Le Cawa d’AdmiNet

Vous appréciez ce site, aidez à le faire connaître :
Accueil du site > Développement durable > Combat contre la pollution

Combat contre la pollution

par Georges Tribolet (1920-2011)

samedi 5 novembre 2011



(Extrait du "Journal des Orphelins de Gierre")

Le problème de la pollution est l’ordre du jour. Toute la presse a consacré des colonnes entières à cette question tragique pour l’avenir.

Le gouvernement vient de créer un ministère chargé de la protection de la nature et de l’environnement dont, pensons nous, l’une des tâches doit être de lutter contre toutes les pollutions qui portent atteinte à la santé et à la vie,

L’un de nos camarades, Georges TRIBOLET, Ingénieur chimiste I.U.F., a bien voulu confier au « Journal des Orphelins de Guerre » un article inédit sur ce sujet qu’il connaît bien. Cet article, nous précise t il avait été écrit en 1966 !

En le remerciant sincèrement de cette communication, nous sommes persuadés quelle retiendra l’attention de tous nos lecteurs.

N.D.L.R.

I. GENERALITES

La pollution, c’est la souillure.

C’est ta tache sur ce qui est propre sain, pur, net, beau, c’est ce qui est contre la nature ou contre l‘harmonie, c’est donc contre l’homme.

La pollution qui est à la fois la laideur et la maladie, est en plus. une gêne pour beaucoup.

La laideur a ses partisans, puisqu’elle peut, dans une certaine mesure favoriser les déplacements, le tourisme. Pour fuir la laideur des constructions modernes et le bruit, on va plus loin. Pour fuir les indispositions ou la maladie, on « voyage » ce qui peut, évidemment faire le bonheur des hôteliers ou des médecins.

Il existe deux sortes de pollution : la visible et l’invisible

- a) l’invisible est souvent plus dangereuse que la visible puisqu’elle est moins choquante, apparemment et que, par conséquent l’on se méfie moins. Les souillures toxiques sont souvent invisibles quoique détectables, mais conduisent à des accidents innombrables et à l’empoisonnement de l’humanité. (allergies, cancer probablement)
- b) la pollution visible, qui n’est pas nécessairement la plus nocive a le défaut ci d’être rebutante à nos yeux, elle est trop souvent présente dans nos poumons et sous nos pieds.

La. pollution autre que microbienne mais qui peut favoriser l’invasion microbienne de façon inimaginable se manifeste sous des aspects multiples par gaz poussières, fumées et fumerons, rayonnements, rejets industriels dans les eaux des rivières ou des lacs ou de la mer, déversements d’hydrocarbures, de composés soufrés, phosphorés, chlorés ou fluorés, de produits caustiques ou corrosifs. engrais chimiques mal préparés ou en excès dénaturant les sols et contaminant les sources, insecticides asphyxiant la faune et la flore, décharge d’huiles de vidange ou de fond de cuves de pétrole brut à la surface des océans résidus gluants qui viennent se déposer sur les plages tuant oiseaux. poissons crustacés et mollusques, détritus divers et sous produits détruisant la vie et répara leurs odeurs infectes.

On peut lutter contre la pollution soit en exterminant ses causes soit en neutralisant ses effets.

II. REMEDES CONTRE LES EFFETS DE LA POLLUTION

La construction de cheminées toujours plus hautes, de 120 ou de 160 mètres, pour respecter certaines prescriptions réglementaires, n’empêche pas les poussières ou fumerons corrosifs de retomber, quoique dilués, sur les bâtiments, sur les toitures mais aussi sur se bétail, sur les cultures et sur… les habitants.

La neutralisation des fumées acides et corrosives par injection d’ammoniac ou pulvérisation de magnésie.. qui donnent des résultats remarquables en limitant la destruction intérieure des conduits d’évacuation, mais qui créent une pollution blanche, d’ailleurs laxative, ne doit pas pousser les industriels à se désintéresser des effets de la pollution hors de leurs cheminées par ces mêmes cheminées. Il existe pour eux des dépoussiéreurs extrêmement efficaces mais onéreux. Il semble que, dans ce domaine ; des efforts sérieux devraient être faits dans les usines pour tous leurs fours ou chaudières, et l’Etat les détaxerait.

En ce qui concerne l’échappement des gaz irritants ou dangereux en provenance des moteurs et des foyers

-  1) anhydride sulfureux ;
-  2) oxyde carbone et oxydes d’azote ;
-  3) émanations délétères aux sels de plomb :
-  4) imbrûlés visibles (diesels mal réglés) ;

il existe des systèmes pouvant réduire considérablement leur proportion dans l’air de nos cités. Une méthode de purification très poussée repose sur la théorie d’absorption des gaz ou des vapeurs par des substances possédant des pores microscopiques (tamis moléculaires).

Malheureusement, les constructeurs d’automobiles – peut-être intéressés à ce que s’entretienne la pollution pour avoir beaucoup de clients (qui iront à la campagne pour « purifier » leurs bronches) – ne montrent aucun zèle pour monter ces systèmes. Or le prix n’en est pas très élevé, de l’ordre semble-t-il de 65 à 150 F. Les pouvoirs publics, pour éviter des « troubles sociaux » ou le manque à gagner... ne montrent aucun empressement à faire :munir les pots d échappement de filtres, catalyseurs ou recycleurs d’imbrûlés qui permettraient aux habitants des grandes villes ou au bord des routes de mieux respirer.

