Source : Aujourd’hui le Maroc
Auteur : Driss Messaoudi
Changer le monde ? Cette motivation avouée d’un grand nombre de blogueurs doit de toute évidence être prise au sérieux. Aux Etats-Unis, c’est un blog qui a provoqué le déclenchement de l’affaire Monica Lewinsky, lorsque les médias, la télévision en particulier, se sont aperçus qu’ils risquaient de se faire « doubler » par la blogsphère au sein de laquelle l’information circulait depuis déjà assez longtemps. Au Maroc, bien des blogueurs vous raconteront avec une fierté nettement revendiquée comment l’un d’entre eux a provoqué la démission d’un haut fonctionnaire en donnant sur son blog la preuve d’un détournement de deniers publics commis par ce dernier. Cinquième pouvoir ? Selon cette théorie, née aux Etats-Unis et vulgarisée ensuite en Europe par des journalistes du renom de Pierre-Luc Séguillon (LCI) le cinquième pouvoir serait celui des éditorialistes que la nature même de leur fonction au sein des entreprises de presse placerait au-dessus des pouvoirs financiers dont ces entreprises sont largement tributaires. Un peu comme si le même système qui tend à limiter l’indépendance de la presse pour des raisons économiques ne pouvait pas se passer de ce bastion d’indépendance qu’incarne une poignée d’individus.
Et dans la mesure où les blogueurs sont libres de commenter à leur guise faits d’actualités et phénomènes de société, rien d’étonnant à ce qu’ils soient perçus comme autant d’éditorialistes. C’est ainsi que la blogsphère s’impose petit à petit comme un média alternatif, comme un cinquième pouvoir, en parallèle du quatrième.
Sachant qu’au Maroc, la taille de la « Blogoma » connaît une croissance exponentielle due à la très forte popularisation d’Internet tandis qu’à l’échelle internationale, le nombre des blogs double pratiquement tous les six mois.
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