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Hollande et l’autorité perdue de l’Homme d’État

vendredi 17 juillet 2015, par Thierry-Ferjeux Michaud-Nérard

Être un Homme d’État, c’est faire preuve de maturité politique. C’est savoir s’affirmer et être cohérent avec soi-même et vis-à-vis de ses engagements responsables. C’est donc savoir se comporter en politique de manière responsable et cohérente. Être un Homme d’État, c’est aussi s’adapter avec souplesse à la situation telle qu’elle est, et non telle qu’elle devrait être ou telle qu’on voudrait qu’elle soit, en tenant compte de la réalité et des données de l’expérience des personnes compétentes. Être un Homme d’État, c’est être capable de conserver toujours, en tout temps et en toutes circonstances, le contrôle de soi. Être un Homme d’État, c’est savoir prendre des initiatives, c’est savoir communiquer avec les autres et échanger des informations de manière responsable et cohérente. Être un Homme d’État, c’est savoir évoluer, être capable de changer en tenant compte des critiques et des circonstances. De là, la maturité de l’Homme d’État permet de se hisser à la hauteur des événements en dépassant les clivages politiques, en donnant un sens à l’histoire du pays.

Cette maturité politique de l’Homme d’État est impossible quand l’éducation morale qu’on a reçue est quasi-inexistante et que la faiblesse du caractère personnel rend soumis à tous ses désirs et rend incapable de faire face honnêtement aux vicissitudes et aux expériences pénibles de la vie.

Nicolas Machiavel traite de l’autorité de l’Homme d’État dans ses Discours sur la première décade de Tite-Live (1531) : Le Chapitre LIV a pour titre Combien est puissante l’autorité d’un grand homme

Il cite en exemple l’autorité morale nécessaire "pour calmer une multitude échauffée…"

"Rien n’est plus capable de calmer… une multitude que le respect qu’on porte à un homme qui a… de l’autorité… Il faut que celui qui est à la tête d’un (pays), ou le magistrat d’une ville, où vient de naître une sédition, sache se présenter à la multitude avec le plus de dignité qu’il lui sera possible, et revêtu de toutes les marques de son (autorité) pour inspirer plus de respect

"Il y a quelques années, (vivait) à Florence Pagolo Antonio Soderini, un citoyen très considéré… Le peuple armé se porte en foule à sa maison pour la piller. Francesco, son frère, évêque de Volterra, était, par hasard, dans (sa) maison… À la vue de la foule qui commençait à assiéger les portes, il se revêtit de ses plus beaux habits… et se présenta à la populace armée. Cet appareil, sa présence et ses discours lui en imposent et l’arrêtent. Il ne fut bruit… dans toute la ville, que de la fermeté de ce prélat et de son succès…"

On peut en conclure qu’il n’est pas de meilleur moyen pour gouverner un pays que la présence d’un homme d’État qui inspire le respect. C’est pourquoi, Hollande ne peut plus gouverner sans devoir prendre en considération l’autorité politique perdue de l’Homme d’État. La nouvelle droite nationale a toujours conservé le désir d’un pouvoir politique simple et fort. Il s’agit d’abord d’un pouvoir exécutif qui garantit l’autorité de l’État, la stabilité de l’État et la confiance dans les institutions de la république française. La droite nationale se refuse aux intrigues, et manipulations politiciennes des partis, qui sont la cause d’incompétence ministérielle et d’instabilité gouvernementale. La nostalgie populaire d’une droite nationale forte marque, depuis toujours, plus ou moins profondément, les classes sociales laborieuses qui sont les plus attachées à l’ordre.

Aujourd’hui, les familles et les classes moyennes sont anéanties par l’incompétence, l’impuissance et l’amateurisme de l’État-PS qui créent, en réalité, dans la population des classes populaires qui travaillent, les causes d’une existence inhumaine. La révolte contre cette déchéance voulue par les idéologues de l’État-PS fait que la population qui travaille, les familles et les classes moyennes, doivent "s’organiser politiquement".

Aujourd’hui, les familles et les classes moyennes se sentent poussées, forcément, à la révolte par la mise en cause de leur existence vitale, morale et matérielle. C’est pourquoi la lutte doit s’engager, une lutte décisive et totale, contre cette déchéance de la république socialiste. Par son égarement politico-économique, l’État-PS s’achemine de lui-même vers sa destruction, par une évolution insidieuse et inéluctable.

