mois d’août 1859) mais cela ne nous a malheureusement pas été possible car les archives du Port ont disparues au cours d’un incendie.
- La deuxiéme est Marie SENTUBERY,(arrière-grand-mère CESTIA) partie pour Montevideo en 1860, à l’âge de 18 ans pour rejoindre son frére (Source : Répertoire alphabétique des demandes de passeports aux ADHP "SENTUBERY Marie Brassiére 1860 " L. Elle finira par y épouser, Jules MOTHES, vers 1864.
- Enfin, Victorine SENTUBERY, dernière cadette rejoindra ses frère et sa soeur en 1865 (Source : Demande de Passeport pour Montevideo établie à Tarbes le 8 Juin 1865). Le 24.10.1865 , elle était la marraine au baptême de sa nièce Victorine MOTHE. A son tour elle épousera, sans doute à Montevideo, un compatriote pyrénéen dénommé CARESSON.
A ces membres de la famille originaires de CASTERA-LOU, tous partis avant 1870, il convient d’ajouter les départs postérieurs de leur neveu Dominique DUPONT et de leurs cousins germains de OLEAC-DEBAT qui les ont rejoint aprés 1870.
- Le 27/10/1870 le cousin germain d’Oléac (Fils de Jean-Marie "Balagué" 1841-1893 et Marguerite DUSSOUR) et qui s’appelle également Jean SENTUBERY obtient la délivrance d’un passeport N° 139 pour Montevideo.l’étranger).
Afin de permettre une identification par rapport à notre arriére grand-pére nous rappellerons également qu’il était "borgne" . En effet, sous la référence 44 287-396 on trouve aux ADHP une Attestation du maire d’Oléac, disant :
" Le nommé SENTUBERY dit « Balagué » de la commune d’Oléac, vous informe que son fils JEAN, né à Oléac le 22.01.1853 a l’intention de passer dans l’Amérique du Sud à Montevideo... Le maire de la commune certifie qu’il est de bonne vie et moeurs et digne d’obtenir un passeport. Il ajoute que le fils SENTUBERY est borgne" . Il n’est jamais revenu en France mais savons qu’i s’est marié à Montevdeo vers 1878 avec une Uruguayenne Maxima FERRARO et qu’ils ont eu au moins un enfant prénommé Juan-José et baptisé le 01/05/1879- Nous n’avons pas encore trouvé de demande de passeport ou de trace d’embarquement pour sa soeur Jeanne Marie SENTUBERY (notre ARGM). Nous savons cependnat qu’elle s’est mariée à Montevideo le 01/02/1871.... On peut raisonnablement supposer, que le frére et la soeur ont voyagés sur le même bateau pour Montevideo (fin 70/début 71)
Contexte uruguayen :
Jean Sentubery aurait donc trés bien pu débarquer à Montevideo, le 20 août 1857, en plein hiver Austral
.La capitale de l’Uruguay commence à déborder largement des limites de l’ancienne ville coloniale (Ciudad Vieja, Cerro et remparts). Voici 5 ans que la Guerra Grande et le siège de Montevideo sont terminés.
La République Orientale de l’Uruguay se remet petit à petit de ses blessures. Le pays semble enfin à la veille d’une nouvelle ère de prospérité. Le gouvernement BERRO désire mettre en place une politique de "fusion" entre les deux partis traditionnels (Blancos et Colorados) qui se sont entre-déchirés tout au long de la guerre civile (Ni vaincus ni vainqueurs..). Il met en place des structures destinées à favoriser l’accueil des immigrants étrangers (comme URQUIZA l’a fait dans l’Entre-Rios et FRANCIA au Paraguay)..Dans le domaine démographique, la population de l’Uruguay a recommencé à progresser :
Année Pop URUGUAY dt Etrangers Pop MONTEVIDEO dt Etrangers dt Français 1843 140000 30000 40000 26000 10300 1852 132000 28500 34000 17000 8500 1860 221000 77000 58000 27850 9000 En 1860, Montevideo reste une capitale européenne (plus de 50% d’étrangers). La population d’origine française y est encore très importante, sans cependant atteindre le niveau de 1843, où les pyrénéens constituaient presque le tiers de la population de la capitale.
Les premiers pyrénéens ( surtout des Basques) sont arrivés dans le Rio de Plata aux environs de 1825.
