En France, on n’a plus le droit de dire que l’eau chaude est un désherbant !
"La nouvelle avait perturbé les ondes. Un chroniqueur horticole courageux s’insurgeait, sur France Inter, de la parution imminente d’un décret (prenant effet en date du 01 juillet 2006), qui l’empêcherait dorénavant de donner à ses auditeurs des recettes leur permettant de traiter naturellement leurs jardins et balcons. Interdit de dire que l’eau chaude est un bon désherbant pour les allées. Interdit de dire que de simples feuilles de fougère éloignent les chenilles des choux. Interdit de donner la recette séculaire d’un extrait d’ortie, appelé purin ! L’information paraissait si énorme que personne n’y a cru ! L’interdiction de fournir, par quelque moyen que ce soit, les recettes pour confectionner des produits naturels non-homologués, le simple fait d’en parler, avait beau être assortie d’une peine de 2 ans de prison et 75 000 € d’amende, elle faisait sourire !"
Le 31 août 2006, les services de la Répression des Fraudes et les services de la Protection des Végétaux (la police des plantes !) sont intervenus chez Eric Petiot, paysagiste, formateur et coauteur de l’ouvrage Purin d’Orties et Compagnie. Au cours de cette inspection (de 10h à 16h), plusieurs documents ont été saisis (papier et numérique). Eric Petiot s’est vu signifier une interdiction d’enseigner les recettes de produits naturels non homologués et même de ramasser des plantes sauvages lors de ses stages de formation.
Vous trouverez les détails de cette intervention sur le site d’Univers
Nature ainsi qu’un interview de Bernard Bertrand.
http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=2354
Le décret sus-mentionné est le texte de loi d’orientation agricole n°
2006-11, du 5 janvier 2006 :
http://www.kokopelli.asso.fr/actu/new_news.cgi?id_news=79
Est ce que tout cela veut dire que tout jardinier qui utilise ou donne ou conseille , par exemple, du purin d’ortie (non homologuable par les services de l’Etat) est passible de deux années de prison et de 75 000 euros d’amende ?
Comment l’Etat Français pense-t-il imposer une telle interdiction ? Par un système de caméras vidéos ? Par la création d’une ligne téléphonique incitant les citoyens à dénoncer tout baril suspicieux dans les jardins du voisinage (à l’image de ce que Monsanto a mis en place en Amérique du nord) ?
Tout cela est d’autant plus révoltant que le 29 juin 2006, quelques jours avant la mise en application de ce décret scandaleux, les ministres de l’agriculture, de l’écologie, de l’économie et de la santé ont publié un communiqué de presse quant à un plan interministériel de réduction des risques liés aux pesticides. Ce plan prévoit, entre autres choses "la réduction de 50% des quantités vendues de substances actives les plus dangereuses".
Nous sommes vraiment fort aises que l’Etat s’aperçoive que des substances dangereuses sont utilisées en agriculture.
Cependant, nous serons enclins à penser que tout cela n’est qu’une gigantesque supercherie médiatique de plus si l’Etat, dans son désir de limiter les substances les plus dangereuses en agriculture, en vient à interdire les produits naturels dans le jardin !
La triste réalité est que les multinationales font la loi.
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