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Hollande "Ça va mieux" est "l’Étranger au monde réel"

jeudi 18 août 2016, par Thierry-Ferjeux Michaud-Nérard

Hollande "Ça va mieux" est l’étranger, cet Étranger au monde réel rendu si célèbre par Albert Camus, dans son roman de 1942 qui lui a valu le prix Nobel de littérature en 1957. C’est pourquoi L’étranger, normal et banal d’Albert Camus, nous guide pour éclairer le parcours politique calamiteux de Hollande "Ça va mieux".
Ce qui suit est une copie déformée, tendancieuse et non conforme de quelques pages du roman.
"Aujourd’hui, la France de la république socialiste est morte. Ou peut-être hier, en 2012, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme post-électoral de l’Intérieur qui a été confirmé ensuite par l’Assemble nationale : la France de la république socialiste décédée. Enterrement demain, en 2017. Sentiments distingués.
"Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier, dès 2012.
"Je prendrai l’autobus à deux heures et j’arriverai dans l’après-midi. Ainsi, je pourrai veiller et je rentrerai demain soir. J’ai demandé deux jours de congé et on ne pouvait pas me les refuser avec une excuse pareille. Mais on n’avait pas l’air content. J’ai même dit : "Ce n’est pas de ma faute". On n’a pas répondu.
"J’ai pensé que je n’aurais pas dû dire cela. En somme, je n’avais pas à m’excuser. C’était plutôt à eux de me présenter des condoléances. Ils le feront sans doute après-demain, quand ils me verront en deuil.
"Pour le moment, c’est comme si la France de la république socialiste n’était pas morte. Après l’enterrement en 2017, ce sera une affaire classée et tout aura revêtu une allure plus officielle.
"Comme d’habitude. Ils avaient tous beaucoup de peine pour moi… Quand je suis parti, ils m’ont accompagné à la porte de l’Élysée. J’étais un peu étourdi parce qu’il a fallu que je monte emprunter une cravate noire et un brassard… J’ai couru pour ne pas manquer le départ. Cette hâte, cette course, c’est à cause de tout cela sans doute, que je me suis assoupi. J’ai dormi pendant presque tout le trajet. Et quand je me suis réveillé, on m’a de mandé si je venais de loin. J’ai dit "oui" pour n’avoir plus à parler.
"Le concierge de l’Élysée m’a dit qu’il fallait que je rencontre le directeur. Comme il était occupé, j’ai attendu un peu. Pendant tout ce temps, le concierge a parlé et ensuite, j’ai vu le directeur de l’Élysée : il m’a reçu dans son bureau. C’était un petit vieux, avec la Légion d’honneur. Il m’a regardé de ses yeux clairs.
"Puis il m’a serré la main qu’il a gardée si longtemps que je ne savais trop comment la retirer. Il a consulté un dossier et m’a dit : "La France de la république socialiste est entrée en vigueur en 2012. Vous étiez son seul soutien". J’ai cru qu’il me reprochait quelque chose et j’ai commencé à lui expliquer.
Mais il m’a interrompu : "Vous n’avez pas à vous justifier. J’ai lu le dossier de la France et de votre république socialiste. Vous ne pouviez pas faire face. Et tout compte fait, elle est plus heureuse morte que vive… J’ai dit : "Oui, monsieur le Directeur".
Il a ajouté : "Vous savez, elle avait des amis, ceux de la libre pensée, ces gens séniles de son âge. Elle pouvait partager avec eux des intérêts qui sont d’un autre temps, ceux de la nostalgie soviétique…
"Vous êtes un politicien amateur, un incompétent et un impuissant. Elle devait forcément s’ennuyer avec vous". C’était vrai. La France de la république socialiste passait son temps à me suivre en silence.
Dans les premiers jours de 2012, où elle était déjà à l’agonie, elle pleurait souvent. C’était à cause de l’habitude. Au bout de quelques mois, elle aurait pleuré si on l’avait retirée des ors de la république. Toujours à cause de l’habitude… C’est pour cela que je ne suis plus allé à la rencontre du monde réel. Et aussi parce que cela me prenait mon dimanche, sans compter l’effort pour aller me confronter au monde réel. Le directeur de l’Élysée m’a encore parlé. Mais je ne l’écoutais plus. Il m’a dit : "Je suppose que vous voulez voir votre république socialiste finie". Je me suis levé sans rien dire. Il m’a expliqué : "Nous l’avons transportée dans notre petite morgue socialiste. Pour ne pas impressionner les autres. Chaque fois qu’une république socialiste meurt, les autres sont nerveuses pendant quelque temps. Et ça rend la propagande socialiste plus difficile…
"En principe, l’enterrement est fixé à dix heures du matin. Nous avons pensé que vous pourrez ainsi veiller la disparue. Encore un mot : votre république socialiste a exprimé à ses compagnons de la libre pensée le désir d’être enterrée religieusement. J’ai pris sur moi de faire le nécessaire. Je voulais vous en informer". Je l’ai remercié. Ma république socialiste, sans être athée, n’avait jamais pensé de son vivant à la religion.