A partir de 1837, l’attitude Xénophobe de Rosas vis à vis des étrangers en général, et des français en particulier va privilégier pour les français la destination de Montevideo ( séquelles de l’attitude du gouvernement de la Restauration Française qui par solidarité avec les Bourbons d’Espagne, avait toujours refusé de reconnaître l’Indépendance Argentine) . Cela va finir par constituer un véritable ras de marée d’immigrants Français surMontevideo. La vague migratoire française atteindra son apogée en 1843, avec 10.300 français, majoritairement pyrénéens (entre temps les béarnais et les bigourdans s’étaient joints au mouvement), pour la seule année 1842 . A ce moment , la recrudescence de la guerre civile uruguayenne et le naufrage du voilier Bayonnais "LEOPOLDINE ROSA" au large de ROCHAS, viendront mettre un premier frein a cette émigration en provenance des régions de l’Adour.Après 1850, Buenos Aires supplantera à nouveau Montevideo comme premier port d’immigration française et européenne dans le Rio de la Plata. Entre-temps en effet, et sous la pression du gouvernement britannique, ROSAS avait pris conscience des conséquences désastreuses que ses positions xénophobes avaient eu jusque là sur le développement de son pays. Par une habile libéralisation de sa politique, le dictateur parviendra à susciter la reprise de l’immigration européenne vers Buenos Aires, redevenue prospère et tolérante comme sons voisin ,et concurrent politique, URQUIZA dans l’Entre Rios avec son " Il faut dépeupler les Pyrénées.... »
Vie à Montevideo
Premier Séjour : 1858-18752
- 1858 : Arrivée de Jean SENTUBERY, cordonnier,20 ans.
- En 1860, il fonde la Zapatería "LA BOLA DE ORO", a proximité de la Plaza Independencia. Dabord au 250 de la Calle Rincón, puis au 702,, esq Juncal, dans un immeuble de 3 étages où il habitera. L’immeuble existe toujours, aux confins de la Ciuad vieja. Il se situe à une petite centaine de métres de la plaza Independencia.
Ce magasin est resté dans la famille jusqu’en 1950.
En 1991 la tienda était innocupée depuis plusieurs année (crise économique ) puis avait fini par être reprise pou un restaurant végétarien ! Un comble dan un pays producteur et gros consommateur de viande .... Actuellement, comme en témoigne la photo ci-contre (dûe à l’amabilité de mon petit cousin Henri CESTIA) la tienda se trouve à nouveau désaffectée .- 1863/1864 : Mariage de Marie SENTUBERY avec un compatriote, Jules MOTHES.
- Mi 1865 : Arrivée de Victorine SENTUBERY, 21 ans
- 27/08/1865 : Naissance de Victorine MOTHE, fille de Marie SENTUBERY.
- 24/10/1865 : Baptême de Victorine MOTHE à la cathédrale MATRIZ.Jean SENTUBERY et Victorine SENTUBERY(°1846 à Oléac)
- Fin 1870 : Arrivée de Jean SENTUBERY 17 ans (cousin germain, né à Oléac en 1853 sans doute accompagné par sa soeur Jeanne Marie SENTUBERY , ma future arriére grand méreARGM)
- Le 01/02/1871 Iglesia Matriz (cathédrale de Montevideo) : Mariage de Jean SENTUBERY(°1838 à Castera-Lou) avec Jeanne Marie SENTUBERY(°1846 à OLéac).Cousins Germains il avainet du obtenir une dispense de l’évêché. De cette Union naîtront 5 enfants (2 à Montevideo et 3 en France).
- Vers 1871 : Naissance de Marguerite SENTUBERY, fille aînée de Jean et Marie SENTUBERY (Mariage ci-dessus)
- Vers 1874/1875 : Premier voyage de retour en France . La famille de mon arriére grand pére, telle que constituée à l’époque (Jean 36 ans, Jeanne-Marie 24 ans et Marguerite 3 ans ) s’installera à Séméac où naîtront les deux enfants suivant (Dominique et Marie Louise, ma grand mére).
Premier retour en France : 1875-1877
- 16/09/1875 : Naissance du premier garçon, Dominique SENTUBERY à Séméac
- Lors du recensement de Population de 1876, la famille Sentubery est recensée comme habitant à Séméac, au quartier du "Bout du pont"
Jean est répertorié comme "Rentier" né à Castera-Lou, mais son âge est erronné de 20 ans ! Les informations concernant sa femme, Marie SENTUBERY, 26 ans née à Oléac sont exactes et celles concernant leur fille, Marguerite 5 ans née à Montevideo révélent sont existance et le lieu du mariage que nous recherchions Un grand merci à Michel SAUVEE pour sa perspicacité) et la date de l’acte de mariage que nous avons mis plusieurs mois à trouver grace à l’amabilité d’un de nos correspondant uruguayen (Un montón de agradecimientos à Daniel VERNASSA HAURET) à savoir la cahédrale de Montevideo le 01/02/1871.....Deuxiéme séjour : 1877-1886
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- Après 1877, Jean SENTUBERY repartira pour Montevideo avec toute la famille. vraisemblablement pour reprendre en main ses affaires (magasin, quinta et immeubles).
- 1882 : Naissance à MONTEVIDEO de Louis (4éme enfant),Dominique DUPONT sera son parrain. C’est lors de ce séjour de quelques années quema grand mère avait appris l’espagnol .
