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Hollande, l’audacieux, et Mitterrand, "le Rastignac de la Nièvre", de vulgaires opportunistes

samedi 9 janvier 2016, par Thierry-Ferjeux Michaud-Nérard

Lu sur Challenges de gauche : "Vingt ans après, que reste-t-il de Mitterrand en Hollande ?" Le Petit Bruno Roger nous reparle de Hollande, l’audacieux porteur de chrysanthèmes : "Cette semaine, le président Hollande se rendra à Jarnac, afin de célébrer le vingtième anniversaire de la mort de Mitterrand… La semaine ne sera pas seulement Charlie, elle sera aussi Mitterrand… La semaine commence à peine que le revival Mitterrand débute. Et avec lui l’indispensable étalonnage de Hollande au regard de la statue du commandeur. Hollande est-il mitterrandien ? "Vaste programme" aurait dit (le général de Gaulle) que Mitterrand combattit inlassablement, refusant la manière dont la Vème République était née et vivait, à la suite dun coup de force suivi dun coup dÉtat permanent". Le Petit Bruno Roger de gauche n’a pas peur des mots ni des mensonges !
"Que reste-t-il de Mitterrand en Hollande ? L’appétence pour le pouvoir, nécessairement. Le goût de la manœuvre, assurément. Le plaisir de la transgression, forcément. La capacité à être président socialiste sans dépendre des socialistes, indubitablement… Hollande fait du Mitterrand. Du pur Mitterrand".
"De Mitterrand, Hollande a appris lindifférence aux critiques. Il paraît que de ce point de vue, l’élève a dépassé le maître… avec Hollande, qui semble indifférent à tout. Insensible et inaccessible.
"Que manque-t-il à Hollande, sans doute, aux yeux des Français, l’expression d’un rapport particulier, voire charnel, à la France. Une sensibilité au pays. Une harmonie avec la terre et le temps… En un temps où il apparaît que la question de l’identité de la France sera au cœur de la campagne présidentielle de 2017…
"Il manque à Hollande (la légende de) Solutré. Un pèlerinage (au premier rang de la cathédrale de Nevers, à genoux sur un prie-Dieu)… Du haut de la roche, Mitterrand disait observer "Ce qui va, vient, et surtout ne bouge pas". Comment dire mieux le rapport intime que l’on entretient, en partage, avec un pays ? Hollande a tendance à considérer que son rapport à ce qu’il nomme "l’âme de la France" s’exprime dès lors qu’il se montre "empressé en commémorations" (de chrysanthèmes), et que cela pourrait suffire.
Mitterrand, c’est "Le Rastignac de la Nièvre… un vulgaire opportuniste" ainsi que le rapporte le livre d’Alain Peyrefitte : "C’était de Gaulle" © Fallois / Fayard, 1994, tome 2 du Livre de Poche (pp 788-792 et 818-820). Le général de Gaulle avait peu de considération pour les politiciens arrivistes, issus des combinaisons des partis. Ce sont "tous des fumistes". Ils n’ont jamais eu le culot de faire les réformes qui s’imposaient :
"Tout ça, c’est inconsistant… personne ne sera dupe…" (conversation du 15 septembre 1965).
Pour le général de Gaulle, Mitterrand, c’est "Le Rastignac de la Nièvre
"Mitterrand, lors de sa première campagne, en 46, se mettait au premier rang de la cathédrale de Nevers, à genoux sur un prie-Dieu, la tête dans les mains. L’évêque disait… en joignant ses doigts avec extase : "Comme il est bien, ce Mitterrand, c’est tout à fait ce qu’il nous faut."…
"Il est venu me voir à Alger dans l’hiver 43-44… Il avait travaillé pour Vichy avec tant de zèle que ça lui avait valu la francisque, il était entré dans ce corps d’élite. Son association d’aide aux prisonniers était alimentée par Vichy. Voyant que ça allait tourner mal, il a voulu se dédouaner en s’infiltrant dans un réseau.
"Il est arrivé à Londres. Il est allé trouver les Anglais et les Américains, qui n’ont pas été très chauds pour l’accueillir, puisqu’ils voyaient qu’il mangeait à tous les râteliers. À la fin des fins, Passy l’a vu, l’a cuisiné. (Le colonel Passy était le chef du BCRA, le Bureau central de renseignements et d’action). Il l’a expédié sur Alger et me l’a fait recevoir. On m’avait remis une fiche le présentant comme "un personnage douteux".
"Et c’est bien l’impression qu’il m’a faite : "un vulgaire opportuniste".
"Mitterrand m’a demandé de lui confier la direction d’un réseau de résistance de prisonniers, le réseau Charette, qui marchait très bien sans lui… Je n’avais pas envie de risquer de mettre un agent double dans un mouvement de résistance. Je lui ai donc proposé de se battre, soit dans le corps expéditionnaire en Italie, soit comme parachutiste dans le corps qui serait le premier à prendre pied en France, puisqu’il avait hâte d’y retourner. Il a refusé les deux propositions. Je l’ai congédié sèchement : "Nous n’avons plus rien à nous dire".
