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Guérir et mieux soigner : Un médecin à l’école de sa maladie, chronique d’un cancer
par Pascal Hammel


Être médecin, travailler dans un grand service hospitalier, diagnostiquer régulièrement des cancers, ordonner et surveiller des traitements chaque jour plus efficaces, guérir ou améliorer le sort de ses patients : tout cela ne met pas le soignant à l’abri d’une maladie qui frappe 350 000 Français par an. Sa connaissance scientifique, ses relations professionnelles et ses amitiés viennent-elles au secours du médecin lorsqu’il est frappé dans sa propre chair ? Sait-il mieux ce qui se passera pour lui de l’autre côté de la perfusion, dispose-t-il de ressources morales et intellectuelles particulières ? S’il recouvre la santé, le doit-il à ses confrères et au système de soins français, à lui-même ou bien encore à la chance, voire à la Providence ? Ou un peu à tout cela ?
Autant de questions troublantes qui agitent le corps médical, mais aussi l’homme de la rue. Atteint lui-même d’un cancer, le professeur Hammel raconte ici au jour le jour les affres par lesquelles, comme tout un chacun, il est passé. Malade, il mesure les bienfaits de l’hôpital public qui l’a guéri, médecin, il tire de cette expérience des enseignements qui l’aideront à mieux soigner. En expert du système de soins dont il vient de bénéficier, il cherche à éclairer les Français sur les dangers qui menacent son excellence et sa pérennité.

Le professeur Pascal Hammel est gastro-entérologue, spécialisé dans le traitement des cancers de l’appareil digestif. Il exerce dans un grand hôpital parisien.

Descriptions du produit

Extrait

« Jusqu’ici, tout va bien ! »

1er mai 2004

Comme Mathieu Kassovitz le fait dire à un personnage de son film La Haine : jusqu’ici, tout va bien. Je rentre tout juste d’un congrès en Italie au cours duquel j’ai présenté un point de vue français du traitement des cancers du pancréas. Moments forts d’échanges avec des médecins et chirurgiens de tous pays qui luttent contre cette maladie grave.
Ce jour-là, ma femme Solange et moi, et nos quatre enfants - Élie (dix-sept ans), Gabriel (quinze ans), Jeanne (huit ans) et Colombe (six ans) -, nous recevons dans notre maison la famille Hammel : mes parents, mes cinq frères et soeurs, conjoints et descendants. Histoire de fêter symboliquement la fin d’une longue période de travaux de rénovation de notre pavillon. Nous sommes une quarantaine. Plaisir des retrouvailles, de voir tous les enfants qui grandissent, et le bonheur de leurs parents et grands-parents. Une famille qui a connu beaucoup d’aventures.
La veille de cette fête, je m’étais offert une grande balade à vélo dans la forêt de Meudon. J’ai toujours aimé le sport. Pour le bien-être qu’il procure (via les endorphines) ou les émotions (via l’adrénaline). Un des meilleurs contrepoids que je connaisse à mes res­ponsabilités de médecin et de père de famille. Je ne suis pas alcoolo-tabagique, même si je ne connais rien de plus efficace qu’un petit apéritif de temps en temps pour déconnecter, après une journée chargée de travail et d’émotions parfois douloureuses vécues dans mon service à l’hôpital. Je mène une vie saine, en somme. Pourtant, ce n’est pas une assurance tous risques. La preuve.
Tout commence cette nuit-là. Je suis réveillé par des douleurs dans le ventre. Profondes, difficiles à localiser, que je n’ai jamais encore ressenties. S’ensuit une vague ébauche de raisonnement médical, un peu foireux, l’esprit embrumé. Normal, il est quatre heures du matin. Intoxication alimentaire ? Gastroentérite qui se prépare ? Je reste assis une partie de la nuit, car la position allongée aggrave les douleurs. J’ai déjà eu des épisodes agaçants de remontées acides, appelées reflux gastro-oesophagiens par tout bon gastroentérologue qui se respecte, mais cette fois, c’est autre chose. Plus diffus, plus bas. D’ailleurs, le Gaviscon et l’antisécrétoire que j’avale machinalement n’agissent pas.
Wait and see.
Je me rendors vers cinq heures du matin.

2 mai

Comme chaque lundi matin, c’est un jour de grosse consultation. Je me sens patraque, même si les douleurs ont fini par se calmer. Dans l’après-midi, j’encaisse l’agacement d’un malade qui fait toute une histoire, car la chambre qui lui était destinée était occupée par un autre patient hospitalisé en urgence dans la nuit. Situation courante, mais qu’aujourd’hui je ne supporte pas. J’ai une féroce envie de l’envoyer balader. Pensée réflexe, professionnelle : « Mets-toi à sa place, il est malade. Son agressivité est l’expression d’une angoisse, d’un malaise compréhensible. » Etc., zen, Pascal, zen.
À cet instant pourtant, je suis bien plus malade que lui. Mais je ne le sais pas encore.

Revue de presse

L’ouvrage de Pascal Hammel diffère toutefois des autres sur un point : il est écrit par un médecin. Gastro-entérologue de renom, spécialiste des cancers de l’appareil digestif, enseignant, chercheur, signataire d’une multitude d’articles dans des revues spécialisées, le Pr Hammel sous-titre son ouvrage : "Un médecin à l’école de sa maladie." C’est dire si son regard change quand la maladie l’expulse brutalement de son système de références...
Le style épuré et calme, qui cueille le lecteur à la première page de Guérir et mieux soigner pour le mener d’une main ferme à la dernière page, a un côté apaisant. Si le style c’est le médecin, il apparaît rassurant d’être soigné par le Dr Hammel. (Yves Mamou - Le Monde du 24 avril 2008)

Détails sur le produit

  • Broché : 305 pages
  • Editeur : Fayard (12 mars 2008)
  • Collection : LITT.GENE.
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2213636508
  • ISBN-13 : 978-2213636504

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