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A propos de la théorie de la substitution pénale

par Jean-Marc Berthoud

dimanche 20 mars 2016

Aujourd’hui nous nous trouvons au temps de l’amour bêlant, comme je le montre dans les notes de mon travail sur Schilder et l’alliance. (Voir la version corrigée en attaché) La première encyclique de Benoît XVI traitant le l’amour de Dieu évacue carrément sa justice. C’est la mode aujourd’hui de nier et la justice de Dieu et ses commandements. Ceux qui le font ont un sens très faible de leur péché. S’ils ne se repentent pas de cette erreur monstrueuse, ils en ressentiront la vive brûlure plus tard. 

La notion d’expiation est centrale à tous les sacrifices du Lévitique : il faut que le sang soit versé, que le pécheur meure, pour que soit apaisée la colère juste et nécessaire de Dieu contre le péché, péché de l’homme et des anges, qui est une abomination devant lui. Le problème était que ces anciens sacrifices du Tabernacle et du temple étaient insuffisants (voir toute la lettre aux Hébreux), car ils n’étaient que typiques, pointant vers un sacrifice parfaitement suffisant, celui d’un Substitut divin et humain qui prendrait notre place dans le jugement de Dieu, notre bien-aimé Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. 

C’est l’œuvre substitutrice de Jésus-Christ dont parle de manière si émouvante Ésaïe dans les chapitres 52 et 53 si célèbres de sa prophétie. Ce qui est ici nié par ces chrétiens qui semblent avoir évacué, par leur verbiage lénifiant, toute l’horreur de leur propre péché ainsi que toute véritable crainte de Dieu, n’est pas uniquement la doctrine de l’expiation substitutive du Christ qui prend notre place sur la croix, mais celle, toute aussi capitale, de la propitiation, l’apaisement de la colère de Dieu sur les pécheurs. En fait, sans cette substitution, expiation, propitiation de Dieu exercée sur son Fils bien-aimé sur la croix nous demeurons morts dans nos péchés et sommes immanquablement (à moins de nous repentir) promis à la mort éternelle de l’étang de souffre et de feu, avec le diable, ses anges, les deux bêtes (symboliques d’un monde sans Dieu et de ses habitants impies), avec la mort et le séjour des morts. 

Pour ce qui concerne les Orthodoxes il y a une tendance chez eux de minimiser (et même parfois d’exclure – comme une invention augustinienne et anselmienne) l’aspect juridique (sur lequel nous insistons, peut-être, par trop exclusivement) pour parler davantage de la victoire du Christ à la croix sur Satan et sur la mort. Je suis, pour ma part, favorable à suivre un tel rééquilibrage doctrinal parfaitement biblique en parlant davantage de cette victoire, pour autant que l’on ne jette pas dehors (comme le font certains Orthodoxes d’Orient) les doctrines tout aussi centrales du salut que sont : l’expiation du fils de Dieu, la double substitution du Christ : nos péchés abominables pris sur lui par le Christ et sa justice parfaite mise sur nous par l’action du Saint-Esprit, la nécessaire propitiation d’un Dieu légitimement en colère avec les hommes. Hors ces doctrines centrales du salut, il ne peut y avoir autre chose que la perdition éternelle pour ceux qui les nient volontairement et durablement. Certains en vivent tout en ignorant leur portée et leur formulation théologique exacte. Certains connaissent ces doctrines de manière intellectuelle, mais ne les vivent pas du tout. 

Beaucoup n’ont presque pas d’éducation, ni biblique ni théologique, malgré toutes leurs prétentions de discutailleurs ! Éliminer la théologie de la substitution pénale est une tentation aussi vieille que le Christianisme, même que la Bible elle-même. En sacrifiant les fruits de son travail, Caïn niait la nécessité du sacrifice sanglant (qui pointait de manière typologique et prophétique vers celui du Christ sur la croix) et il fut rejeté par Dieu ; tandis qu’Abel son frère voyait son sacrifice, celui d’une bête de son propre troupeau, accepté. Ceci était ressenti par Caïn (figure typologique de tous les hérétiques, de tous les apostats) comme assez grave pour qu’il en vienne à tuer son propre frère ! De tout temps ceux qui nient le sacrifice pénal, expiatoire et propitiatoire du Christ, animés comme ils le sont de l’esprit de mensonge du diable, en viennent à nuire (et même à tuer) ceux qui affirment que leur salut vient exclusivement du sacrifice du Christ et de sa victoire triomphante à la croix, victoire manifestée par sa résurrection corporelle le troisième jour. Ce sacrifice est une substitution, au sens le plus plein du mot, mais aussi (et ne l’oublions jamais, comme cela a parfois été le cas) la mort du Christ à la croix est aussi la plus grande victoire de tous les temps sur Satan, le Dragon, sur la mort, le péché, la chair, le monde ! C’est ce sacrifice victorieux du Christ, pleinement manifesté par sa résurrection, qui est l’objet de la foi chrétienne. En dehors d’une telle foi, aucun salut n’est possible ! 