"Eh bien, il s’est arrangé pour prendre la tête d’un "mouvement national des prisonniers" et pour se faire nommer "secrétaire général" du ministère des Anciens combattants et Prisonniers.
(Il dit qu’il a été "ministre" dans le gouvernement de la Libération).
"C’est faux ! Un mensonge de plus ! C’est un imposteur !" Il a été nommé "secrétaire général" à titre intérimaire. Le ministre, c’était Henri Frenay. Mitterrand a essayé de le faire sauter en lançant son mouvement contre lui… Le plus haut gradé du ministère prenant la tête d’une rébellion contre son propre ministre ! Il a organisé des manifestations, qui se massaient devant le ministère en hurlant : "Frenay au poteau !"
"Je l’ai convoqué au ministère de la Guerre. Il est arrivé avec deux acolytes. Il m’a prétendu que les prisonniers avaient bien raison d’être en colère. Je lui ai dit : "De deux choses l’une. Ou vous ne pouvez rien faire pour empêcher ces désordres, bien que votre mouvement les ait provoqués, et vous me remettez votre démission de responsable de cet organisme. Ou vous êtes le chef, et vous me signez l’engagement de faire cesser tout ça aujourd’hui même. Sinon, je vous fais mettre en état d’arrestation à la sortie de ce bureau."
"Il a demandé à se concerter avec ses deux acolytes, dans l’encoignure de la fenêtre.
"Je lui ai donné trois minutes pour se décider. Je lui ai dicté la formule. Il a obtempéré…"
(Le Rastignac de la Nièvre a annoncé sa candidature) (conversation du 22 septembre 1965).
"Il va regarder du côté des communistes, tout en ayant l’air d’entrer dans le jeu des socialistesIl ne peut rien dire de cohérent. Ça n’a ni tête ni queue. Il se déclare à la fois pour l’OTAN, pour la supranationalité, pour l’intégration, et pour les communistes qui combattent l’OTAN, la supranationalité et l’intégration.
"Ça n’a aucune importance. Mitterrand, "c’est le type du politichien".
"Il n’a absolument rien pour lui que de l’ambition, le désir de prendre la place le jour où il le pourrait
"Defferre avait une certaine sincérité, une certaine surface, il suscitait une certaine estime, que Mitterrand ne suscite pas du tout. Mitterrand n’est pas aimé. Et puis, il a trop de casseroles, l’attentat simulé, tout ça. Defferre avait une certaine réalité nationale. Il avait fait quelque chose au gouvernement, la loi-cadre pour les territoires d’outre-mer, le début de l’émancipation des colonies… c’est pas rien."
"Tandis que Mitterrand, on ne peut absolument rien avancer en sa faveur.
"Mitterrand aura des voix communistes, parce que les communistes feront passer une consigne : "Il vaut mieux voter pour celui-là. C’est le début d’une opération de regroupement de la gauche." Il aura des voix socialistes. Pas toutes, car il est méprisé, en particulier dans le Nord et dans le milieu ouvrier.
"Il y a des électeurs qui n’aiment pas un type méprisable et qui n’obéiront pas aux consignes. Les PSU feront campagne contre lui, en public ou sournoisement, parce qu’ils ne peuvent pas le voir. Pourquoi ? Parce qu’il les empêche d’apparaître comme ceux qui peuvent regrouper la gauche…"
(Le 24 novembre 1965, le ministre Roger Frey "extrait d’un dossier une photo de Mitterrand, arborant la francisque et serrant respectueusement la main du maréchal Pétain… Celui qui le soutient le plus activement dans l’ombre : Bousquet ! (Bousquet, I’ancien secrétaire général de la police de Vichy, disposait de la très influente Dépêche du Midi.)… Et l’affaire de l’Observatoire ? Elle est déshonorante. Il a simulé un attentat contre lui-même et tenté de tromper la justice, la police et le peuple. Il suffit de reprendre le rapport du Sénat, qui a entraîné la levée massive de son immunité." Le Général a écouté en silence.)
"Vous ne m’apprenez rien. Mitterrand et Bousquet, ce sont les fantômes qui reviennent : le fantôme de l’anti-gaullisme surgi du plus profond de la collaboration. Que Mitterrand soit un arriviste et un impudent, je ne vous ai pas attendu pour le penser. Mitterrand est une arsouille… Mitterrand est le plus roublard, le plus dangereux. Il est prêt à soutenir toutes les thèses, à renier tout le monde et à renier lui-même pour s’emparer du pouvoir." (Il vous a injurié en vous comparant à Hitler, Mussolini et Franco.)
"Non, n’insistez pas ! Il ne faut pas porter atteinte à la fonction, pour le cas où il viendrait à l’occuper."
(Le Général vient d’inventer, avec son instinct (son sens) de l’État, l’immunité des présidentiables.
(Aujourd’hui, "cette vertu romaine" semble… plus édifiante que convaincante.) (Alain Peyrefitte)


Thierry-Ferjeux Michaud-Nérard


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