- En 1885 : JS était encore à Montevideo (Principal témoin au mariage de sa nièce Victorine MOTHE avec Honoré CESTIA).
- Le 16 Juin 1886 le journal "EL DIA" dont c’était le premier numéro, publie un encart publicitaire annonçant la cession de son affaire à ses deux neveux (Dominique DUPONT et Honoré CESTIA) :
Baratillo de calzado A LA BOLA DE ORO, calle RINCON 201 al 207 Esquina Juncal 113 y 133. Casa fundada en 1860 por el inolvidable Sr Sentubery ... Aquello es un jubileo ...Recuerdo que el fundador con ilustración decía : Señores llegarà el día que dejaré un sucesor "
Les 2 successeurs et associés (cousins par alliance) vivaient au 207 de la calle Rincón, dans deux appartements situés sur le même palier au 1er ou 2 étage au dessus du magasin (photo de droite). Mon oncle Eugenio DUPONT (Tío Eugenio) y a été conçu en 1886.
J’ai bien connu ce magasin. En 1947 les réserves et l’atelier occupaient la majorité du 1er étage. On aperçoit au fond le côté droit de la place Independencia. En contiuant on va vers la Rambla (promenade du bord de mer).L’ancienne ville commence à droite où se trouve la plaza Matriz et la Cathédrale du même nom. En poursuivant on tombe sur le port de Montevideo.
Retour définitif en France : 1886
- Au 2éme semestre 1886, Jean Sentubery revient définitivement en France. Il s’installera à Oléac-Debat . dans une belle maison bigourdane qu’il a commandée lors de son dernier séjour. Cette maison, avec avec toiture d’ardoise, un beau perron, beaucoup de dépendances, cour devant et verger,derrière avec des terres cultivables et des vignes, etc... (voir contrat de mariage) existe toujours à Oléac. Ellet appartient maintenant à Mme Partimbére. Cette maison relativement récente n’est cependant pas la maison d’origine de la famille. Celle-ci serait en effet « la maison BALAGUE » ( Famille BORDES ? ).
- 1892 : Naissance à Oléac de Félicie, la petite dernière, un peu "simplette"
- 1897 : Mariage à Oléac Debat de Marie Louise Rosa (20 ans), avec Léon LALANNE. Le principal témoin est Pierre ADER, cousin par alliance du marié. Un autre "Américain" qui a vécu prés de 30 ans en Argentine et Uruguay, comme les 6 autres fréres et soeurs ADER
Jean SENTUBERY et Pierre ADER sont maintenant des hommes "arrivés". Ils ont gardé de l’autre côté de l’Atlantique une partie de leurs biens. Les immeubles sont gérés pour leur compte par les parents restés à Montevideo ou Buenos Aires. C’est ainsi qu’à Montevideo les neveux DUPONT et CESTIA gérent les loyers de leur oncle versés tous les 3 mois en même temps que celui qu’ils lui servent pour la "Bola de Oro" et les appartements où ils habitent au dessus dessus du magasin. calle rincon. En fait, comme beaucoup d’ "Américains" Jean SENTUBERY et Pierre ADER sont égalment devenus maire de leur commune.
Jean Sentubery a su donner à ses enfants une bonne instruction primaire. ( l’Ecole de la "République" ).
Quant à la sienne elle existait sans doute au départ, mais il a su très certainement la développer au cours de ses voyages en même temps que son sens des affaires. De ce point de vue ma grand-mère( Marie Louise ) lui ressemblait sans doute . Cela me permet de dire qu’il avait également un certain sens de l’humour (Voir l’article paru dans "El Día")- En 1899, décès de Victorine MOTHE de CESTIA, ( fièvre puerpérale lors de la naissance de son 4éme enfant). Ne pouvant élever seul ses 3 autres enfants Honoré CESTIA décidera de rentrera à LOUIT (HP), où sa mère pourra l’aiderà élever les enfants. Honoré Cestia laissera alors la "Bola de Oro" à Dominique DUPONT qui va la dirigera jusqu’à son décès en 1918 (ulcère d’estomac). Eugenio DUPONT« Tío Eugenio » en reprendra la suite jusqu’en 1950.
- Jean SENTUBERY s’éteindra à Oléac Debat, le 23.03.1901, à l’âge de 63 ans ( noyade ) . Son épouse, Jeanne Marie, décédera à son tour,à Tarbes le 6 juin 1906, âgée de 60 ans. Tous deux sont inhumés dans le Cimetière d’Oléac (grande tombe à l’abandon, à droite dans le fond, en rentrant dans le cimetière).
Voir aussi
L’épopée uruguayenne d’Honoré CESTIA (Site de généalogie de Henri CESTIA)
Une photo de Honore CESTIA x Victorine MOTHE sur le site de Henri CESTIA
Emigration franco-pyrénéenne en Uruguay de 1825 à 1875 sur le site personnel de Lionel DUPONT
Le Cawa d’AdmiNet
