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Crise financière et immobilière : un avis d’expert

vendredi 3 octobre 2008

En exclusivité pour vous, des extraits de l’édito d’André Dahle (sur e-hebdo de gefils.org) d’hier soir (les caractères gras sont de nous) :


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La bulle immobilière explose aux USA et (...)
La perte de valeur de l’ensemble des immeubles américains contrepartie de crédits hypothécaires est environ $1500 milliards. C’est l’économie mondiale qui prend la perte. Le parcours pour atteindre nos poches est aléatoire.
Les banques sont en première ligne. Paulson veut reliquéfier le système bancaire aujourd’hui bloqué. Un seul moyen : interposer l’Etat pour la moitié de la perte au moins. (...)

En France les 20% minimum de baisse de prix de l’immobilier (le potentiel est supérieur) qui vont arriver maintenant rapidement représentent peut-être 40 milliards de pertes de valeur les bilans des prêteurs. Admettons que le premier financeur de logement, le Crédit Agricole, doive supporter 20 milliards. Avec 42 milliards de fonds propres, il va exploser ses ratios, et tout le système du crédit par réaction en chaîne.
Actuellement, les banques qui sautent sont celles qui sont touchées par les déflations immobilières américaine et britannique : Fortis, Hypo Real Estate (Depfa) étaient engagées sur ces marchés.

(...)

Rien ne dit que l’explosion de la bulle immobilière en zone € ne sera pas pire en termes de vitesse et d’ampleur que chez les premiers atteints :
► car à la différence de la zone $, il n’y a pas de régulateur bancaire d’ensemble, pas de Paulson, mais des régulateurs locaux et des Etats qui jouent chacun pour soi, chacun pour ses banques,

(...)

Quels sont vos risques ? Ils dépendent du choix des Européens.

► Soit les Etats jouent pour eux à garder leurs banques. Alors, ils entraînent l’ensemble de l’Europe à sa perte. L’étatisation des banques et non l’étatisation des risques, modèle Dexia, menace 50 années d’intégration européenne, notre monnaie et nos taux.... Dans ce cas, c’est bien super 1929 car une économie ne peut pas fonctionner sans marché du crédit. On quitterait alors l’économie de marché pour faire une sub-URSS d’Europe. Nellie Kroes a été excellente hier en rappelant les règles de la concurrence. La situation est tout à fait sérieuse, les Irlandais ont voté une loi de garantie des dépôts bancaire…pour les irlandais dans les banques irlandaises… pas des dépôts des fonds Anglais installé à Dublin…la France voulait faire pareil.

► Soit l’Europe installe le plus vite possible une régulation commune et laisse les banques de la zone € mutualiser leurs risques avec des pratiques unifiées d’appréciation des risques. C’est alors la fin des systèmes bancaires nationaux... et a fortiori, des statuts dérogatoires type Fonds d’Epargne dans un mécanisme unifié de gestion du risque de liquidité … des pratiques qui consistent à occulter le risque financier au vague motif de l’intérêt général de l’activité : risque des garanties données par le 1%, risque de solvabilité HLM inscrit dans aucun bilan etc.

Ces choix prendront du temps
Premier impératif : dans les deux cas, vous devez donner la priorité à un chiffrage exhaustif des risques financiers et économiques que vous courez de façon à inspirer confiance.

Cette semaine l’idée de fusionner régions et départements et de promouvoir les intercommunalités est revenue sur la table comme source d’économie budgétaire.
Second impératif (Note GL : ce passage est destiné aux organismes HLM plutôt) : Vous devez vous organiser pour être opérateur incontournable à un de ces deux niveaux.

A.D.


fin de citation-------------------