Etant donné que les gens ne meurent pas comme des mouches, il n’y a pas besoin de se presser.

Enfin, pour l’épuration des eaux, à coté de l’emploi des algues pour le traitement des eaux d’égout, il existe des unités de traitement très complètes, des filtres perfectionnés et des produits d’ailleurs simples, qui ont prouvé leur efficacité, mais l’application des procédés et des produits n’est pas généralisée, faute d’aide aux industriels et surtout faute de décisions autoritaires, ce qui cause la légitime révolte des pécheurs à la ligne, des promeneurs et des baigneurs qui ne connaissent plus les eaux transparentes d’autrefois.

De grandes sociétés pétrolières ont signé une convention interdisant les rejets, même au large des côtes, des « résidus pétroliers dont, autrefois, elles se débarrassaient systématiquement, par dizaines de tonnes pour un seul navire. Cette opération de « nettoyage » des citernes permettait entre autres avantages de se déclarer complètement vide de pétrole lors du passage dans le canal de Suez et d’éviter certaines taxes… Il est à souhaiter que des obligations strictes de non-vidange, à l’échelle mondiale, soient signifiées à tous les navires et engins de navigation.

Des procédés pas toujours décisifs de nettoyage des pages et des rivages ont été expérimentés. Espérons que nos chercheurs mettront au point le moyen de revenir au sable blond et sec d’autrefois et que nous pourrons retrouver de l’eau limpide là où jouent nos enfants.

III. IL FAUT AUSSI LUTTER CONTRE LES CAUSES

Certaines souillures visibles ou invisibles s’effacent d’elles-mêmes à la longue, la nature ayant prévu des nettoyairs dans les airs, sur la terre et dans les eaux.

Malheureusement les produits de l’homme ne sont pas tous biodégradables et, s’ils le sont parfois, leur décomposition est infiniment trop lente. L’accumulation des déchets présente maintenant le caractère d’un fléau, et il devient urgent d’envisager des dispositifs de lutte victorieuse. SI tous ne voulons pas être anéantis par la pollution et succomber sous nos ordures, n’attendons pas pour livrer le com

Commençons donc, si possible, par le commencement, et attaquons les causes.

Le combat contre les causes de pollution consiste essentiellement en un certain nombre d’interdictions, Il faut et il suffit que les Pouvoirs publics empêchent tout ce qui peut créer la pollution et d’abord éduquent le public ? Celui-ci ne devra plus épandre ses rebuts, ses déchets n’importe où, et principalement, là ou c’est nuisible….

Autrefois, en Suisse, à Genève - et il se peut que de telles dispositions continuent d’être appliqués – la ménagère avait trois boites , ou trois compartiments pour ses déchets domestiques : les résidus alimentaires et « cellulosiques » d’un coté, les boites métalliques, capsules, ferrailles, d’un autre, les débris minéraux : d’assiettes, de verre, de plâtre de briques, etc…. dans un troisième emplacement. Le ramassage et le tri étaient grandement facilités. Mentionnons d’ailleurs, en passant, que la récupération les ordures ménagères ou des cadavres d’automobiles n’est pas exempte de bénéfices : on peut en tirer des matières premières. des engrais, de l’énergie : chauffage urbain – vapeur - électricité – « reprise » des plastiques (ou destruction contrôlée)..

La filtration, la purification par absorbants microporeux, la neutralisation, le dépoussiérage et la dilution combinés ensemble sont un moyen de réduire ou d’annihiler (à grands frais) les effets de la pollution quand on n’est pas en mesure de supprimer la cause, mais là où on brûle dos hydrocarbures soufrés, il faudra désulfurer à fond et il faudra redistiller là où l’on le rejetait de la suie et des fumées nauséabondes : les combustions seront réglementées et les brûleurs devront être surveillés, mais les combustibles de base seront meilleurs et le public devra se faire à l’idée de les payer plus cher, ce qui est juste, puisqu’il faudra donner aux producteurs de quoi amortir des investissements coûteux mais combien souhaités.

Là où on vidangeait sans précaution, il faudra traiter à fond les sous-produits dangereux et récupérer au maximum : la chimie est faite pour cela.

Quant aux détergents de synthèse donnant des mousses inesthétiques et néfastes, ils devront être remplacés impérativement, comme c’est le cas en Allemagne depuis 1954, par des produits de nettoyage se détruisant très rapidement d’eux-mêmes grâce à l’action des bactéries des sols et des rivières (biodégradables). Leurs composants très variés. nous sont maintenant offerts et abondance, le prix légèrement supérieur ne doit pas compter. C’est la santé qui compte. Et pour y arriver, il faut tendre nos forces vers trois buts principaux : assainir l’atmosphère, purifier l’eau, sauver les océans.

Qu’on ne nous dise plus que les caisses sont pleines et que la Banque de France regorge d’or ; Il vaudrait mieux que tout cet argent serve à stimuler des chercheurs, à créer des emplois et à fabriquer les matières ou appareils dont le monde a besoin, plutôt que de dormir sans profit dans des caves sinistres.

Georges TRIBOLET

Voir aussi

- le péché de stupidité

Voir en ligne : http://www.cawa.fr/IMG/jpg/pollutio...


46 visiteurs en ce moment

SPIP | | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 Site, réalisé, hébergé et référencé par Epistrophe AdmiNet France Partenaire : Crédit fonctionnaire