Pierre Viansson-Ponté cite, en exergue de son Histoire de la République gaullienne, © Fayard, 1970, un texte qu’il a attribué à Alexis de Tocqueville, dans L’Ancien Régime et la Révolution  :

"L’armée, comme presque toutes les armées du monde, n’entendait absolument rien aux rouages compliqués et lents d’un régime représentatif. Elle détestait et méprisait les assemblées, ne comprenait qu’un pouvoir simple et fort et ne voulait que l’indépendance nationale et des victoires".

Dans ses Lettres, Notes et Carnets (1925), le Général de Gaulle décrit les Qualités du chef : "Mettre les moyens en œuvre, c’est-à-dire discerner le but à atteindre grâce à eux, les orienter de façon à y parvenir, les conduire et les coordonner dans leur action, c’est le rôle des chefs. Rien ne peut les remplacer. Rien ne peut faire que les moyens… se mettent en œuvre par eux-mêmes… (Pour diriger la république) le but unique de l’activité… est la préparation des moyens, on peut dire avec… justesse qu’elle est la préparation des chefs.

"La première (difficulté) est de recruter, de discerner les chefs… les peuples… n’apportent plus l’attention voulue à discerner et à appuyer parmi les chefs ceux qui sont le mieux doués pour commander… Le danger (des primaires) est d’autant plus grand que la médiocrité du grand nombre a, là comme partout, une certaine répugnance instinctive pour la supériorité de quelques-uns. À cela s’ajoute souvent la sourde et traditionnelle méfiance des (peuples) vis-à-vis des chefs…

"Les démocraties craignent pour leurs libertés… de voir s’établir (par le prestige) l’élévation d’un chef ambitieux… (C’est pourquoi) on se préoccupe peu d’inculquer aux chefs la philosophie du commandement, c’est-à-dire l’ensemble des règles qui leur permettent d’être des chefs.

"Une autre difficulté, c’est que les chefs sont naturellement portés à négliger la préparation personnelle au commandement. La nécessité ne leur en apparaît pas clairement.

"Le chef… a pour rôle d’agir. Disposant de certains moyens, il les applique dans le but de réaliser un certain résultat. La conception est l’opération d’esprit par laquelle le chef fixe (les missions) à exécuter… Il en délibère à part lui, puis il en décide… Il résulte de (cela) que la première qualité du chef est la décision.

"La préparation est la phase de l’action au cours de laquelle… l’intervention du chef se manifeste dans la disposition des moyens. De la place relative des moyens, de leur liaison mutuelle, résulte la cohésion du système. Ce n’est donc point au hasard que le chef doit (décider et agir).

"Quand il applique ces principes d’une manière utile, on dit qu’il a du talent. S’il trouve lui-même une disposition (innovante) inconnue et inattendue de ses moyens et que cette disposition lui procure le succès, on dit qu’il a du génie. On ne peut demander à un chef d’avoir du génie, mais on doit exiger de lui du talent, puisqu’en somme cette qualité est la conséquence naturelle du savoir (et de la compétence).

"Pour intervenir utilement dans la préparation, c’est donc le savoir qu’il faut au chef. Savoir comment disposer ses moyens chacun en particulier et surtout les uns par rapport aux autres. Le savoir, il l’acquiert par la réflexion, par l’étude des faits… et par sa propre expérience. Le savoir est la seconde qualité du chef.

"(Quand) les moyens sont disposés, l’exécution commence… Mais les moyens, ce sont (surtout) des hommes avec toutes leurs faiblesses, leurs craintes et leurs défaillances. Pour les soutenir dans l’exécution, les animer… il faut au chef de l’énergie. Décision, savoir, énergie, telles sont les qualités essentielles du chef.

"Toutes trois ne sont rien sans une quatrième qui en est comme le ferment : le caractère, qui se traduit d’habitude par le goût des responsabilités. Un chef peut avoir dans l’esprit tout ce qu’il faut pour concevoir, préparer, exécuter, mais s’il n’a pas de caractère, toutes ces qualités sont nulles.

"Telles sont les qualités indispensables à un chef : décision, savoir, énergie, caractère. Certaines qualités peuvent se développer par l’habitude ou l’étude, comme la décision, le savoir. Une autre s’accroît par l’exercice accoutumé de l’autorité : l’énergie. Mais il n’y a ni habitudes, ni études, ni exercices qui créent ou trempent un caractère. Chaque chef, pour s’en développer un, doit (pouvoir) se contraindre moralement."

Ce n’est donc pas la chronique people des médias, les combinaisons politiciennes des partis ou les bavardages et les problèmes d’image à la télé qui font le caractère d’un chef !

Dr Thierry-Ferjeux Michaud-Nérard


Voir en ligne : https://youtu.be/sRFUAjIhVlU