Je viens de recevoir la nouvelle et comme tous ceux qui ont eu le privilège de la rencontrer, j’en suis bien peinée : "Fangfang" est morte, dans l’incendie de sa maison de bois à Danian, au Guangxi, le 11 décembre. Elle avait souvent dit que les incendies étaient une calamité dans la région où elle vivait à l’année parmi ses protégés.
Françoise Grenot-Wang a eu une vie difficile mais gardait le plus souvent un sens de l’humour communicatif. A la suite d’un divorce (son mari Chinois lui avait préféré une Chinoise plus jeune...) au lieu de se morfondre, elle s’était jetée dans l’action humanitaire pour ces minorités qu’elle avait découvert un peu par hasard, quand elle était seulement interprète. Pour elle, les grandes montagnes Miao étaient une sorte de paradis sur terre, où il fallait bien sûr accepter des coups du sort, mais où la naïveté touchante et la qualité d’âme des villageois la portaient dans son action. Elle s’intéressait surtout à l’instruction des petites filles, souvent négligée faute d’argent par les parents trop pauvres, à la construction ou la reconstruction d’écoles dans cette région où l’habitat en bois est souvent réduit en cendres, à l’aide aux familles de sinistrés par incendie. Depuis une dizaine d’années, elle faisait la navette avec la France pour promouvoir l’artisanat de ces villageois et faire connaître l’association Couleurs de Chine, afin de permettre le soutien à la scolarisation des fillettes de cette région.
Elle participait volontiers à des rencontres pour parler et faire connaître leur mode de vie, par exemple en collaboration avec le film documentaire réalisé en 1995 par Marie-Claire Quiquemelle (sur les Miao "noirs" et les Dong, voir : http://www.sfav.fr/film-le-mythe-du...). Elle avait aussi publié une monographie : *Chine du sud, la mosaïque des minorités*, dont la 2e édition revue et complétée était éditée par Les Indes Savantes en 2005 et un livre de souvenirs (que j’ai bien sûr achetés). Ce dernier, *Au Coeur de la Chine*, publié l’an dernier aux Editions Albin Michel, s’achevait sur son inquiétude devant les effets de la modernisation sur un mode de vie qu’elle craignait de voir menacé. L’auteur travaillait à une traduction d’un livre sur les Miao dont elle livrait des extraits en annexe.
Voici les articles qui évoquent son action et sa fin tragique :
http://www.leventdelachine.com/blog-entry.php?id=000085
http://www.lepetitjournal.com/content/view/31404
http://www.lepetitjournal.com/content/view/34651
Si vous pouvez vous aussi faire connaître son association, même si cela ne la fera pas revivre, peut-être que cela apportera un peu à l’aide qu’elle avait initiée et qu’elle aurait sûrement souhaité ne pas voir s’arrêter après son départ - qu’elle ne pouvait soupçonner si proche. On est bien peu de choses...
Nous serions heureux de savoir si quelqu’un pourra reprendre le fil de son action avec une aussi grande proximité et autant de dévouement.
Bien à vous,
lileyflor

Le Cawa d’AdmiNet