Voici quelques textes allant dans ce sens, entre mille autres : 

Certes, ce sont nos souffrances qu’il a portées,
C’est de nos douleurs qu’il s’est chargé ; 
Et nous, nous l’avons considéré comme atteint d’une plaie ; 
Comme frappé par Dieu et humilié. 
Mais il était transpercé à cause de nos crimes, 
Écrasé à cause de nos fautes ; 
Le châtiment qui nous donne la paix est (tombé) sur lui, 
Et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. 
Nous étions tous errants comme des brebis, 
Chacun suivait sa propre voie ; 
Et l’Éternel a fait retomber sur lui la faute de nous tous.
(Ésaïe 53 : 4-6, verset 8 et 10 aussi.)

C’est ici la substitution pénale, la justice passive (l’imputation sur nous pécheurs de la justice pénale, expiatrice et propitiatrice, parfaitement accomplie par le Christ à la croix) qui est donnée au pécheur, mise sur son compte par le Saint-Esprit qui ne peut faillir.

Plus loin Ésaïe s’écrie au verset 11.

Après les tourments de son âme, 
Il rassasiera ses regards ; 
Par la connaissance qu’ils auront de lui, 
Mon serviteur juste justifiera beaucoup (d’hommes) 
Et se chargera de leurs fautes. 

Voici aussi, pour ce qui concerne la substitution justificatrice des pécheurs, la justice active du Christ qui nous est donnée (l’imputation de la justice parfaite du Christ) par notre second intercesseur, le Saint-Esprit. 

Dans Apocalypse 12, versets 10-11, nous lisons au sujet de la chute de Satan du ciel sur la terre dont la cause ne fut autre que la victoire du Christ sur le serpent ancien à la croix, 


Alors j’entendis dans le ciel une voix forte qui disait : 
Maintenant est arrivé le salut, 
Ainsi que la puissance et le règne de notre Dieu, 
Et l’autorité de son Christ. 
Car il a été précipité, l’accusateur de nos frères, 
Celui qui les accusait devant notre Dieu jour et nuit. 
Ils l’ont vaincu à cause du sang de l’Agneau
Et à cause de la parole de leur témoignage, 
Et ils n’ont pas aimé leur vie
Jusqu’à craindre la mort. 

Puis ce verset d’Apocalypse 1 : 5b à 6, qui résume tout :

À celui qui nous aime, 
Qui nous a délivrés de nos péchés par son sang, [Expiation rétributive et pénale juste]
Et qui a fait de nous un royaume,
Des sacrificateurs pour Dieu son Père, [Imputation sur nous par pure grâce de la parfaite justice du Christ]
À lui la gloire
Et le pouvoir 
Aux sicles des siècles !
Amen ! 

Enfin Jean dans sa première lettre (I Jean 5 : 2-4), écrit : 

À ceci nous reconnaissons que nous aimons les enfants de Dieu : 
Quand nous aimons Dieu 
Et que nous pratiquons ses commandements. 
Car l’amour de Dieu consiste à garder ses commandements. 
Et ses commandements ne sont pas pénibles, 
Parce que tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde,
Et voici la victoire qui triomphe du monde : 
Notre foi. 
Qui est celui qui triomphe du monde,
Sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu. 

Tout se tient dans ces si beaux textes et ceux qui nient les doctrines ainsi exposées, de manière si vraie et si poétique, confessent par là qu’ils sont toujours morts dans leurs péchés. 

Il ne faut pas trop discuter avec ces Alexis Masson et compagnie, comme s’ils étaient des interlocuteurs théologiques valables, mais les confronter à leur impiété et à leur immoralité et leur annoncer l’Évangile victorieux de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. 

Jean-Marc Berthoud


Voir en ligne : http://www.ekouter.net/la-revolutio...