article paru dans "TRAVAIL ET EMPLOI" n°58
En matière de taux de chômage des jeunes, la position de la France n’est pas très favorable. Mais cette situation doit être reliée à la faiblesse du taux d’activité des jeunes, et si l’on utilise d’autres indicateurs, la position française s’améliore : seuls le Japon et l’Allemagne apparaissent en meilleure situation. Les explications habituelles des difficultés des jeunes sur le marché du travail français s’avèrent partielles et insuffisantes, qu’il s’agisse de la démographie, de l’influence du salaire minimum, ou du rôle du système d’éducation et de formation. C’est le recours de plus en plus faible du secteur productif à la main-d’oeuvre juvénile qui apparaît au coeur du problème, en dépit de l’effort très important réalisé par les pouvoirs publics dans le cadre de l’école ou des dispositifs d’insertion. Le "modèle français" est actuellement celui d’une division du travail entre générations, où la collectivité prend en charge les jeunes et les travailleurs âgés lorsqu’ils sont exclus du système productif.
Le Cawa d’AdmiNet