À ce moment, le concierge de l’Élysée est entré : "On l’a couverte, mais je dois dévisser la bière pour que vous puissiez la voir". Il s’approchait de la bière quand je l’ai arrêté. Il m’a dit : "Vous ne voulez pas ?" J’ai répondu : "Non". Il s’est interrompu et j’étais gêné parce que je sentais que je n’aurais pas dû dire cela.
Au bout d’un moment, il m’a demandé : "Pourquoi ?" J’ai dit : "Je ne sais pas".
J’aurais voulu ne plus l’entendre. Pourtant je n’osais pas le lui dire…
À présent, c’était le silence de tous ces gens qui m’était pénible.
J’ai eu un moment l’impression ridicule qu’ils étaient tous là pour me juger.
Je trouvais cela regrettable, mais c’était tout de même un détail sans importance.
J’ai eu l’impression bizarre d’être regardé par moi-même. C’est peut-être pour cela, et aussi parce que je ne connaissais pas les usages du lieu, que je n’ai pas très bien compris tout ce qui s’est passé ensuite…
À ce moment, le concierge de l’Élysée m’a interrompu : "Ah, vous n’êtes pas d’ici ?"
Hollande "Ça va mieux" est "l’Étranger au monde réel" du roman d’Albert Camus. 
Le président de la Cour d’Assises m’a dit qu’il devait aborder des questions apparemment étrangères à mon affaire, mais qui la touchaient de près. J’ai compris qu’il allait parler de la France de la république socialiste et cela m’ennuyait. Il m’a demandé si cela m’avait coûté personnellement et j’ai répondu que ni la France de la république socialiste ni moi à l’Élysée n’attendions plus rien l’un de l’autre, ni de personne… À une question, le directeur de l’Élysée a répondu qu’il avait été surpris de mon calme le jour de l’enterrement de la France de la république socialiste. On lui a demandé ce qu’il entendait par calme. Il a dit que je n’avais pas voulu voir la fin de la France de la république socialiste, je n’avais pas pleuré une seule fois et j’étais parti aussitôt après l’enterrement sans me recueillir sur sa tombe. Pour la première fois depuis bien des années, j’ai eu une envie stupide de pleurer parce que j’ai senti combien j’étais détesté par tous ces gens-là. J’ai senti alors quelque chose qui soulevait toute la salle et, pour la première fois, j’ai compris que j’étais coupable.
L’avocat général s’écrie : "Quel est le criminel ici et quelles sont ces méthodes qui consistent à salir les témoins de l’accusation pour minimiser des témoignages qui n’en demeurent pas moins écrasants !"
Le concierge de l’Élysée a dit que ma présence à l’Élysée était le résultat d’un hasard.
Mais le procureur s’est redressé encore, s’est drapé dans sa robe et a déclaré : "Oui, j’accuse cet homme d’avoir enterré la France de la république socialiste avec un cœur de criminel." Même sur un banc d’accusé, il est toujours intéressant d’entendre parler de soi. Pendant les plaidoiries du procureur et de mon avocat, je peux dire qu’on a beaucoup parlé de moi et peut-être plus de moi que de mon crime. Étaient-elles si différentes, d’ailleurs, ces plaidoiries ? L’avocat levait les bras et plaidait coupable, mais avec excuses. Le procureur tendait ses mains et dénonçait la culpabilité, mais sans excuses…
L’avocat général : "J’ai retracé devant vous le fil d’événements qui a conduit cet homme à tuer la France de la république socialiste en pleine connaissance de cause. J’insiste là-dessus. Car il ne s’agit pas d’un acte irréfléchi que vous pourriez estimer atténué par les circonstances. Cet homme, Messieurs, cet homme est intelligent. Et l’on ne peut pas dire qu’il a agi sans se rendre compte de ce qu’il faisait… A-t-il seulement exprimé des regrets ? Jamais, Messieurs. Pas une seule fois au cours de l’instruction cet homme n’a paru ému de son abominable forfait. Ensuite, le procureur s’est mis à parler de mon âme.
Il disait qu’il s’était penché sur elle et qu’il n’avait rien trouvé, Il disait qu’à la vérité, je n’avais point d’âme, et que rien d’humain, et pas un des principes moraux qui gardent le cœur des hommes ne m’était accessible. Surtout lorsque le vide du cœur chez cet homme devient un gouffre où la société peut succomber.
Selon l’avocat général, l’imagination humaine reculait devant cet abominable attentat contre la France de la république socialiste. Il osait espérer que la justice des hommes le punirait sans faiblesse.
Mais, l’horreur que lui inspirait ce crime contre la France de la république socialiste le cédait presque à celle qu’il ressentait devant mon insensibilité. Selon lui, un tel homme qui tuait moralement la France de la république socialiste en pleine connaissance de cause se retranchait de la société des hommes au même titre que celui qui porte une main meurtrière sur l’auteur de ses jours.
C’est bien là la fin pressentie et attendue de l’Étranger Hollande "Ça va mieux" !
(Fin de citation non conforme et polémique de L’étranger d’Albert Camus)

Thierry-Ferjeux Michaud-Nérard


Voir en ligne : http://ripostelaique.com/hollande-c...